Logement décent, un challenge à relever


Le Salon international de l’habitat s’ouvre demain. Au-delà d’une probable réussite d’un rendez-vous tant attendu, les problématiques des offres pour l’accès au logement restent à résoudre.

Un gros challenge. Gérard Andriaman ohisoa, Secrétaire d’État chargé des nouvelles villes et de l’habitat va-t-il réussir là où les autres ont échoué ? Auréolé par la construction du stade Barea à Mahamasina , qu’il a suivi d’un bout à l’autre, même aux pires moments de la propagation du coronavirus il n’a pas lâché prise, il s’attèle désormais à concrétiser d’autres projets présidentiels. Cette fois-ci, Gérard Andriamanohisoa se trouve sur le front des chantiers des logements à céder à des prix abordables. Trois sites focalisent son attention et ses intentions. Ivato, Imeritsiantosika et Ambohijafy à Toamasina. Où douze immeubles en duplex avec une zone commerciale et de services vont sortir des terres. Mais il a aussi constaté l’avancée des travaux de « Trano mora » du côté de Barikadimy, prévus être achevés d’ici la fin de l’année.

C’est tout à fait à l’honneur de l’actuel régime que d’afficher une volonté et une détermination à toute épreuve pour signifier, au moins, la faisabilité d’une telle opération. Car, dans la passé récent, tout allait de travers pour atteindre les mêmes objectifs. De retour au pouvoir en février 1997, Didier Ratsiraka a aussitôt lancé le programme des 35 000 logements par an. Mais les partenaires asiatiques à qui avait été confiée l’émergence d’une nouvelle ville à Vontovorona, ont préféré exploiter du bois précieux dans le triangle prospère du Nord. La SEIMAD, appelée à la rescousse, a obtenu des lignes de crédit de la part de la banque Shelter Afrique. Mais ses réalisations étaient bien en-deçà des 35 000 unités par an. À peine 440 unités livrées.

Un effet de contraste

Il ressort de cette mésaventure que la notion même de logements sociaux divise. Et des promoteurs immobiliers, conscients que la rentabilité à portée de main se trouve ailleurs, ont plutôt opté pour les villas de hautstanding, les appartements de luxe, faciles à louer ou à vendre. Ici les bails se scellent en euros ou en dollars. Il est aujourd’hui plus simple de trouver son bonheur, niché dans les quartiers résidentiels, huppés d’Ivandry, d’Ambatobe ou d’Alarobia, que chercher un deux pièces d’une étroitesse infiniment petite, sans eau ni électricité, à Isotry, Andavamamba ou Antohomadinika. Pour au moins 150 000 ariary le mois. Un effet de contraste qui gâche un peu le décor, déjà moins reluisant. Des constructions d’une modernité incroyable jouxtent des bidonvilles qui poussent comme des champignons. Cliché classique d’une pauvreté ambiante.

La Politique nationale du logement, PNL, adoptée l’an passé fait quelques constatations plus qu’intéressantes sur le sujet. « À l’heure actuelle, le gap infrastructurel en matière de logements s’estimerait ainsi à 1  730  000 logements. En d’autres termes, 1 730 000 ménages malgaches ont besoin de logements et sont actuellement, soit des sans-logis, soit logés dans des conditions précaires, soit des éternels locataires. Le secteur du logement est de ce fait caractérisé par un fort déséquilibre entre l’offre et la demande, principalement dû aux gaps cumulés lors des dernières décennies. Gap de plus en plus difficile à combler et qui entrave considérablement son essor. Ce déséquilibre réside essentiellement dans une offre peu élastique à court terme, offrant un choix extrêmement limité en matière de logements sociaux, qui plus est, n’est pas adapté aux capacités financières des ménages qui en ont le plus besoin. En somme, l’accès aux logements décents demeure l’apanage des couches aisées ».

Ces statistiques résument à elles seules les immenses espoirs posés sur les épaules de Gérard Andriamanohisoa. Puisse le Salon de l’habitat de demain servir de premier jalon pour un futur succès dans l’ensemble de ses œuvres.



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