Procès Apollo 21 – Rafanoharana déculpabilise les généraux


Les derniers accusés dans l’affaire Apollo 21 sont passés devant la barre de la Cour criminelle, hier. Parmi, il y a eu notamment, quatre généraux des Forces armées.

Dernière ligne droite. Le procès de l’affaire Apollo 21 s’engage dans un nouveau virage. Les vingt personnes sur la liste des accusés sont, en effet, tous passés devant la barre de la Cour criminelle ordinaire.

Les six derniers à avoir été interrogés par la présidente de la Cour, le ministère public et les avocats de la défense ont été au nombre de six, hier. Tous ont plaidé non coupable quant à l’accusation de participation au projet d’assassinat du président de la République. Cette journée d’audience a été marquée par le passage à la barre des quatre généraux des Forces armées, en exercice. Il s’agit du général Anthony Rakotoarisoa, le général Totoarisoa, le général Nicholson Edouard Rapo et le général Jean Michel Dabaka.

Durant les débats, hier, les généraux ont eu un défenseur inattendu, à savoir Paul Rafanoharana qui se dit lui même être le principal accusé dans cette affaire, si l’on tient compte du déroulement des audiences jusqu’ici. En réponse à l’avocat du général Totoarisoa, Paul Rafanoharana a réaffirmé les propos qu’il a dit à la barre, durant la deuxième journée du procès. Il a de nouveau soutenu être le seul à avoir élaboré le document Apollo 21. Questionné par l’avocat du général Rakotoarisoa, il renchérit, je n’en ai pas parlé à quiconque, pas plus à lui, qu’à personne d’autre.

Celui qui concède être le principal accusé dans la saga judiciaire qui se joue à la salle 4 du palais de justice d’Anosy conforte la défense des officiers généraux et va même jusqu’à les déchargés du principal chef d’inculpation qui leur est imputé.Posé et éloquent,Paul Rafanoharana s’est ensuite lancé dans une tirade dans laquelle il a plaidé la cause des quatre généraux en exercice appelés à la barre, hier.

Des noms

À entendre les discussions depuis le début du procès, le file d’ariane qui lie la majorité des co-accusés est, vraisemblablement, l’éventualité d’un changement de gouvernement qui a circulé dans les coulisses des hautes sphères étatiques, à la fin de l’année 2020 et en début 2021. Une épisode politique qui, pour les quatre officiers généraux, ont eu pour conséquence qu’ils soient embourbés dans la tourmente judiciaire actuelle.

Les officiers généraux reconnaissent, individuellement, avoir été à un moment donné été contactés pour des postes à haute responsabilité. Il y a, par exemple, le poste de secrétaire d’Etat à la gendarmerie nationale, celui de directeur général de la sécurité routière (DGSR). Le poste de chef d’état major des armées, ou encore, de gouverneurs de la région Atsimo Andrefana ont également été cités durant l’audience d’hier. Le général Dabaka reconnaît même avoir passé un entretien avec Sareraka, à l’hôtel Carlton Anosy.

Une certaine madame Romy, présentée comme conseillère du président de la République, aurait également pris part aux consultations à entendre les généraux Dabaka et Rapo. Ce dernier a soutenu, on m’a contacté sur le fait qu’il va y avoir un remaniement et que le Président cherche des personnes droites, honnêtes et dignes de confiance. Les quatre généraux affirment, toutefois, n’avoir été au courant du projet Apollo 21, ainsi que la liste des noms proposés pour des postes à haute responsabilité qu’au moment des enquêtes.

Lassé de la situation, le général Rapo a déclaré devant la Cour, nous sommes des généraux des Forces armées et on nous a traîné durant une semaine pour des choses que nous ne connaissonsmême pas.Pourtant, les personnes qui nous ont fait passer des entretiens ne sont pas inquiétés, ou bien leurs honneurs comptent-ils plus que les notres?. Une ouverture dans laquelle s’est engouffré Paul Rafanoharana lorsqu’il a été questionné par les avocats défendant les généraux.

« Je suis outré que l’élite de nos armées soit traitée ainsi. On leur reproche de voir leur nom coché sur une liste. Ils n’ont aucune responsabilité sur le fait d’avoir leur nom dans cette liste. (…) Pourquoi des personnes compétentes, qu’on estime être nommées à des postes à responsabilité, soient trainées ainsi dans la boue? (…) on apporte pas la moindre preuve d’une moindre réunion, d’une moindre démarche de ma part sur Apollo 21 envers ces généraux », déclare l’ancien de l’école militaire de Saint-Cyr.

Paul Rafanoharana ajoute qu’une personne réputée proche du chef de l’État l’aurait contacté comme probable premier ministrable, à la fin de l’année 2020. Qu’elle lui aurait demandé des noms pour occuper des postes au gouvernement et militaires. « La personne qui m’a officiellement saisi (…)et m’a contacté, m’a demandé des propositions de nom pour un certain nombre de postes (…) », atteste-t-il.

Sur sa lancée, le franco malgache a, lui aussi soutenu, ce sont les personnes qui nous ont approché pour avoir des propositions de noms à nommer qu’il faudrait entendre. Il y a des noms qui ont été cités à maintes reprises ici [durant le procès]. Paul Rafanoharana souligne que les noms de Yvon Randriazanakolona, dit Sareraka, madame Michou et madame Romy, sont des noms de personnes présentées comme proches de la présidence de la République, cités durant les audiences.

Durant son passage devant la barre, Yvon Randriazanakolona, chargé de mission à la présidence de la République, a déjà cité le nom madame Romy. Selon ses dires, elle serait sa supérieure hiérarchique.Elle lui aurait demandé de chercher des personnes fiables, à même d’occuper des postes à haute responsabilité, notamment, au sein du gouvernement, capables d’aider le chef de l’État à redresser redresser la situation en ces temps difficiles.



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