le réchauffement climatique fait baisser la productivité agricole en Afrique



La production de riz, de blé et de maïs, très gourmande en eau, pourrait chuter de près de 20% avec l’élévation des températures liées au changement climatique, affirme un rapport du Fonds international de développement agricole (Fida), paru à la veille de la COP26. Les épisodes d’extrême chaleur risquent d’être plus fréquents, entraînant des stress hydriques et une augmentation de la transpiration des plantes. Dans le même temps, la concentration de CO2 dans l’air, moteur de la photosynthèse, devrait booster la croissance des plantes de 10 à 20%, mais « les effets positifs ne pourront cependant pas contrebalancer les pertes dues à la chaleur », note Edward Gérardeaux, principal auteur du rapport.

Parmi les principaux risques pour l’agriculture, figurent « l’augmentation des dégâts causés par les ravageurs, les maladies et les inondations sur l’infrastructure des systèmes alimentaires ». Les principales cultures céréalières d’Afrique seront touchées.

« Selon le scénario de changement climatique le plus pessimiste, le rendement moyen diminuerait de 13% en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale, de 11% en Afrique du Nord et de 8% en Afrique de l’Est et en Afrique australe. Le millet et le sorgho sont les cultures les plus résistantes au stress thermique, avec une perte de rendement d’ici 2050 limitée à 5% et 8%, tandis que le riz et le blé devraient être les cultures les plus malmenées, avec une perte de rendement d’ici 2050 estimée à 12% et 21%, respectivement », précise le document.

Le rapport souligne cependant que quelques rares régions pourraient en tirer des bénéfices : « Dans certaines zones en altitude, le froid est actuellement un facteur limitant pour les cultures. Madagascar par exemple pourrait ainsi voir sa production de riz dans les hautes terres augmenter grâce à la chaleur. » Alors que le sud du pays connaît actuellement une sécheresse et une famine dramatiques.

Le Fida recommande une diversification des cultures, en réduisant la dépendance au maïs en faveur du manioc, des arachides, des haricots, du sorgho et du mil. Toujours selon le rapport du Fida,« des modifications radicales dans le choix des cultures et les pratiques agricoles locales seront nécessaires ».

Une autre étude, publiée en août 2021 dans Agronomy for Sustainable Development, confirme une probable diminution de la production sénégalaise de riz pluvial. Les auteurs de l’étude encouragent l’adaptation variétale qui consiste à choisir des variétés de riz plus résistantes à la chaleur et plus économes en eau.

Les experts préconisent également l’adoption de techniques d’intensification agro-écologique : le paillage des sols pour limiter l’évaporation, l’agroforesterie pour augmenter l’ombrage et diminuer le vent, ou encore les cultures associées pour diminuer les risques et optimiser l’utilisation des ressources du sol. Un espoir, puisque les gains de rendement possibles avec l’intensification agro-écologique pourraient compenser en partie les pertes liées aux changements climatiques.





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