Crash d’un hélicoptère – Ouverture d’une enquête


L’hélicoptère de l’armée qui s’est crashé le 20 décembre a été repêché des eaux, vendredi. Une enquête est ouverte.

Systémati­que. C’est le mot utilisé par le général Richard Rako­tonirina, ministre de la Défense nationale, sur la question s’il y aura ou non l’ouverture d’une enquête sur l’accident d’hélicoptère du 20 décembre.

«Cela va de soi. L’ouverture d’une enquête est une chose systématique en pareille circonstance, surtout dans le domaine de l’aéronautique », a déclaré le ministre de la Défense nationale, durant un entretien téléphonique, hier. Les investigations sur l’appareil peuvent d’autant plus démarrer étant donné qu’il a été remorqué à terre, vendredi, à 5 heures. Le membre du gouvernement n’a toutefois pas précisé quelle entité sera chargée de l’enquête.

Le général Serge Gellé, secrétaire d’État à la gendarmerie nationale, un des rescapés du crash d’hélicoptère, a donné une piste de réponse à cette question. Durant une émission d’une station privée de la capitale, vendredi, le secrétaire d’État a parlé d’experts en aéronautique. Durant cette émission, vendredi, le général Gellé a fait part de sa volonté d’être entendu en tant que témoin, en tant que rescapé, si cela s’avère nécessaire.

Le crash d’un hélicoptère de l’armée, le 20 décembre, a suscité l’émoi du pays tout entier. Outre le secrétaire d’Etat à la gendarmerie nationale, trois autres militaires ont été à bord de l’appareil. Le général Gellé et le désormais sous-lieutenant Laitsara Jimmy Andrianarison, mécanicien de l’armée de l’air, sont les rescapés du drame. Deux colonels ont perdu la vie dans l’accident, à savoir feu le colonel Olivier Andria­nambinina, directeur de sécurité auprès de la primature et feu le colonel Hery Rakoto­miliarison, commandant de la Base aérienne 213 d’Ivato, aux commandes de l’hélicoptère.

Le fait qu’un membre du gouvernement ait été à bord de l’appareil, mais aussi, que deux officiers supérieurs de l’armée en sont les victimes ont amené une partie de l’opi­-nion publique à souhaiter l’ouverture d’une enquête afin de connaître les tenants et aboutissants des faits. Dans les débats, certains avancent même la thèse d’un coup politique raté. Une hypothèse formellement démentie par le ministre de la Défense nationale et par le secrétaire d’État à la gendarmerie nationale.

Renforcement de capacité

Depuis sa première interview, jusqu’à sa dernière prestation médiatique, vendredi, le général Gellé a martelé qu’il n’y a eu ni problème technique, ni erreur de la part du pilote dans les causes de l’accident. « Je ne suis ni enquêteur, ni expert en navigation aérienne. Je parle seulement en tant que témoin, en tant que rescapé également, et en ma qualité d’OPJ [Officier de police judiciaire] », souligne le secrétaire d’État à la gendarmerie nationale, il demande cependant, à ce que ce drame ne soit pas dévoyé dans les débats politiques.

Sur sa lancée, le général Gellé réitère que c’est un accident comme un autre. Je vous demande de respecter la mémoire de ces hommes qui sont morts pour sauver la vie de leurs compatriotes. Arrêtons de polémiquer, il y aura une enquête. Il a ajouté que peu après le décollage, la pluie a commencé à tomber. Selon l’officier général, le pilote lui a dit qu’il manquait de visibilité et que si lui, pouvait voir plus clair par son hublot. « Je lui ai dit de garder le cap, puisque je vois la plage en contrebas. A peine ai-je terminé ma phrase que l’appareil a fait une vrille et est tombé à pique », raconte-t-il.

L’accident d’hélicoptère dans la soirée du lundi 20 décembre est l’issue dramatique d’une mission gouvernementale à Soanierana Ivongo, pour constater le naufrage du bateau Francia et coordonner les opérations de sauvetage. Dans ces différentes interventions médiatiques, le secrétaire d’État à la gendarmerie nationale a narré en long et en large les circonstances du crash et des conditions qui lui ont permis de s’en sortir sain et sauf. Des narrations des faits dont il se souvient. Il affirme, notamment, que ce sont des rafales de vents, venant de la mer, qui ont causé le crash.

Durant l’émission de vendredi, le membre du gouvernement a cependant laissé aux enquêteurs le soin de répondre aux points d’ombre qui attisent les interrogations d’une partie de l’opinion publique. C’est le cas, par exemple, de la question sur les gilets de sauvetage. Tous les passagers n’en auraient pas eu à leur disposition. Dans sa narration des faits, le général Gellé a, par ailleurs, soulevé la nécessité d’un renforcement de capacité pour les équipes opérationnelles du Bureau national de la gestion des risques et des catastrophes (BNGRC). Il aurait constaté des manquements aux normes de sauvetage en mer.

Le secrétaire d’État à la gendarmerie nationale aurait déjà fait part au ministère de l’Intérieur et de la décentralisation, de ce renforcement de capacité nécessaire. Selon l’officier général, qu’une embarcation motorisée du BNGRC est passée à proximité de sa position et celle du mécanicien. « Ils n’ont pas entendu mon appel au secours et les sifflements du mécanicien, puisqu’ils n’ont pas éteint le moteur de l’embarcation. Sans quoi, nous aurions pu être sauvés immédiatement. Je suis disposé à faire un retour d’expérience sur ces faits, afin d’améliorer les choses », déclare-t-il.



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