Rothschild & Co payé par ses performances


Des opposants au régime n’ont pas tardé à réagir avec véhémence. « Un pays aussi en difficulté financière, criblé de dettes, comme Madagascar peut-il se permettre le luxe de s’offrir les prestigieux services d’un cabinet de conseil financier de la trempe de Rothschild & Co? » se demandent-ils avec insistance. En réaction à une annonce du Conseil des ministres de mercredi qui a approuvé l’assistance de Rothschild & Co comme conseiller financier de la République de Madagascar pour quinze mois.

Du 15 novembre 2021 au 15 février 2023. Selon les indications détaillées du même Conseil, « les premières missions du cabinet définies consistent, entre autres, à préparer l’entrée de la Grande île dans le giron des marchés financiers internationaux, à l’appuyer en vue de sa notation inaugurale et à l’aider à améliorer ses indicateurs de compétitivité. Il devrait aussi apporter son appui dans les réflexions sur la recapitalisation d’Air Madagascar et dans la recherche d’investisseurs pour la compagnie. Il aura aussi comme attribution de soutenir Madagascar dans la recherche de financement des projets prioritaires prévus dans le Plan émergence Madagascar (PEM) ».

Il a été alors intéressant de savoir à quel type de rémunération ou d’indemnisation seront traitées ces précieuses contributions. À cette préoccupation légitime, Haritiana Johasy, directrice de communication du ministère de l’Économie et des Finances, MEF, a répondu avec clarté et sans fioritures. « Les finances mondiales évoluent sans cesse. Madagascar ne peut se mettre à l’écart d’une telle tendance en vogue. D’où cette collaboration avec le numéro un en termes de conseil. Mais une telle approche n’affectera ni le Budget, encore moins la souveraineté nationale. Tout comme cette approche n’aura pas d’influence sur nos relations avec les bailleurs de fonds traditionnels. Rothschild & Co va chercher des investisseurs et ne détiendra pas de fonds. Il conseille comme tant d’autres aux capacités et compétences éprouvées, sans imposer ou prendre des décisions ».

Une autre source autorisée précise « qu’il ne sera pas question d’honoraire par mois, par exemple. Ce partenaire sera payé au fur et à mesure de ses performances à trouver des investisseurs. Il n’est pas non plus un Conseil auprès du MEF, mais travaillera à l’étage supérieur de la hiérarchie du pouvoir. Au niveau de la présidence de la République. Le contrat a été acquis par une entente directe ».

Une perspective globale

Cette approche cadre avec la philosophie de cette entité connue et reconnue sur le plan international. « Nous fournissons des conseils d’experts impartiaux aux grandes et moyennes entreprises, au capital-investissement, aux familles et aux entrepreneurs, ainsi qu’aux gouvernements. Nous concevons et exécutons des solutions stratégiques de fusions et acquisitions et de financement pour nos clients et agissons en tant que partenaire de confiance, en adoptant une vision à long terme et indépendante des défis auxquels ils sont confrontés. Notre compréhension approfondie des marchés financiers, le volume élevé de transactions sur lesquelles nous conseillons et notre réseau inégalé de spécialistes de l’industrie et du financement dans plus de 40 pays, offrent aux clients une perspective globale pour atteindre leurs objectifs stratégiques. Notre perspective distincte nous permet d’obtenir des résultats exceptionnels pour nos clients et d’agir comme leurs conseillers les plus fiables sur le long terme», peut-on lire sur le site de présentation de ce nouvel associé des autorités malgaches.

Mais une inclinaison a éveillé bien des curiosités. « Les réflexions sur la recapitalisation d’Air Madagascar et la recherche des investisseurs pour cette compagnie ». Une société déjà mise sous le régime de redressement judiciaire peut-elle encore s’attendre à une opération d’apports financiers au niveau de son capital? Et la recherche des investisseurs ne signifie-t-elle pas une forme de partenariat à conclure ? Une option réfutée avec détermination par Rinah Rakotomanga, vice-présidente du Conseil d’administration d’Air Madagascar à fusionner avec Tsaradia pour faire naître Madagascar Airlines, selon elle. À l’évidence, cette « renaissance inespérée d’Air Madagascar » aurait été un coup de massue du Conseil des ministres, porté sur Rinah Rakotomanga.



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