Procès Apollo 21 – Jour 5 : Une bande sonore crée la zizanie


En ce cinquième jour d’audience, l’accusation a sorti un enregistrement sonore qui serait accablant pour le couple Rafanoharana. Un nouvel élément qui a fait vivement réagir la défense.

Le ton est monté dans la salle numéro 4 du palais de justice d’Anosy, hier. En cause, un enregistrement sonore brandi par le ministère public et dont-il a demandé à la présidente de la Cour criminelle qu’il soit versé au dossier comme élément de preuve à charge contre Paul Rafanoharana et son épouse.

Cette cinquième journée du procès sur l’affaire Apollo 21 a vu Voahangy Rafanoharana, épouse du franco-malgache, être appelée à la barre. Une occasion pour l’accusation de sortir de son escarcelle une bande sonore d’une trentaine de minutes. Cet élément audio dans lequel on entend la voix de deux femmes et d’un homme serait accablant pour le couple Rafanoharana. L’une des femmes est présentée comme Voahangy Rafanoharana et l’homme, comme son mari. La troisième personne est présentée en madame F par l’avocat général.

Du balcon où sont installés les journalistes, l’enregistrement sonore a été difficilement audible. Du peu qui a été entendu ressort des échanges sur une question de paiement d’argent avec des échéances. Selon l’avocat général, une retranscription de cet élément sonore a été remise à la présidente de la Cour, en taisant le contenu du document écrit. Il indique, néanmoins, que les discussions entre le trio concernerait le financement de l’entre- prise Tsara First, appartenant à Paul Rafanoharana et son as soc i é Philippe Marc François.

Stupéfaction

Pour l’accusation, l’entreprise Tsara First est juste une société écran par le biais de laquelle les principaux accusés collectaient des fonds pour financer l’exécution du projet Apollo 21. Une initiative dont la finalité serait d’assassiner le président de la République et renverser le pouvoir en place. Maître Willy Razafinjatovo, avocat assurant la défense du couple Rafanoharana a, toutefois, bondi de sa chaise lorsque le ministère public a demandé que cet enregistrement sonore soit versé parmi les pièces du dossier et qu’il soit diffusé à l’audience.

Haussant le ton, maître Razafinjatovo a fulminé, «personne ne nous a fait part à l’avance de l’existence de cet enregistrement sonore. Il ne figure pas, non plus, dans les dossiers. Il doit donc être irrecevable, alors que je ne vois pas pourquoi il devrait être diffusé durant l’audience». Il s’est tû, cependant, lorsque la présidente de la Cour criminelle a accepté la requête du ministère public. Le couple Rafanoharana, pour sa part, a vivement réfuté avoir participé à la discussion enregistrée dans l’élément sonore présenté à l’audience.

Particulièrement remonté, Paul Rafanoharana a remis en cause l’authenticité de la bande sonore, soulignant que les progrès technologiques permettent, actuellement, de faire aisément des montages audios. Pestant contre la procédure, il affirme, par ailleurs, être stupéfait «qu’au stade actuel du procès, l’accusation brandit soudainement un enregistrement sonore». Le ministère public a, toutefois, répliqué «il y a une raison pour laquelle nous présentons cette pièce à l’audience et la considérons comme élément de preuve à charge».

Victor Ramahatra à la barre

Le général retraité Victor Rahamatra, ancien Premier ministre de la deuxième République, a également été appelé à la barre de la Cour criminelle, hier. Son nom revient fréquemment dans les procès verbaux des auditions durant l’enquête préliminaire, notamment, dans les démarches de sélection de futurs membres du gouvernement et de hauts responsables militaires. Il a expliqué que dans le contexte de rumeurs sur une recomposition du gouvernement, à la fin de l’année dernière et le début de cette année, une dame réputée parmi les proches collaborateurs du président de la République, lui aurait demandé de proposer des noms de ministrables et d’autres pouvant occuper de hautes fonctions militaires.

L’ancien Premier ministre a affirmé avoir proposé des noms, sans pour autant s’être entretenu préalablement avec les personnes inscrites dans sa liste. Il justifie, cependant, sa rencontre avec Paul Rafanoharana par le fait que le nom de ce dernier serait revenu avec insistance parmi ceux qui ont été pressentis pour siéger au palais d’État de Mahazoarivo. En somme, Victor Ramahatra a nié toute implication dans le projet Apollo 21 et surtout toute tentative d’attenter à la vie du président de la République. Comme lui, le général Jocelyn Ravelonarivo, ancien responsable de l’armurerie au camp CAPSAT, également, appelé à la barre, hier, a plaidé non coupable.



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