Madagascar Oil électrocute la Jirama


La Jirama aurait-elle propagé de fausses nouvelles sur ses prétendus contrats avec Madagascar Oil? Les dirigeants de cette dernière compagnie ont affirmé tout le contraire des communiqués de la Jirama diffusés au mois d’août.

«La vérité si je mens ». Au mois d’août, le service de la communication de la Jirama avait lâché une petite bombe dans le microcosme de l’énergie fossile. «À ce jour, la société Jirama attend toujours les premières livraisons de Madagascar Oil ». Le communiqué laissait entendre que « la compagnie pétrolière qui exploite le gisement de Tsimiroro devait lui fournir 10 millions de litres de fuel lourd, soit un peu plus de 61.000 barils, pour une période de six mois ».

Lors de la soirée en son honneur jeudi au Centell Antanimena où il a passé le flambeau à Scott A. Reid, Russell J. Kelly, le CEO à l’époque des faits évoqués par la Jirama a fait une révélation tout aussi tonitruante « Nous avons mené des tests en 2016 et cette année avec les machines de la Jirama avec des résultats concluants. (ndlr : la Jirama a confirmé l’existence de cet essai probant). Cependant on n’est pas encore arrivé au stade du contrat. Il faut deux parties pour signer un contrat», a-t-il lancé avec une pointe d’ironie, eu égard aux valses-hésitations de la partie malgache.

Madagascar est aujourd’hui en quête de marché. Le stock actuel s’évalue à plus de 157 000 barils, et le montant de l’investissement engagé jusqu’à ce jour, à plus de 500 millions USD.

Connaissance poussée

La première phase du plan de développement du projet prévoit une production de 10 000 barils par jour (en pleine capacité) mais cela nécessiterait encore un investissement additionnel de plus de 300 millions USD.

La question qui se pose est de savoir si la Jirama, subventionnée à coups de milliards d’ariary tous les ans au frais des contribuables, sans la moindre amélioration de ses résultats financiers d’exploitation, avait une réelle intention de faire tourner ses équipements avec du fuel lourd ? La solution avancée pour réduire ses coûts de production d’électricité. Ou, a-telle trouvé un autre fournisseur avec des offres de prix à son avantage?

Pourtant, le projet lancé en 2004 par Madagascar Oil, ambitionnait de produire jusqu’à 100.000 barils par jour une fois à plein régime. Les gains estimés à 500 millions de dollars par an, et l’apport financier dans les caisses de l’État, pourraient atteindre les 14 milliards de dollars pour toute la durée de l’exploitation. Cet avenir s’écrira ainsi avec Scott A. Reid, nouveau CEO, qui a pris la place Russel J. Kelly. Avec une longue carrière d’une trentaine d’années dans le milieu et pour avoir occupé de nombreux postes de responsabilité, le nouveau CEO de Madagascar Oil n’est pas né de la dernière pluie. Mieux, il a une connaissance poussée de l’industrie malgache pour avoir passé dix années dans le pays.

L’idée de transformer les huiles lourdes de Tsimiroro en pétrole conventionnel, comme les grès bitumineux de Bemolanga, date du milieu des années 70. Au début de la révolution socialiste de Didier Ratsiraka. Mais le baril du brut valant à peine 20 dollars à la sortie du premier choc pétrolier de 1974, aucun «major» ne s’est intéressé à cette intuition de Didier Ratsiraka.



Source link

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *