Marc Ravalomanana : rendez-vous manqué à Toliara


Les bombes lacrymogènes ont éclaté à Toliara dimanche. Les forces de l’ordre ont pris en chasse les partisans de l’ancien président Marc Ravalomanana, chef de file de l’opposition qui ont voulu se réunir dans l’enceinte du Magro Toliara, pour célébrer avec l’ancien chef de l’État son 72e anniversaire. Les forces de sécurité, agissant sous l’ordre du préfet de police de Toliara, ont empêché la foule de se rendre dans ce lieu-dit privé, propriété de l’ancien président.

Dès dimanche matin, les forces de l’ordre ont investi les lieux. En début d’après-midi, une délégation dirigée par un député TIM élu à Antananarivo, le secrétaire général du parti, Rina Randriamasinoro et d’autres personnalités politiques sont venus à la rencontre des responsables des forces de l’ordre pour débloquer la situation mais les négociations n’ont pas abouti. Le TIM insiste sur le caractère privé de l’événement et de son déroulement dans un lieu privé. La police de son côté martèle l’interdiction du rassemblement conformément à l’ordre du préfet.

Plusieurs dizaines d’hommes en treillis sont par la suite intervenus pour disperser la foule qui attendait dans les parages. Marc Ravalomanana n’a pas pu non plus se rendre sur les lieux. Sur les réseaux sociaux, il n’a pas tardé à manifester son mécontentement et a qualifié la décision du préfet de Toliara comme un abus d’autorité. Un constat partagé par une frange de la population qui estime que cette situation démontre que la démocratie est bafouée à Madagascar.

« La Constitution garantit les droits individuels et les libertés fondamentales, dont la liberté d’expression et le droit de circuler sur tout le territoire de la République. Malheureusement, le 12 décembre 2021, le jour de mon anniversaire, j’ai été privé de ce droit fondamental en tant que citoyen, j’ai le droit d’organiser la célébration de mon anniversaire avec mes patriotes dans un endroit privé qui m’appartient à Toliara » a publié Marc Ravalomanana hier soir dans un communiqué.

« L’utilisation des éléments de la gendarmerie d’interdire l’entrée de mes compatriotes dans l’enceinte de Magro constitue un abus d’autorité par le régime », affirme-t-il, jugeant ce qui s’est passé comme une « violation grave et répétée de la Constitution ».

Cette interdiction de manifestation à Toliara intervient quelques jours après l’interdiction d’une manifestation que les défenseurs des droits des consommateurs ont prévu de tenir à Antananarivo pour dénoncer la cherté de la vie et la mauvaise qualité des services publics notamment la Jirama. Le ministre de la Sécurité publique s’est rendu lui-même sur la place de 13 mai où devait avoir lieu la manifestation samedi dernier. Le porte-parole du gouvernement, Lalatiana Andriantongarivo quant a elle a qualifié ce mouvement de défense des consommateurs comme une éventuelle tentative de coup d’État.



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