Affaire Apollo 21 : les deux Français condamnés pour tentative de coup (…)


Deux Français sont officiellement condamnés dans une tentative de coup d’État à Madagascar, une grande première en plus de 60 ans d’indépendance de la Grande île. Paul Maillot Rafanoharana, un ancien gendarme franco-malgache, Philippe Marc François, un ancien militaire français, sont respectivement condamnés à 20 ans et à 10 ans de travaux forcés par la Cour criminelle ordinaire d’Antananarivo hier. Ils sont accusés d’avoir tenté d’assassiner le président Andry Rajoelina dans le cadre de l’affaire Apollo 21.

Le verdict du tribunal est tombé vers 12h30 après 10 jours de procès durant lequel une vingtaine de personnes à l’instar des hauts gradés de la gendarmerie et des armées ainsi que des présumés proches du président de la République ont défilé devant le juge. « Ils ont tous tenté d’assassiner le président », d’après l’avocat général, Arsène Rabe. Mais finalement, ce sont les deux Français et leurs proches collaborateurs qui vont payer un lourd tribut.

L’épouse de Paul Rafanoharana, Andrianandrianina Voahanginomenjanahary Carolle, accusée de complicité et de détention d’arme illégale et Aina Razafindrakoto, un ancien employé de la Banque centrale, qui s’est farouchement opposé au régime transitoire d’Andry Rajoelina en 2009, se sont vu écoper respectivement de 5 ans et de 10 ans de travaux forcés. L’ancien Premier ministre, le Général Victor Ramahatra et l’artiste Randriazanakolona William Yvon, alias Sareraka, qui était un chargé de mission de la présidence et non moins un proche d’Andry Rajoelina, sont également condamnés à 5 ans de prison avec sursis.

Les autres prévenus à l’instar de la compagne de l’ancien militaire français, Mroczek Brigitte, et le général Anthonny Rakotoarison, qui était directeur de cabinet du Secrétariat d’État en charge de la gendarmerie avant que son nom ait été cité dans cette affaire, ainsi que le général retraité Ferdinand Razakarimanana, sont soit libérés au bénéfice du doute ou soit acquittés tout simplement.

Pour l’avocat de l’ancien gendarme franco-malgache, maître Willy Razafinjatovo qui a réclamé la fin des poursuites pour tous les accusés faute de preuve, il s’agit d’un « procès politique ». Lors du procès le ministère public « n’a jamais réussi à démontrer la preuve contre les accusés », regrette-t-il. Un autre avocat de la défense, Solo Radson, évoque notamment d’un « verdict injuste » et d’un « dossier vide ». Il va sans dire que le verdict du tribunal est loin d’être satisfaisant pour la défense. Les avocats du couple Rafanoharana et de l’ancien militaire français évoquent alors d’un pourvoi en cassation de cette décision de la Cour criminelle ordinaire.



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