les Malgaches appellent à une «transition équitable» avec un festival sur le climat



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Les jeunes Malgaches se sont réunis samedi 6 novembre pour un festival de l’écologie au Palais des Sports d’Antananarivo. Dans les allées, concerts, stands de sensibilisation à la protection de l’environnement ou encore de fabrication de charbon alternatif ont attiré de nombreux habitants. Alors que la COP26 se tient à Glasgow, les jeunes malgaches souhaitent faire entendre leurs voix et appellent les dirigeants à prendre des mesures pour une justice climatique concrète.

Avec notre correspondante à Antananrivo, Laetitia Bezain

« Madagascar, c’est mon île, je suis exigeant pour elle », indiquent les t-shirts des jeunes militants de la cause climatique. Une exigence notamment envers les grands pays pollueurs, responsables de la crise climatique, explique Nofy Razafimbelo, 23 ans, étudiante et membre du Réseau des Jeunes pour le Développement Durable.

« Dans le cadre de la justice climatique, nous, les jeunes et les femmes, on demande à ce que les dettes écologiques et la dette climatique nous soient payées pour que nous puissions faire face à la crise climatique, explique-t-elle, une des organisatrices du festival. On aimerait vraiment que Madagascar cesse d’être une zone de sacrifice pour leurs projets d’exploitations. On aimerait vraiment que Madagascar ne soit plus considéré comme une décharge, parce que la transition écologique est en train de démarrer mais du coup, leur modèle de voitures obsolètes, ils les envoient chez nous. On aimerait vraiment qu’ils comprennent que Madagascar n’est pas une décharge et que, nous, on veut une vraie transition équitable. Voilà ce que nous, les jeunes, réclamons. On aimerait vraiment que nos représentants tiennent leurs engagements là-bas quand ils font leurs négociations. »

Des financements et des politiques concrètes pour mettre un terme à la déforestation, réduire les émissions de CO2 des grandes industries ou encore permettre aux communautés de s’adapter : tels sont les messages de ces jeunes aux dirigeants mondiaux.

« Les États devraient régulariser les actions des entreprises partout dans le monde. L’année dernière, il y a eu une marée noire près de chez nous, près de l’Île Maurice. Il n’y a pas eu de responsabilité juridique par rapport à cette situation. Donc il y a aussi une dette écologique des entreprises »défend Toavina Rasolofoson, chargé de programmes au Centre de recherches et d’appui pour les alternatives de développement – Océan Indien (Craad-OI).

Ny Aina Felana, agricultrice et membre de l’association des Femmes en Actions Rurales de Madagascar, sent d’ores et déjà les effets du changement climatique :

« Le changement climatique a beaucoup d’effets sur notre travail et on souffre alors que nous ne sommes pas responsables de ce changement. On manque de pluie et cela à un grand impact sur notre production, dit la femme de 30 ans. Avec notre association, on sensibilise à la lutte contre la déforestation. On éduque les gens à recycler leurs déchets pour fabriquer du charbon. On se serre les coudes pour lutter contre le changement climatique. Mais il faut qu’il y ait des mesures concrètes pour nous soutenir et amplifier nos actions. »

Avec ses émissions de dioxyde de carbone de 0,13 tonne/habitant par an, Madagascar fait partie des pays qui ont le moins contribué à la crise climatique.



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