Cacaor



Editorial

Cacaor

Une médaille d’or pour le cacao. C’est la consécration d’une qualité mondialement reconnue mais à laquelle on n’a pas toujours accordé l’importance et l’intérêt qu’elle mérite. Le cacao d’Ambanja est estimé le meilleur au monde depuis quelques années en particulier le « criollo », classé cacao fin. C’est du cacao 100% bio puisque les planteurs n’utilisent aucun engrais chimique ni de pesticide. Mais le cacao est produit en petite quantité puisque la production tourne autour de 7500 tonnes par an. Il est vrai que le cacao est souvent masqué par la vanille et le girofle dont le prix sur le marché international est plus important. Le cacao se vend à 1800 dollars la tonne.

Les planteurs de cacao d’Ambanja ont à maintes reprises tiré la sonnette d’alarme pour alerter les autorités quant à leur situation. Des appels qui n’ont pas eu beaucoup d’échos. Les planteurs se sont plaints d’un manque de soutien alors que les cacaoyers sont vieux et nécessitent un renouvellement. Du coup, la production baisse alors que la demande sur le marché international ne cesse d’augmenter. Une pépinière de jeunes plants est toutefois mise sur pied depuis quelques temps pour remplacer les vieux cacaoyers.

Cette médaille d’or est un atout supplémentaire pour le cacao malgache pour la conquête de marché. Mais il faut maintenant produire en quantité industrielle. La concurrence est pourtant rude en Afrique avec des pays producteurs comme la Côte d’Ivoire et le Ghana. Au niveau mondial, Madagascar fait partie de la catégorie « nain » parmi les producteurs. Il faut maintenant mettre plus d’accent sur le cacao qui pourrait transformer Ambanja du paradis du cacao en paradis tout court. Les habitants travaillent pour la plupart dans les grandes concessions de cacaoyers mais leur salaire est dérisoire. Presque la totalité de la production est envoyée à l’étranger où elle revient à Madagascar sous forme de tablettes de grandes marques comme Lindt ou Ferrero dont le prix est mille fois plus celui du cacao brut. Les producteurs ne pourront jamais goûter le produit transformé vu leur prix. Paradoxe d’un commerce dit équitable.

Il faudra donc monter une industrie de transformation du cacao pour que le pays puisse en tirer le maximum profit. Comme l’industrialisation du pays figure parmi les 13 velirano du président de la République, la transformation du cacao devrait figurer en bonne place dans ses projets. Elle pourrait s’inscrire également dans les zones pépinières industrielles du ministère de l’Industrialisation, du commerce et de la consommation. Il faut maintenant transformer l’or en chocolat. Noël oblige.



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