deux Français écopent de 10 et 20 ans de travaux forcés dans l’affaire du coup d’Etat présumé



La justice malgache a condamné, le 17 décembre 2021, les Français Paul Rafanoharana et Philippe François à respectivement 10 et 20 ans de travaux forcés pour leur participation à un coup d’Etat présumé contre le président malgache Andry Rajoelina.

Le parquet avait requis la perpétuité pour les deux ressortissants français, de même que pour deux autres accusés, également condamnés à des travaux forcés : cinq ans pour l’épouse de Paul Rafanoharana, Voahangy Andrianandrianina, et 10 ans pour Aina Razafindrakoto, l’ancien associé d’affaires de l’ancien colonel Philippe François. De même, l’ancien Premier ministre Victor Ramahatra, âgé de 76 ans et dont le parquet avait aussi demandé l’emprisonnement à vie, a écopé de cinq ans prison avec sursis. Egalement mise en cause, la compagne de Philippe François, Brigitte Mroczek a été relaxée au bénéfice du doute.

Arrêtés en juillet et soupçonnés d’une opération répondant au nom de code « Apollo 21 », les deux Français font partie de la vingtaine de personnes jugées depuis dix jours pour atteinte à la sûreté de l’Etat, association de malfaiteurs et complot en vue d’assassiner le président.

Parmi elles, on retrouve le chanteur malgache Yvon Sareraka et cinq gendarmes malgaches. Ces membres des forces spéciales, qui ont tout nié en bloc, sont soupçonnés d’avoir été recrutés pour former un commando en vue de perpétrer le putsch. 

Selon l’avocat général, Arsène Rabe, les prévenus appartenaient à « une organisation criminelle » cherchant à « commettre un attentat contre le président Rajoelina », et ont contribué à mettre sur pied le projet « grâce à des mails, des armes et de l’argent, saisis » lors de perquisitions.

Paul Rafanoharana est considéré comme le cerveau de l’histoire. Le Franco-Malgache a été le conseiller diplomatique jusqu’en 2011 d’Andry Rajoelina, et ancien maire de la capitale. Au cours du procès, il a reconnu l’existence d’une lettre, dans laquelle il demandait dix millions d’euros au PDG de Benchmark, qui a investi dans l’exploitation du pétrole sur l’île, pour « garantir le renversement du régime en place ». En échange, l’entreprise avait un accès garanti à un gisement. « Ce n’est pas un crime que d’avoir pensé à neutraliser la mafia autour du président« , s’est-il défendu au tribunal, évoquant « une réflexion purement intellectuelle » sur un changement politique.

Ancien colonel de l’armée française sorti de la prestigieuse école militaire de St-Cyr devenu dirigeant d’une société d’investissement à Madagascar, Philippe François est soupçonné d’avoir dissimulé les activités illégales du projet « Apollo 21 » à travers sa société écran. « Je n’ai jamais songé à attenter à la vie du président », a-t-il déclaré aux juges, mais il a admis avoir eu connaissance du projet de Paul Rafanoharana auquel il a refusé de prendre part.

« Nous allons nous pourvoir en cassation », a réagi à l’annonce du verdict Me Solo Radson, l’avocat de Paul Rafanoharana, dénonçant « un verdict injuste », un « dossier vide » et « un procès politique ». En août, le président Rajoelina s’était interrogé sur une éventuelle implication de la France dans le complot. Paris ne s’est pas exprimé sur l’affaire.





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