Le dollar grimpe vers les 4 000 ariary


Le dollar déjà en fête au Marché interbancaire de devises, MID, un mois et demi avant Noël. Un banquet avant l’heure qui relance les préoccupations sur l’équilibre macro-économique global.

Une belle envolée. Toujours plus haut. Depuis le début du mois d’octobre, l’appréciation du dollar face à l’ariary au Marché interbancaire de devises, MID, se trouve sur une courbe ascendante. À l’issue de la séance du 2 novembre, après le long week-end de la Toussaint, le dollar oscillait entre 3 946 et 3 975 ariary, soit à 25 points de la barre psychologique des 4 000 ariary, selon les données fournies par la Banque centrale de Madagas­car, BFM. Qui table sur un taux de change de référence de 3 955, 56 ariary pour un dollar américain. La BFM a évalué la dépréciation de l’ariary face au dollar de 3,1% de décembre 2020 à septembre 2021.

Mais cette évaluation médiane d’octobre vient vite à être dépassée dans les changes au noir, d’une insolente prospérité, en plein jour. Et même chez des banques primaires, cette « valeur refuge » ne résiste pas longtemps à l’assaut des directives des « donneurs d’ordre ». Trois facteurs peuvent expliquer cette flambée du billet vert.

D’abord, l’éternel non rapatriement de devises. La ministre de l’Économie et du budget, Rindra Hasimbelo Rabarinirinarison, dans une interview qu’elle nous a accordée, évalue à 391 millions de dollars le montant qui échappe au circuit financier du MID. Plusieurs mesures contraignantes ont été imposées aux contrevenants pour qu’ils reviennent sur le droit chemin, mais aucun effet salvateur n’est encore ressenti par l’ariary. Pire, des tentatives « d’exportations de matelas d’euros » ont été empêchées in extremis. Puis, avec la reprise des activités économiques, en l’occurrence les transports aériens, terrestres et maritimes, la facture sinon la fracture pétrolière commence à s’alourdir, et gagne en profondeur.

Contexte confus

Avec le Brent à plus de 80 dollars le baril, ce coût ne peut qu’augmenter davantage au fil des commandes. Enfin, les importations des articles et marchandises, friandises en masse, pour les fêtes de fin d’année vont aussi mettre la pression sur l’offre « famélique » du MID.

Alors dans ce contexte un peu confus, le regard se tourne vers le Fonds monétaire international, FMI. Où Madagascar attend avec une certaine impatience le déblocage de 69 millions de dollars, seconde tranche sur les sept de la Facilité élargie de crédit, FEC, d’une enveloppe totale de 312 millions de dollars. Des extraits de déclaration finale du 26 octobre de Frédéric Lambert, chef de mission de revue du FMI, ont été on ne peut plus explicites sur ce point.

« Les communiqués de presse de fin de mission comprennent des déclarations des équipes des services du FMI qui transmettent les conclusions préliminaires après une visite dans un pays. Les opinions exprimées dans cette déclaration sont celles des services du FMI et ne représentent pas nécessairement celles du Conseil d’administration du FMI. Sur la base des conclusions préliminaires de cette mission, les services prépareront un rapport qui, sous réserve de l’approbation de la direction, sera présenté au Conseil d’administration du FMI pour discussion et décision » en guise d’entrée en matière.

Puis, il ajoute « L’accord sera soumis à l’approbation du Conseil d’administration du FMI, qui devrait examiner la revue en décembre. L’achèvement de la revue permettrait le décaissement de 48,88 millions de DTS (environ 69 millions de dollars américains) à Madagascar pour couvrir les besoins de financement extérieur et budgétaire ».

Alors que le gouvernement entendait inclure cette manne financière dans les agrégats du projet de loi de finances initiale 2022. Un vœu exaucé par le FMI si l’on s’attarde un peu sur ce compte rendu de Frédéric Lambert. Ceci étant, il se peut que la présentation du PLFI, dans sa version définitive aux députés et sénateurs, en pleine session budgétaire, accuse un léger retard par rapport au timing préétabli. Alors que les membres des deux Chambres du parlement ont souhaité « examiné » le PLFI dans les meilleurs délais. Du moins, c’est ce qu’ils clament haut et fort. Car dans la pratique…



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