Hausse sensible de la criminalité


Le taux de criminalité et de délinquance, cette année, connaît une hausse estimée entre 7% à 8%. Les crimes, comme les vols de bovidés, les homicides, les attaques à main armée et le viol, sont en tête des charts selon le ministre de la Justice.

Une hausse inquiétante. L’informa­tion a été donnée par Herilaza Imbiki, ministre de la Justice, en marge d’une remise de dons au centre de réhabilitation pour mineurs, à Mandrosoa Anosiala, hier. Selon le garde des Sceaux de la République, pour cette année 2021, il est constaté que le taux de criminalité et de la délinquance est en hausse.

Le ministre Imbiki expli­que que l’année judiciaire n’est pas encore clôturée, ce qui ne permet donc pas de donner de statistiques exactes pour l’heure. Le membre du gouvernement indique qu’au regard des dossiers enregistrés auprès des greffes des tribunaux, « la hausse du taux de criminalité et de la délinquance est estimée entre 7% à 8% ».

De prime abord, ce chiffre pourrait paraître dérisoire. À l’échelle nationale, cependant, une hausse de la criminalité de 8% est alarmante. D’autant plus que selon le garde des Sceaux, ce sont les cas de crimes qui ont sensiblement augmenté.

Par crimes, le ministre de la Justice cite les vols de bovidés, les homicides, les attaques à main armée et le viol. Les multiples opérations militaires ne semblent vraisemblablement pas avoir d’effets dissuasifs sur les dahalo. Pareillement, le durcissement de la politique contre les crimes que sont les homicides, les agressions sexuelles et les viols, ne semble pas suffire à dissuader les criminels. Herilaza Imbiki avance les conséquences socio-économiques de la crise sanitaire comme un point d’explication à cette hausse du taux de criminalité et de la délinquance.

Sous un autre angle, le fait que les affaires concernant les crimes cités par le garde des Sceaux soient en hausse pourrait s’expliquer par le fait que ces cas sont de plus en plus portés devant la Justice. En matière d’agression sexuelle et de viol, par exemple, les mobilisations pour oser dénoncer auprès des autorités policières et judiciaires commencent à porter leurs fruits.

Sous effectif

Quoi qu’il en soit, le ministre Imbiki indique que la hausse du taux de la criminalité et de la délinquance cette année est, en partie, la raison pour laquelle les tribunaux ont été submergés par les dossiers cette année. Le principal challenge lancé par le garde des Sceaux lors de son entrée sur la scène gouvernementale, en août, était d’accélérer les procédures judiciaires et de faire en sorte que le ratio prévenus – condamnés soit de 30% pour les premiers et 70% pour les seconds.

Le 16 décembre, le rapport présenté par la directrice de l’administration judiciaire fait été d’un ratio de 58% de condamnés et de 42% de prévenus dans les prisons du pays, indique le ministre de la Justice. « Certes, l’objectif posé n’est pas atteint, mais je tiens à souligner les efforts faits », déclare Herilaza Imbiki.

Le défi de la célérité du traitement des dossiers s’applique également à la Cour d’appel et à la Cour de cassation. Les affaires en instance auprès de ces instances judiciaires sont, en effet, réputées prendre plusieurs mois, voire des années, avant d’être bouclées.

Selon le garde des Sceaux, 13% des vingt sept mille détenus dans le pays ont leurs dossiers en instance auprès de la Cour de cassation. Outre la hausse du taux de délinquance et de la criminalité, les restrictions sanitaires pour cause de pandé­mie, mais également le sous-effectif des magistrats, sont les explications mises en avant par le membre du gouvernement.

À la Cour suprême, qui comprend la Cour de cassation, des magistrats qui devraient déjà partir à la retraite jouent les prolongations par manque d’effectif.

Le pays compte environ mille trois cents magistrats. Seulement six cents sont en poste auprès des juridictions, explique le ministre de la Justice. Le reste sont en détachement. Le fait de se placer en détachement est un choix de carrière autorisé et même prévu dans les textes qui régissent la Fonction publique.

Selon Herilaza Imbiki, cependant, le Conseil supérieur de la magistrature (CSM), a déjà émis le principe qu’un magistrat doit avoir exercé cinq ans auprès d’une juridiction avant d’avoir le feu vert pour travailler en détachement auprès d’autres franges de l’Admi­nistration publique.



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