Destruction de l’environnement – Le Parlement tire la sonnette d’alarme


«Mitaraina ny tany». Une expression qui peut être traduite par «la terre souffre». Ces mots ont été utilisés par Christine Razanamahasoa, présidente de l’Assemblée nationale, durant son discours de clôture de la deuxième session du Parle­ment, hier, au Centre de conférence internationale (CCI), à Ivato.

En déclarant, «Mitaraina ny tany », la boss de la Chambre basse a voulu alerter les responsables étatiques, les élus et l’opinion publique sur «les conséquences des dégâts que nous infligeons à l’environnement depuis plusieurs années». Un appel à une prise de conscience qu’elle a fait en conclusion de son allocution.

Même son de cloche à la Chambre haute. Durant la cérémonie de clôture de la session budgétaire, au palais de verre d’Anosy, Herima­nana Razafimahefa, président du Sénat, pour sa part, a entamé son discours par un plaidoyer en faveur de l’environnement.

Les deux chefs d’institution ont martelé qu’actuellement, «nous subissons les conséquences de nos actes».

La dame au perchoir et le numéro un de l’institution d’Anosy regrettent que l’inconscience collective vis-à-vis de l’environnement soit la cause de la sécheresse qui touche une grande partie du pays depuis plusieurs semaines. «La terre devient aride, l’eau manque, tout cela à cause des feux de brousse, de la destruction des forêts, des émissions de gaz», regrette Christine Razanamahasoa.

Défi systémique

«La pluie tarde à venir, les agriculteurs, nous tous l’attendons avec impatience. Les récoltes en souffrent autant que les hommes», déplore Herimanana Razafimahefa. Le danger écologique qui guette la Grande île est une évidence, une vérité qu’une bonne partie de la population commence à vivre quotidiennement depuis un certain temps. Dans le Grand Sud, plusieurs milliers de ménages en souffrent depuis plusieurs années. Et le changement climatique ne fait qu’accentuer leur calvaire. À certains endroits, la sécheresse est en train de tendre vers une désertification.

Les habitants des grandes villes commencent juste à prendre la mesure des changements climatiques, avec la pénurie d’eau. À Antanana­rivo, les manifestations pour dénoncer l’absence d’eau courante se multiplient. Malheureuse­- ment, les enjeux écologiques sont pollués par les disputes politiques et les complaintes sur les incommodités au quotidien. Certaines réactions et comportements semblent même incohérents. Alors qu’il n’y a pas d’eau, certains dressent des barrages de feu pour affirmer leur mécontentement.

Devant le Sénat dans la nuit de jeudi, Ladislas Adrien Rakotondrazaka, ministre de l’Eau, de l’assainissement et de l’hygiène, a reconnu que la seule solution est d’avoir des débits de pluies suffisants pour les sources qui se tarissent. Il faudra s’en remettre aux cieux donc, puisque jusqu’ici, les tentatives d’enclencher des pluies artificielles sont pratiquement sans effet. La sécheresse du terrain. Seulement, le fait que des chefs d’institution profitent de la tribune parlementaire, diffusée en direct sur les médias publics, tirent la sonnette d’alarme, indique que l’heure est grave.

Outre l’appel à une prise de conscience, la présidente de l’Assemblée nationale, dans son discours, a requis un durcissement des sanctions contre les crimes environnementaux. Seulement, les poursuites et sanctions judiciaires ne semblent pas suffire. Préserver l’environnement est un défi systémique.

C’est une responsabilité, une obligation qui s’impose à tous, à tous les niveaux, pour tous les secteurs d’activité et sur l’ensemble du territoire, autant dans le monde rural, qu’en zone urbaine. La lutte contre la pauvreté et l’éducation sont, également, des éléments clés pour renverser la vapeur.



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