À la Une: journée de deuil national à Madagascar



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« Le drapeau malgache est en berne sur tout le territoire national ce jeudi, soupire Madagascar Tribune. Le président de la République, Andry Rajoelina, a décrété un deuil national en mémoire des victimes du naufrage, lundi, du bateau Francia à Soanierana Ivongo. »

Le dernier bilan de ce naufrage fait état de 85 morts et d’une cinquantaine de survivants. Il y aurait encore des disparus.

« Ce bateau de marchandises avait à son bord plus de 130 personnes, précise Madagascar Tribune. Il avait dépassé sa capacité d’accueil et les passagers n’avaient pas été enregistrés auprès de l’Agence portuaire maritime et fluviale, au départ de la commune rurale d’Antanambe, à Mananara Nord, pour se rendre à Soanierana Ivongo. Le bateau opérait donc clandestinement. »

D’après Les Nouvelles, autre quotidien malgache, « le commandant de bord et son équipage sont toujours introuvables, ils ne figurent ni parmi les rescapés ni parmi les corps repêchés ».

Plus d’une dizaine d’heures dans l’eau

À ce drame, s’en est ajouté un autre, relate encore Madagascar Tribune : « Une équipe gouvernementale a été dépêchée sur place pour coordonner les opérations de secours. Au retour, l’un des hélicoptères transportant le Secrétaire général de la gendarmerie, le général Serge Gellé, et trois autres personnes, a été victime des fortes rafales de vent et s’est écrasé en mer. »

Et, incroyable, pointe Madagascar Tribune : « Le général Gellé a pu être retrouvé à Mahambo, vivant, après avoir nagé pendant plus d’une dizaine d’heures. Il a été recueilli par des pécheurs. Quelques heures plus tard, le mécanicien de l’équipage était également retrouvé vivant. Les deux autres personnes qui se trouvaient à bord de l’hélicoptère, dont le pilote, sont encore portées disparues. »

Irresponsabilité

L’enquête en cours déterminera les causes et les responsabilités du naufrage du Francia, mais d’ores et déjà, pointe Le Pays au Burkina, « quand un navire habilité à ne transporter que des marchandises, comme c’était le cas du Francia, s’autorise, de façon illégale, à embarquer des personnes et sans doute, à surpasser ses capacités, il y a assurément problème. » À savoir : « l’irresponsabilité humaine sur fond d’avidité pour l’argent. […] Le résultat est là : terrifiant ! s’exclame encore Le Pays. En voulant emprunter les sentiers périlleux de la clandestinité, on a poussé le navire Francia à échouer sur les rivages de la tragédie. C’est inacceptable ! Il urge donc que les autorités malgaches mettent le holà à ces pratiques malsaines et mortelles […]. »

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Dadis Camara à Conakry : un retour qui interroge

À la Une également : le retour au pays pour Dadis Camara. Après 12 ans d’exil à Ouagadougou, l’ancien chef de la junte militaire, qui avait pris le pouvoir après le décès du président Lansana Conté, en décembre 2008, est arrivé ce mercredi 22 décembre à Conakry. « Aussitôt débarqué de l’avion, Dadis s’est dit être à la disposition de la justice pour que lumière soit faite sur les événements du 28 septembre », rapporte le site d’information Guinée 7.

Alors pourquoi ce retour, s’interroge WakatSéra : « Solidarité entre frères d’arme oblige ? Signal fort pour une réconciliation nationale ? Ou encore, souci de donner une chance aux victimes du massacre du 28 septembre 2009 et à leurs parents de connaître enfin toute la vérité sur ce drame qui a fait 157 morts ? Ou, véritablement, un geste humanitaire, comme annoncé officiellement par les autorités guinéennes ? […] Si de toute évidence, la part de vérité du capitaine putschiste est très attendue, il n’en demeure pas moins, estime WakatSéra, que le doute est permis sur ses véritables révélations ou dénonciation de ses anciens militaires accusés de cette tuerie massive. Car, comme le dit l’adage bien africain, « chien ne mange pas chien ». »

Pour L’Observateur Paalga, toujours au Burkina, « le prestigieux exilé a de bonnes raisons de s’inquiéter, car ce pourrait être un piège (judiciaire) qui se referme sur lui, à moins… à moins que, pour l’impératif de réconciliation nationale et d’apaisement qui sous-tend ce come back, le problème ne soit résolu politiquement et que les victimes du 28 septembre soient sacrifiées sur l’autel de la concorde nationale. »

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