Présidentielle au choix multiple en 2023


Débats ouverts. Vagues de supputations. Bien que le premier tour de la présidentielle ne doive se tenir qu’en novembre 2023, les états-majors politiques commencent à s’y préparer. Avec assiduité. Créant une atmosphère lourde et pesante. Pouvant gâcher les fêtes de fin d’année.

Selon toute vraisemblance, l’actuel président de la République, Andry Rajoelina, devrait briguer un autre mandat. Ses partisans et lui quadrillent le terrain par les cascades d’inaugurations de routes en pavé, d’écoles primaires publiques et des collèges d’enseignement général ainsi que de centres de santé de base, aux normes ; tout en soutenant les jeunes bénéficiaires du projet présidentiel Fihariana, engagés dans l’agriculture et l’élevage.

Le TGV enclenche la vitesse supérieure malgré quelques écueils dressés sur la voie ferrée qu’il emprunte et arpente, comme la difficile gestion de la crise sanitaire. Avec ce regain de vitalité de la propagation du coronavirus parmi la population, imposer de nouvelles mesures restrictives risque de plomber davantage la relance fragile de l’économie. En filigrane, des complications dans ses relations avec les bailleurs de fonds apparaissent. En outre, les prix des produits de premières nécessités sont certes stabilisés, mais un peu élevés tout de même pour les faibles pouvoirs d’achat de la majorité des ménages. Le tout baigné par l’insécurité ambiante dans les localités enclavées et même dans les grandes agglomérations. Enfin, la pénurie d’eau à cause de la sécheresse entrainant des coupures intermittentes de l’électricité.

Les opposants n’en demandent pas tant pour dénigrer de façon systématique les dirigeants actuels. Accusés de ne pas savoir hiérarchiser les priorités du moment. Sans apporter la moindre des solutions à ses aléas du quotidien, Marc Ravalomanana, s’est autoproclamé candidat à la magistrature suprême. « Le combat de trop, étant donné son âge avancé » pestent ses détracteurs. Une initiative unilatérale qui a désarçonné d’autres prétendants de la plateforme de l’opposition, RMDM, ou de potentiels candidats comme Siteny Randrianasoloniaiko et Roland Ratsiraka. D’après certains points de vue, les partisans de ces deux là pourraient surfer sur la vague du sentiment d’appartenance ethnique, non-merina ; un courant politique qui en a assez que depuis 2002, où l’Amiral Didier Ratsiraka abandonna son navire à la dérive face à l’avancée des milices de Marc Ravalomanana, des natifs de la capitale ont présidé la destinée du pays. Il se peut que cette étiquette à connotation tribale et ethnique desserve plus l’intérêt de ces deux politiciens ambitieux au lieu de servir cette prétendue « cause côtière » latente et qui souhaite que Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina ne se présentent plus en 2023, pour éviter une possible autre crise politique. Alors que Paul Rabary, ancien ministre de l’Éducation nationale, observateur de la vie nationale, estime que ce dernier duel pourrait clore la bataille entre les deux hommes entamée un certain 12 décembre 2007.

Mais au milieu de ces têtes connues, il peut y en avoir d’autres qui pourraient émerger. Que personne ne s’y attendait. Comme Jo-Willy Rabe. Jeune opérateur économique, connu pour avoir lancé l’ordinateur pour tous, les voyages organisés vers des destinations féériques, à prix sacrifiés, il a su ressusciter l’espoir évanoui de nombre de Malgaches. Actif dans le milieu du Fifohazana, il peut aussi lorgner sur l’électorat chrétien notamment protestant. Mais sa candidature s’annonce difficile, voire impossible car il fait partie de ces personnes à qui l’administration a mis des bâtons dans les roues à travers des poursuites qui ne sont forcément pas justifiées. Par peur pour sa sécurité dans son propre pays, il est parti à l’étranger. L’on parle également d’une possible candidature de grands opérateurs économiques de nationalité malgache mais d’origine indopakistanaise, parfaitement intégrés dans la vie socio-économique malgache. On n’écarte non plus le fondateur de l’Eglise Apokalypsy, le Pasteur Mailhol qui pourrait retenter sa chance de devenir chef de l’Etat. De potentielles troisièmes voies qui ont aussi leur place dans cette course vers Iavoloha.



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