L’aire protégée de Kirindy Menabe Antimena continue de se dégrader


Alors que Andry Rajoelina plaide pour la transition énergétique en Afrique et la préservation des forêts dans le cadre du sommet international du climat (COP26) à Glascow, le parc national de Kirindy Menabe Antimena continue de se dégrader. Le Pr Jonah Ratsimbazafy, l’un des fervents protecteurs de l’environnement à Madagascar, rapporte que 2 051 ha sur 3 550 ha y sont détruits à cause du feu et d’abattage de la forêt. Ce sont des données très récentes obtenues à la suite d’un survol d’un drone sur les lieux.

« Je me demande si la protection de l’environnement fait partie des priorités des autorités au vue de sa destruction actuelle », se demande celui qui a découvert l’un des plus petits lémuriens au monde le Mirocebus jonahi à Madagascar. « Je suis en train de réfléchir sur ce que je vais répondre aux autres par rapport au risque de disparition des Microcebus berthae à Menabe à cause de cet incendie, lors du Congres international primatological society à Quito Equateur en janvier 2022 », indique-t-il.

Une étude menée par Durrell Wildlife Conservation Trust en 2017 met en évidence l’amplification de la dégradation des forêts entre l’année 2000 et 2014 dans le parc national de Kirindy Menabe Antimena. Il y aurait même une réelle possibilité que les forêts du Menabe central disparaissent d’ici 2020 – 2025 si le rythme de déforestation actuelle continue. Cette étude a été partagée lors des discussions d’acteurs de la conservation qui ont eu lieu dans la Région Menabe en 2017. Malgré les actions de sensibilisation mises en œuvre pour alerter sur la situation, la situation ne s’est pourtant pas améliorée. L’effet risque pourtant d’être catastrophique pour la biodiversité de Madagascar, et pour toute la région. Cela pourrait aussi marquer la fin de l’écotourisme dans le Menabe, qui est connue comme une région qui regorge de sites écotouristiques renommés (Allée des Baobabs, Forêt de Kirindy, Réserve spéciale d’Andranomena, …).

Cette année, les feux de forêts dans les aires protégées font rage à comme Ankarafantsika ou encore le Kirindy Menabe et partout ailleurs dans le pays. Le manque cruel de moyens handicape fortement la lutte contre les feux de brousse et feux de forêts. La vaste campagne de reboisement lancée depuis 2019 ayant permis de reboiser 40.000 ha de forêts n’est visiblement pas suffisante si aucun moyen n’est mis à disposition pour lutter contre les feux qui peuvent consumer ces forêts en quelques jours.

Lors de son allocution dans le cadre du sommet de Glascow, Andry Rajoelina a lancé un appel aux dirigeants du monde entier à accélérer la mobilisation des 100 milliards de dollars de l’Accord de Paris afin de financer une politique de transition énergétique en Afrique. Ce, afin de préserver les forêts et enrayer la déforestation d’ici 2030.



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