perpétuité requise contre les deux Français


La justice malgache a requis, mercredi 15 décembre, la réclusion à perpétuité pour cinq des vingt personnes accusées d’avoir fomenté un coup d’Etat contre le président Andry Rajoelina, dont deux Français, tandis que la défense insistait sur l’innocence de leurs clients.

Regard sévère sous ses lunettes, drapé dans un épais manteau rouge, l’avocat général, Arsène Rabe, a énuméré les charges, accablantes selon lui, contre les accusés, soulevant aussi des incohérences dans leur défense.

« Si vous avez suivi ce procès depuis le début, vous aurez pu remarquer les mensonges et les pièces qui ne collent pas », a-t-il déclaré d’une voix rauque dans un tribunal de la capitale.

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Les vingt prévenus, dont un ancien colonel de l’armée française Philippe François et le Franco-Malgache Paul Rafanoharana, appartenaient à « une organisation criminelle » cherchant à « commettre un attentat contre le président Rajoelina », a poursuivi M. Rabe, suscitant des murmures fébriles dans les rangs du public.

Et ils ont contribué à mettre sur pied le projet baptisé Apollo 21 « grâce à des mails, des armes et de l’argent, saisis » lors de perquisitions, a-t-il résumé, réfutant point par point les arguments de la défense.

« Elimination et neutralisation »

Une défense qui a tenté d’établir que les liens entre les accusés n’étaient pas solidement établis et que la présomption d’innocence n’avait pas été respectée, en raison notamment de nombreuses fuites dans la presse sur cette affaire.

« Paul Rafanoharana reconnaît avoir écrit le budget » du projet « puis réfute les signatures sur les documents. Il change d’avis tout le temps depuis l’enquête préliminaire », a notamment souligné l’accusation.

Les plaidoiries d’une quinzaine d’avocats de la défense devaient encore être entendues dans la soirée et jeudi, fin prévue du procès.

Les accusés dans ce dossier sont poursuivis pour « atteinte à la sûreté de l’Etat », « association de malfaiteurs » et « complot en vue d’assassiner le président ». Ils auraient « échafaudé un plan d’élimination et de neutralisation de diverses personnalités malgaches dont le chef de l’Etat », avait avancé la procureure générale.

Depuis leur arrestation fin juillet, certains accusés ont été placés sous contrôle judiciaire, d’autres, dont les deux Français, sont en prison.

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Le Monde avec AFP



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