Diagnostic du secteur privé – Les recommandations de la Banque mondiale


La crise sanitaire a mis à mal l’économie malgache. Le temps est venu de mettre en place un environnement propice pour la revigorer. La Banque mondiale avance ses prescriptions.

Madagascar peut créer des emplois, accélérer la reprise post-Covid-19 et bâtir un avenir meilleur pour sa population en introduisant des réformes favorisant le développement du secteur privé, en améliorant l’inclusion financière des petites entreprises et en renforçant la compétitivité de plusieurs secteurs économiques clés », selon l’essentiel d’ un rapport du Groupe de la Banque mondiale présenté hier au Carlton Anosy devant un aréopage composé par des membres du gouvernement et d’opérateurs économiques.

Prenant la parole au nom du gouvernement et de la ministre de l’Économie et des finances, Rindra Hasimbelo Rabarinirinarison, retenue au Sénat sur les débats autour de la loi de finances, le ministre de l’Industrialisation, du commerce et de la consommation, Edgard Razafindravahy a aussitôt mis les choses au point « Tous les opérateurs vous le diront. Il est essentiel de mettre en place au plus vite un mécanisme de financement à la hauteur des ambitions. L’idée est de démocratiser l’accès au financement pour que ce ne soient pas les mêmes qui en bénéficient. Et sortir du carcan, dans lequel nous nous sommes enfermés, du simple diagnostic et des constatations qui ont nécessité deux ans d’enquête ». Il a réitéré les handicaps de l’économie nationale. « Madagascar avec 80% de population rurale ne produit pas assez. Ce qui oblige au recours à des importations. Générant un taux d’inflation élevé, à cause des variations et des fluctuations des paramètres exogènes. Comme l’augmentation des prix des conteneurs ou la hausse des frets maritimes. Sanctionnant les consommateurs finaux. Notre département, sous l’impulsion du Velirano numéro 7 du président de la république, a initié les Zones pépinières industrielles, pour l’avènement d’une nouvelle ère industrielle. Une préoccupation évoquée en Egypte lors du Sommet de la Comesa ». Face à ces réalités, le ministère se trouve en première ligne de la bataille pour l’autosuffisance alimentaire et met au diapason des recommandations dans ce sens. « Améliorer le climat des affaires, faciliter les procédures administratives pour les opérateurs économiques, apporter la transparence sur les opportunités des affaires, fournir au secteur privé des informations nécessaire et juste pour lui permettre de prendre favoriser la création d’un environnement propice aux investissements, par l’accès à l’énergie et la mise en place des infrastructures. Le ministère de l’Industrialisation, du commerce et de la consommation, en étant la tutelle du secteur privé, est prêt à collaborer avec toutes les parties prenantes impliquées et défendre les réformes incitatives dans ce sens ». Il a ainsi placé l’industrialisation au centre des préoccupations économiques. Dès lundi, la présidence de la République organisera le Colloque national pour l’industrialisation, fer de lance de l’autonomie.

Le rapport en question débattu en long et en large a été axé « Diagnostic du secteur privé, CPSD, de Madagascar », préparé par la Banque mondiale et la Société financière internationale, IFC, souligne la nécessité pour Madagascar de renforcer son environnement des affaires et d’accroître sa compétitivité pour attirer plus d’investissements, notamment dans des secteurs à fort potentiel comme l’agro-industrie, l’habillement et le tourisme.

Interventions spécifiques

Le CPSD propose également des recommandations sur la manière dont le pays peut atténuer les contraintes pesant sur la productivité et les investissements dans les secteurs de l’énergie, des transports et des infrastructures numériques.

Madagascar a connu en 2020 sa première récession en dix ans du fait de la pandémie de Covid-19, laquelle continue de menacer la croissance et les efforts du pays pour réduire la pauvreté. L’impact de la crise sanitaire sur le secteur informel et les petites entreprises du pays a été particulièrement important.

« La pandémie de Covid-19 a porté un coup dur à l’économie malgache, mais le pays dispose d’un grand potentiel pour retrouver le chemin de la croissance et ressortir plus fort de la crise », a déclaré Marcelle Ayo, Représentante Pays d’IFC pour Madagascar. « Bâtir un secteur privé plus robuste, attirer davantage d’investissements et améliorer les infrastructures et la compétitivité seront essentiels pour assurer une croissance durable et inclusive. » a-t-elle préconisé.

Le CPSD suggère un certain nombre d’interventions spécifiques, y compris d’élargir l’accès au financement pour les petites entreprises, notamment en tirant parti des services financiers numériques ; de mettre en place un environnement des affaires plus prévisible ; d’harmoniser le cadr3e des investissements ; d’améliorer le cadre juridique et le zonage dédié aux usages fonciers pour faciliter l’accès à la terre ; et de renforcer les capacités institutionnelles pour concevoir et mettre en œuvre des réformes.

« À l’instar des autres pays, Madagascar a été durement affecté par la pandémie de Covid-19. Ce diagnostic arrive à point nommé car il informera le pays et ses partenaires au développement, notamment le Groupe de la Banque mondiale, sur les domaines à privilégier pour soutenir la reprise économique, la création d’emplois et la réduction de la pauvreté. Saisir les opportunités offertes par l’économie numérique est une décision économique intelligente, notamment dans le secteur informel auquel appartiennent de nombreux entrepreneurs, les femmes et la population rurale », a indiqué Marie-Chantal Uwanyiligira, représentante de la Banque mondiale à Madagascar.

Le rapport est en phase avec les mesures prévues dans le Plan Émergence Madagascar, la vision de développement du pays, dont la version préliminaire de décembre 2021 accorde une attention particulière à la promotion du secteur privé et de l’entrepreunariat et à l’amélioration de la compétitivité dans les chaînes de valeur mondiales.

La stratégie de l’IFC, à Madagascar s’inscrit dans le Cadre de partenariat pays du Groupe de la Banque mondiale pour Madagascar pour les exercices 2017-2021. Ce Cadre de partenariat soutient les efforts de Madagascar en faveur des personnes les plus démunies, et promeut une croissance plus inclusive ainsi que la mobilisation des investissements privés et le renforcement des institutions nationales et locales. Depuis 2005, IFC a engagé environ 287 millions de dollars d’investissements (en tenant compte des ressources mobilisées auprès d’autres investisseurs) à Madagascar.

Les ministres Sophie Ratsiraka (Artisanat et métiers), Andry Ramaroson (Energie et hydrocarbures), Hajo Andrianainarivelo (Aménagement du territoire et services fonciers), Joël Randriamandranto (Tourisme) et Tahina Razafindramalo ( Développement numérique, transformation digitale, postes et télécommunications) étaient présents à cette cérémonie de présentation du CSPD. Des opérateurs économiques ont aussi intervenu pour parler des opportunités et des obstacles sur les secteurs dits porteurs. Matina Razafimahefa pour les numériques ; Olivier Cua pour le textile, Rivo Rakotondrasanjy au nom des PME et Aina Raveloson au tourisme.

Des échanges prometteurs pour des actes concrets.

 



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