Rapt d’Anil Karim – Moustafa et Dilavarhoussen condamnés


Présents au procès, neuf accusés du rapt d’Anil Karim ont été condamnés par la cour criminelle, hier. Moustafa Radjan et Dilavarhoussen écopent de vingt ans de travaux forcés.

Dénouement sur l’enlèvement d’Anil Mamod Karim, propriétaire de la pharmacie Sophasu qui avait été enlevé le 27 avril 2020, à Ambatobe. Ses ravisseurs ont été jugés à la cour criminelle, à Anosy, hier.

Neuf accusés, dont trois femmes, se sont présentés à la barre. Association de malfaiteurs, détention illégale d’armes et kidnapping d’Anil Karim sont leurs chefs d’accusation. Ils ont tous été acquittés au bénéfice du doute pour la seconde inculpation. Cinq autres personnes, don t Moustafa Ameralli Alibay Radjan et Dilavarhoussen Razanamamode, cités dans le dossier, ont manqué à l’appel.

Un dernier accusé était décédé en prison, à Tsiafahy. Le rapport du directeur de la maison de force et l’acte de décès en administrent une preuve. Le tribunal a alors annoncé la fin des poursuites à son encontre.

Sur les neuf accusés interrogés par le juge et ses assesseurs, trois ont été reconnus coupables d’association de malfaiteurs et de séquestration d’Anil, et punis de vingt ans de travaux forcés avec cinq ans d’interdiction desor ie du territoire. Pour les mêmes imputations, trois autres ont été condamnés à quinze ans de travaux forcés, plus, cinq ans d’interdiction de sortie du territoire. Les trois femmes purgeront deux ans de prison ferme. Leurs chefs de poursuite ont été requalifiés en délit.

Complicité

Moustafa et Dilavarhoussen, pour leur part, ont été condamnés à vingt ans de travaux forcés, une peine assortie d’interdiction de sortie du territoire. Ils ont été déclarés coupables d’association de malfaiteurs et de complicité du kidnapping d’Anil Karim. Le juge a prononcé un mandat d’arrêt contre eux et trois co-accusés qui n’ont pas non plus assisté à l’audience.

La cour a condamné tous les accusés à verser 200 millions d’ariary à la partie civile, à titre de dommages et intérêts, ainsi qu’aux frais et dépens. Elle fixe au minimum la contrainte par corps.

Le procès a commencé à 11h30 et s’est terminé peu avant 15 heures. Les coupables ont tous nié les accusations portées contre eux. D’après les révélations entendues pendant les débats, Lama était leur chef. Celui-ci a été touché par balle au cours de son arrestation. Avant de mourir sur son lit d’hôpital à l’HJRA Ampefiloha, il avait dénoncé ses coauteurs aux fins limiers. « Zo (ndlr : Radonarivo Zomihanta Tsirimaholy) sait la présence de quatre kalachnikovs qu’on avait utilisés. Un gendarme disposant d’un 4×4 noir détient ces armes», avouait-il.

Récidivistes

L’avocat de Zo a remis en question le procès-verbal contenant ces aveux de Lama. La maison de sa cliente avait été perquisitionnée six fois, mais rien n’y a été trouvé. Même cas pour le domicile de l’ex gendarme. Selon les défenses des parties accusées, l’élément légal, moral et matériel n’est pas constitué pour affirmer une détention illégale d’armes.

Njarasoa a figuré parmi les accusés de cette affaire. Elle est la nièce de Lama. Elle s’occupait de sa grand-mère qui était malade. Lama lui avait souvent téléphoné pour demander l’état de santé de sa mère. « C’est à cause de leurs appels qu’on l’a suspectée. Elle n’avait pas choisi d’être membre de la famille de Lama. Et puis, être proche de cette personne signifie-t-il qu’elle est coupable ? Si c’est le cas, c’est toute la famille de Lama qui devrait être jugée ici », avance son avocat.

Pour les cas des autres accusés, dont des récidivistes, ils ont raconté qu’ils ont été tabassés et menacés de mort par les enquêteurs. Ils auraient été forcés à se soumettre. « Malheureusement, c’est ce que nous entendons toujours ici, à chaque procès. Une échappatoire», réagit le juge.

Lors de son intervention, le procureur a insisté sur le défi de l’État de réprimer le kidnapping. Il a donc requis l’application des peines à tous ceux qui ont trempé dans le crime.

La partie civile représentée par son avocat a demandé des dommages et intérêts de 430 millions d’ariary qui ont été révisés par le tribunal.

Séquestré

Anil Karim Mamod, seul à bord de sa voiture, avait été kidnappé lorsqu’il allait rejoindre son lieu de travail. Lama lui avait coupé la route avec une moto. Il ne pouvait pas faire marche arrière, car les coauteurs de ce kidnappeur notoire avaient rapidement mis des blocs de pierre derrière les roues. Le gang a sorti un pistolet et l’a arraché de son siège. Un de ses membres a pris le volant pour déplacer le véhicule d’Anil à cent ou trois cents mètres de là.

Ils ont emmené et séquestré la victime dans une maison à Ma colline Ambohimahitsy. Ils lui ont donné un jogging pour se changer et lui ont volé sa montre et sa lunette. Ils lui ont demandé ce qu’il voulait manger. Il leur a répondu qu’il voulait de la pizza. Or, ils ne lui ont apporté que des biscuits et de l’eau. Le lendemain de son enlèvement, un des ravisseurs est passé et lui a expliqué qu’ils avaient besoin de 2 milliards d’ariary contre sa libération. Anil lui avait dit qu’il ne disposait pas de cette somme.

La rançon a été négociée à 200 millions d’ariary. Au bout de quinze jours de captivité, Anil a été relâché et abandonné près de l’ambassade de Chine.

La gendarmerie et la police ont chacune menée des investigations. Dilavarhoussen, fortement soupçonné, s’est exilé aux Comores. Il a été arrêté par la gendarmerie locale. Son extradition n’aurait toujours pas été réalisée. Moustafa, quant à lui, a profité de son évacuation sanitaire vers La Réunion, suite à des blessures par balle, pour s’échapper.



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