le département de Mayotte rongé par l’immigration illégale



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Elle a choisi d’en faire l’une de ses étapes de campagne : Marine Le Pen est à Mayotte. La candidate du Rassemblement national (RN) à la présidentielle française connaît bien cette île située entre la côte Est africaine et Madagascar. Dix ans après être devenu un département, Mayotte souffre toujours de l’afflux massif de migrants illégaux. 

De notre envoyé spécial à Mamoudzou,

Mayotte cumule les records et pas du bon côté du podium. Le taux d’homicide y est le plus élevé de l’Union européenne… Les vols avec violences, les coups et blessures ont connu des augmentations de plus de 150% depuis 2008. Les arrivées de clandestins n’ont pas baissé non plus.

Avant de mettre le pied sur le sol mahorais, les migrants risquent leur vie sur des kwassas, de petits bateaux de pêcheurs. La plupart viennent de l’archipel des Comores, à 70 kilomètres de Mayotte. Samedi dernier, cinq personnes sont mortes, leur embarcation a chaviré. Jérôme Sardi est sauveteur volontaire à la SNSM de Mayotte. Avec ses collègues, il a pu sauver trois rescapés : « Quand on part sur des chavirements, même si on espère que tout le monde sera survivant, malheureusement on sait très bien qu’il y aura sûrement des victimes parce que les pauvres, ils naviguent des heures et des heures, ils sont à bout de forces quand ils arrivent ici. »

Le nombre de traversées illégales a bondi de plus de 30 % en un an et demi. À tel point qu’aujourd’hui, impossible de dire combien de personnes vivent sur l’île : officiellement, il y a 290 000 habitants, dont un quart serait constitué d’étrangers en situation irrégulière.

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Bidonvilles et insécurité

Les bidonvilles ont poussé comme des champignons sur les collines autour de Mamoudzou, ville qui abrite la préfecture et le Conseil général. Des abris en tôle ou même en béton dans l’insalubrité. Les enfants de migrants ne trouvent pas de place dans les écoles… Dans le même temps, les actes de délinquance et les cambriolages se sont multipliés. La police ne peut plus faire face.

Une partie de la population s’est donc mobilisée. À Bouéni, dans le sud de l’île, Stéphanie Mohammed fait partie du Codim, un groupe de citoyens qui font office de gardes-frontières : « On fait des patrouilles, souvent le soir, dans la commune de Bouéni. On a des informateurs un peu partout. Ils nous préviennent un peu à l’avance quand ils voient des bateaux arriver. Et là, on se met sur les plages pour les empêcher de débarquer. »

Stéphanie Mohammed patrouille aussi dans les rues de sa ville la nuit tombée et interdit à ses enfants de se sortir après l’école. Ici, les habitants parlent d’un couvre-feu non officiel après 18 heures.

Manque de bras

C’est la conséquence directe de l’insécurité. Exemple au dispensaire de Kahani, qui souffre d’un manque de personnel. Thierry Lahalle est médecin généraliste. « Il n’y a plus de médecins qui s’installent, il n’y a plus de médecins avec leur famille de métropole, ça s’est fini, déplore-t-il. À partir de lundi, on ne voit que des urgences. On est obligé de travailler en mode dégradé. » Installé à Mayotte depuis 11 ans, il hésite à rester.

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« Plan Mayotte » du gouvernement se fait attendre

Le gouvernement est allé très loin. Emmanuel Macron a durci les conditions du droit du sol, c’est unique sur le territoire français. La police va aussi recevoir 400 effectifs supplémentaires. Mais la mise en place prend du temps. Trop, pour la population en colère.

Marine Le Pen l’a bien compris. La candidate RN est ici depuis jeudi et ne manque aucune occasion d’accuser le chef de l’État d’avoir abandonné Mayotte. Ses mesures radicales comme l’expulsion des clandestins et l’arrêt des naturalisations trouvent un écho favorable. Ses scores électoraux aux dernières élections en sont la preuve.

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