Projet de loi de finances initiale 2022


Maintenant c’est une certitude. Le taux de croissance économique de 3,5% du Produit intérieur brut, PIB, pour 2022, a été adoubé par le Projet de loi de finances initiale 2022. Comme l’a estimé le FMI.

Mission impossible. Il a été difficile pour ceux qui ont conçu le Projet de loi de finances 2022 d’aller à l’encontre des prévisions du Fonds monétaire international, FMI.

Qui dans son communiqué du 26 octobre, préalable à l’éventuel décaissement des 69 millions de dollars au titre de la seconde tranche de la Facilité élargie de crédit, FEC, a prévu un taux de croissance de 3,5% de l’économie globale après une contraction de 7,1% en 2020.

Le projet de loi 018-2021 portant loi de finances 2022, dont des larges extraits circulent sous le mentaux, dans son exposé de motif, précise que « la récession économique de 2020 a été plus forte que les prévisions établies dans les précédentes Lois de Finances. La reprise économique a déjà été amorcée au dernier trimestre de l’année 2020 et s’est poursuivie en 2021. Malheureu­sement, la seconde vague de la pandémie de Covid-19, apparue à la fin du premier trimestre 2021, a significativement ralenti l’élan de la reprise. Aussi, la croissance économique en 2021 devrait être de +3,5% (contre une prévision de +4,3% dans la LFR 2021.

Avant de rajouter en 2022, le rythme de la croissance économique devrait s’accélérer pour atteindre +5,4%, grâce à la normalisation de la situation sanitaire, la réouverture des frontières, l’engagement stratégique du Gouvernement dans les investissements structurants et le retour de la confiance des acteurs économiques. Ainsi, les investissements publics devraient atteindre 9,2% du PIB (+1,8 points par rapport à 2021) et les investissements privés compteraient pour 16,6% du PIB. L’inflation en fin de période devrait se situer à 6,4%, contre 7% en 2021.

Balance de paiement

Sur le plan des recettes publiques la reprise significative des activités économiques en synergie avec les réformes entreprises, notamment la digitalisation, devrait aboutir à une hausse des recettes fiscales pour atteindre 12,1% du PIB en 2022 (contre 10,8% en 2021). Les efforts en matière de recouvrement de recettes et une meilleure composition des dépenses permettraient de réduire sensiblement le déficit budgétaire (- 6,1% du PIB en 2022 contre -6,6% en 2021) et de ramener le solde primaire intérieur à -1,3% du PIB (contre -2,5% en 2021.

Et à propos de la balance de paiements. L’évolution des échanges internationaux conduirait à un déficit du compte courant de – 4,8% du PIB en 2022. En effet, les exportations (18,5% du PIB) augmenteraient à un rythme moins soutenu que les importations qui atteindraient 24,7% du PIB. Dans ces conditions, la dépréciation moyenne de la monnaie nationale par rapport aux principales devises (Euro et USD) serait de 2,7%.

Un autre point sur lequel le FMI se montre intransigeant a été le transfert de fonds publics pour les sociétés en difficulté. Comme pour la Jirama et Air Mada­gascar. À propos de la Jirama, le PLFI mentionne avec insistance que pour les dépenses de fonctionnement, le PLFI 2022 présente une hausse par rapport à la LFR 2021. Cette augmentation est, d’une part, due à l’opérationnalisation des infrastructures construites en 2021 dans les secteurs de la santé, de la sécurité et de l’éducation et d’autre part, les résultats des engagements gouvernementaux ainsi que les coûts récurrents des grands projets, en l’occurrence l’importation de vaches laitières, les expropriations liées à la mise en place du Train Urbain et du transport par câble

Et soutient que le transfert pour la JIRAMA sera maintenu à 380 milliards d’Ariary incluant le paiement des dépenses de l’Administration en eau et électricité, les subventions de fonctionnement et d’investissement. De ce fait, aucun crédit ne sera exécuté au niveau des Institutions et Ministères pour les dépenses en eau et électricité ». Un montant déjà acquis lors de le Projet de loi de finances rectificative 2021, PLFR, sous les yeux bienveillants des moniteurs du FMI. Pour Marc Gérard, le représentant résident du FMI, sur le point de partir, lors de l’un de ses rares rencontres avec la presse malgache, en visioconférence, a indiqué que « les problèmes dans ce genre d’assistance financière de l’État apparaissent quand le montant libellé dans la loi de finances a été dépassé par les décaissements effectifs par millions d’ariary. L’ancien directeur général de la Jirama, Vonjy Andrimanga, a revendiqué 500 milliards d’ariary de subvention. Le FMI a déjà prévenu sur les tentations de dérives budgétaires pour sauver Air Madagascar ou plutôt pour lancer sur l’orbite du succès Madagascar Airlines.

Le gouvernement a encore un mois pour convaincre de sa bonne foi sur les engagements pris avec le FMI. Avant que le Conseil d’administration de celui-ci ne décide du sort des 69 mil­lions de dollars, toujours en sursis. Ce sera le mois prochain. Le temps des permissivités a été bel et bien révolu. Ces esquisses du PLFI serviront à des balises pour les moniteurs du FMI. Qui reviendront à la charge quand bon leur semble.



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