décès du prêtre jésuite Sylvain Urfer, figure influente de la société civile



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Connu des habitants de Madagascar pour son franc-parler et ses prises de position critiques envers la classe dirigeante malgache, le père Sylvain Urfer est décédé à l’âge de 80 ans ce vendredi 3 décembre en France où il était soigné depuis plusieurs mois. « Le curé des pauvres », « l’un des analystes les plus pointus de la société malgache » : les hommages à cette figure emblématique et active au sein de la société civile sont nombreux.

Avec notre correspondante à Antananarivo, Laetitia Bezain

L’annonce est venue de Lakroan’i Madagasikara, hebdomadairede la Conférence des évêques catholiques de Madagascar sur sa page Facebook. Installé sur la Grande Île depuis 47 ans, ce prêtre français était très engagé dans la vie de son pays d’adoption.

Curé pendant 25 ans de la paroisse d’Anosibe, l’un des quartiers les plus pauvres de la capitale malgache, le père Sylvain Urfer, jésuite, enseignant et auteur prolifique, était réputé pour ses écrits sans concession et son engagement à dénoncer les égarements des dirigeants politiques et la corruption qui gangrène le pays. Des prises de positions qui lui ont valu une expulsion de 2007 à 2009 sous la présidence de Marc Ravalomanana. « Sa rigueur, ses exigences et son franc-parler n’étaient pas appréciés par tout le monde. Mais il a tenu bon. Il aimait profondément sa patrie d’adoption », témoigne son ami, le politologue Ralison Andriamandranto.

« Il était l’aiguillon qui n’arrêtait pas de nous interpeller »

« Il s’est battu pour que les gens qui vivaient dans la misère, dans les quartiers de sa paroisse soient considérés par les autorités », poursuit ce membre du Sefafi, l’Observatoire de la Vie publique fondé, entre autres, par le père Sylvain Urfer. « Au sein du Sefafi, il était l’aiguillon qui n’arrêtait pas de nous interpeller », souligne t-il.

Ses analyses minutieuses et incisives de la société malgache, étaient écoutées avec attention, en témoignent les publications de cet Observatoire, qui faisaient très souvent la Une de la presse malgache.

Directeur et fondateur en 1989 du centre Foi et Justice à Madagascar, un centre d’études et une maison d’édition qui a publié de nombreux ouvrages en français et en malgache, il avait coordonné dernièrement l’écriture et la publication de l’ouvrage collectif : Histoire de Madagascar : la construction d’une Nation, sorti en décembre 2020.



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