prestation de serment controversée des nouveaux membres de la Céni



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La prestation de serment, très suivie, des neufs nouveaux membres de la Céni a eu lieu, mercredi 1er décembre, à Madagascar, soulevant de nombreuses interrogations.

Avec notre correspondante à Madagascar, Sarah Tétaud

Sous les yeux de centaines de convives et du chef de l’État, les neufs nouveaux membres du bureau permanent de la Céni, la Commission électorale nationale indépendante, jurent « d’accomplir leur devoir avec intégrité et en toute impartialité, dans le respect de la Constitution ». Une cérémonie qui intervient après des nominations et des élections aux postes de commissaires très décriées.

Tour à tour, main droite levée, les nouveaux commissaires prêtent serment. Il y a quelques jours encore, rien n’était moins sûr. Car c’est sur fond de tensions que certains des membres ont intégré l’organe chargé de l’organisation des élections dans le pays.

À commencer par Soava Andriamarotafika, par exemple, qui a été élu par ses pairs, journalistes. Le directeur de publication de Viva Tv et Viva Radio, les médias appartenant au président de la République, aurait bénéficié de vifs appuis de la part du ministère de la Communication pour être élu.« Non, non, ce n’est pas vrai », répond l’intéressé.

« La transparence a été respectée. Tout le monde était là-bas pour contrôler et vérifier, le jour du vote. Il n’y a pas eu de pression. Mais ces rumeurs ne sont pas étonnantes, elles sont dues au fait que j’appartiens à un organe de presse particulier », ajoute-t-il.

« Avant même le début de leur mandat, il y a un certain nombre de doutes »

Le cas de Dama Arsène Andrianarisedo a lui aussi fait réagir. Dernièrement membre de la Haute Cour constitutionnelle, il a été nommé par le président de la République pour siéger à la Céni. Seulement, il est aussi l’époux de l’actuelle ministre du Travail.

« Il n’y a pas de conflit d’intérêts puisqu’au terme de l’article 22 sur la loi sur la Céni, le régime d’incompatibilité, c’est seulement le membre qui ne peut pas être membre d’une autre institution ou exercer une quelconque activité au sein d’une administration. Pour mon cas, c’est mon épouse qui est ministre. Donc il n’y a pas de conflit d’intérêts et à partir du moment où on a prêté serment, on doit observer ce serment », soutient le nouveau membre. Dans ces conditions, ni lui, ni sa femme, n’ont l’intention pour l’instant de démissionner de ses fonctions, assure-t-il,

Au-delà d’une question d’éthique, c’est l’indépendance même de l’institution qui se trouve écornée, selon le chercheur en sciences politiques Juvence Ramasy. « La mise en place de cette nouvelle institution suscite la polémique, comme on l’a vu pour les nominations où il y a des conflits d’intérêts, qui pourraient remettre en doute leur légitimité, voire biaiser le jeu politique et électoral du prochain cycle à venir. C’est une pratique qui a déjà existé dans les précédents régimes. Mais ce n’est pas une excuse. C’est dommage parce qu’avant même le début de leur mandat, il y a un certain nombre de doutes. Et bien sûr, ça fait le jeu de l’opposition. Or, les membres ont un rôle fondamental dans la conduite des élections à venir, et pour que le climat soit apaisé. Donc ils seront scrutés sur leurs différentes actions », estime-t-il.

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