Assemblée nationale – Les problèmes sociaux tracassent les députés


Les députés n’y sont pas allés avec le dos de la cuillère durant la première journée du face-à-face avec le gouvernement, hier. La plupart ont mis l’accent sur les problèmes sociaux du moment.

Prévisible. Les députés, qui ont monopolisé les prises de parole durant la première journée du face-à-face avec le gouvernement, hier, ont appuyé sur les sujets qui font mal à la population.

Les problèmes d’approvisionnement en eau et en électricité, l’insécurité, en passant par la hausse du coût de la vie, les secteurs à problème du moment ont été privilégiés par une grande partie des députés durant la séance de questions et réponses qui s’est tenue au Centre de conférence internationale (CCI), à Ivato. Certains élus n’ont pas pris de gonds pour réclamer des comptes aux membres de l’équipe de Christian Ntsay, Premier ministre, hier.

Durant cette première journée de séance à sens unique, des députés ont tiré à boulets rouges sur les ministres à la tête des départements concernés par les principaux sujets houleux actuels. Edgard Razafin­dravahy, ministre de l’In­dustriealisation, du commerce et de la consommation, a été notamment assailli par les questions et interpellation des députés concernant l’inflation. Il y a ceux qui ont fait part du retard de la répartition des produits à bas prix devant stabiliser le marché comme celui du riz ou du ciment, dans leur district.

D’autres élus sont, toutefois, montés au créneau pour tempérer les ardeurs en soutenant que la conjoncture internationale est, en grande partie, la cause de la hausse du prix des produits du quotidien. « Contrairement à certains de mes pairs, je vous encourage à poursuivre vos efforts. Nous savons que votre tâche n’est pas facile. Vous êtes à la tête du ministère qui gère les dossiers les plus compliqués », déclare le député Naivo Raholdina. Le député Fetra Rakotondrasoa renchérit en soulignant que l’inflation est causée par la conjonc­ture internationale.

Rappel à l’ordre

Comme l’a indiqué Gio­vanni Di Girolamo, ambassadeur de la délégation de l’Union européenne, dans une interview publiée, lundi, la crise des containers, conséquence de la pandémie du coronavirus, entraîne une hausse du coût des transports de marchandise. Résultat, il y a une inflation dans pratiquement tous les pays du monde, indique le diplomate. En introduction de la séance d’hier, le Premier ministre a, par ailleurs, rappelé qu’à l’instar du reste du monde, Madagascar a eu des difficultés à cause de la crise sanitaire.

Le chef du gouvernement a ajouté, hier, la Grande île n’est pas encore sortie de l’auberge. Une manière, probablement, de requérir une certaine clémence de la part des membres de l’Assemblée nationale. Les coupures intempestives de l’approvisionnement en eau et électricité dont souffrent la plupart des districts du pays sont, aussi, parmi les sujets privilégiés par les députés, hier. Un élu d’un des arrondissements d’Antananarivo a mis l’accent sur la mauvaise qualité de l’eau fournie par la Jirama, depuis quelque temps.

Des élus ont pointé du doigt le retour foudroyant de l’insécurité dans leur circonscription. Il y a ceux, du reste, qui ont rappelé les engagements étatiques dans leur district et qui ne sont pas encore concrétisés, tandis que d’autres réclament la mise en œuvre de projets qu’ils estiment cruciaux pour le développement de leur localité. Les infrastructures routières, sanitaires et scolaires sont les plus réclamées. Sur le volet éducation, par ailleurs, des députés ont souhaité une répartition plus équilibrée des recrutements d’enseignants FRAM comme fonctionnaires à part entière.

La séance plénière d’hier a également été l’occasion pour des députés de la majorité pour faire un rappel à l’ordre à des membres du gouvernement qu’ils estiment avoir des comportements déplacés. « Cessez vos invectives et querelles en public et sur les réseaux sociaux. Cela donne une mauvaise image du gouvernement », lance, par exemple, le député Rakoton­drasoa. Bien que les noms n’ont pas été dits, les mots ont été adressés à Baomia­votse Raharinirina, ministre de l’Environnement et du développement durable, et Hortensia Antonésie, vice-ministre chargée de la reforestation.

Ces derniers jours, la vice ministre a porté sur la place publique la tension et la lutte de pouvoir au sein du département de l’Envi­ronnement. Est-ce suite aux rappels à l’ordre des députés, mais elle a supprimé sa page et ses publications incendiaires ont été introuvables sur Facebook. Les observateurs supposent qu’elle ou l’administrateur les ont supprimées. Soixante quinze députés ont pris la parole, hier, soit la moitié des membres de la Chambre basse, à raison de cinq minutes chacun. L’autre moitié montra en scène, ce jour.

Dans l’ensemble, les trois courants politiques à l’Assem­blée nationale ont été bien visibles, hier. Il y a les députés de la majorité qui ont loué les efforts du gouvernement pour éviter que le pays ne s’enlise dans les conséquences de la crise sanitaire. L’opposition a systématiquement pilonné les failles dans la conduite des affaires étatiques. Et les indépendants qui, selon les réalités dans leur circonscription, ont eu un avis mitigé.

Bien que prévu au début de la séance, les députés ont finalement choisi de n’accorder au gouvernement le droit de leur répondre qu’aujourd’hui. Il faudra donc attendre que les cent cinquante-et-un membres de la Chambre basse se succèdent au micro avant que Christian Ntsay et ses ministres puissent répliquer.



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