Tourisme – La première industrie mondiale


La chronique hebdomadaire de Tom Andriamanoro s’ouvre, cette semaine, sur un survol du secteur touristique et tout ce qui l’entoure. En commençant par la création de l’Organisation Mondiale du Tourisme. « L’Organisation Mondiale du Tourisme est officiellement née à Sofia en 1969, mais ne s’est réellement affirmée qu’en 1979 à Madrid. Elle dispose de cinq manuels techniques de base, dont le premier s’attache aux concepts, aux définitions et à la classification des statistiques. De là est même née une discipline, la Tourismologie, dont la désignation a fini par se perdre, mais pas le contenu », rappelle-t-il.

L ’Organisation Mondiale du Tourisme (OMT) définit le visiteur comme une personne « qui se déplace vers un lieu situé en dehors de son environnement habituel pour une durée inférieure à douze mois, et dont le motif principal du déplacement est autre que celui d’exercer une activité rémunérée ». Certains experts fixent une distance minimale au déplacement touristique. Elle serait de 50 miles (80 km) pour les uns, de 100 miles (160 km) pour d’autres.

D’une crise à une autre, d’une absorption à une alliance, le transport aérien a toujours imprimé ses propres orientations à l’évolution du tourisme international. Plusieurs faits marquants ont ponctué son évolution, pour ne citer que la dérégulation, les techniques du Yield Management, la stratégie des aéroports de liaison ou « hubs », la privatisation de beaucoup de compagnies européennes, la généralisation des Global Distribution Systems (GDS) qui sont des outils commerciaux en réseau permettant la vente en ligne de billets partout dans le monde bien avant l’internet, la vague des Compagnies « low cost » dont la première, l’américaine Southwest Airlines, date de 1972.

Il y a en fait trois types de «low cost»: les «pures» comme Ryanair (un seul type d’avion, un service à bord minimal, et l’utilisation d’aéroports de second plan) ; les « évoluées » comme Easyjet ou Volare (pas systématiquement un seul type d’avion, recours au marketing, possibilité d’opérer sur des aéroports plus grands) ; les « hybrides » issues des Compagnies traditionnelles, et qui en ont gardé quelques spécificités. Concernant les compagnies classiques, on a assisté à l’éclosion d’alliances pour des raisons principalement d’économie d’échelle.

L’hôtellerie a elle aussi connu des mutations caractérisées par l’essor des chaînes intégrées, notamment les hôtels franchisés ou mis en gérance, au détriment des hôtels patrimoniaux en régie directe. Cette évolution s’inscrit dans la recherche d’une meilleure rentabilité : limiter les investissements et contenir la masse salariale tout en maintenant la qualité propre aux métiers de vocation. En 2007, Accor, numéro 3 mondial de l’hôtellerie, ne possédait plus que 20% de ses hôtels en propre. Quant à Choice Hotel, 90% de son parc français étaient en franchise.

L’activité de « concepteur de voyage » qu’on désigne aujourd’hui par le terme de Tour operator est un produit typique du capitalisme triomphant du XIXe siècle. Thomas Cook entame son aventure touristique dans la première partie de ce siècle, organisant le premier voyage à forfait le 5 juillet 1841. American Express qui est aujourd’hui, une des valeurs-phares de la bourse de New York vulgarise le traveller cheque en 1891 avant de créer sa célèbre carte de crédit internationale. L’Allemagne et la Grande Bretagne contrôlent les premiers TO d’Europe, suivis par la Suisse avec Kuoni et la France avec le Club Méditerranée. Mais les deux géants de l’industrie mondiale du voyage sont American Express et Carlson.

Organisation mondiale

Les plus importantes agences de voyage américaines sont des holdings qui, par définition, sont appelés à contrôler d’autres sociétés en détenant des participations dans leur capital. American Express, par exemple, est actionnaire de plusieurs entreprises de transport, de chaînes d’hôtel, de voyagistes, et peut aussi bien vendre des produits hôteliers que garantir des cartes bancaires, ou proposer des assurances. Le système européen par contre est plus classique et repose sur la tradition des voyagistes initiée par Thomas Cook. Les entreprises n’ont pas l’autonomie financière et la liberté de mouvement de leurs homologues américaines.

L’Organisation Mondiale du Tourisme est très pointilleuse quant aux concepts et terminologies utilisés pour définir les différentes facettes de l’industrie du voyage. « Visite » par exemple est un terme utilisé du point de vue du pays réceptif. « Durée du voyage » s’applique au temps que dure une visite, mesuré du point de vue du pays émetteur. La même durée est définie par le terme « durée du séjour » s’il est mesuré du point de vue du pays récepteur. Pour ce qui est des motifs de voyage, l’OMT a introduit le critère de « motif principal », et classe les motifs en six catégories : Détente et vacances, visites familiales ou à des amis, affaires et motifs professionnels, traitement médical, religion et pèlerinage, autres.

Le développement durable, comme le suggère le terme anglais de « sustainable », est devenu un objectif majeur de l’industrie touristique. Trois groupes d’indicateurs le déterminent à savoir l’environnemental, le social, et l’économique. L’unanimité n’est néanmoins pas toujours au rendez-vous. Certains analystes se refusent à adhérer à cette vision, eux pour qui « l’écotourisme est la bonne affaire des opérateurs pour se faire de l’argent avec les ultimes destinations vierges, et le tourisme durable un artifice des aménageurs pour ne plus en perdre avec les autres ».



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