Transports aériens – Madagascar Airlines décolle


Rinah Rakotomanga, vice-présidente du Conseil d’administration d’Air Madagascar donne plus de précisions sur la future naissance de Madagascar Airlines dans les prochains jours.

Madagascar Airlines commence à déployer ses ailes. « Née de la fusion entre les compagnies Air Madagascar et Tsaradia, Madagascar Airlines va participer à la réouverture des frontières aux trafics aériens programmée le 6 novembre », révèle Rinah Rakotomanga, sous sa casquette de viceprésidente du Conseil d’administration d’Air Madagascar durant une émission télévisée animée par trois journalistes.

« Dans un premier temps, Madagascar Airlines va louer un B787-900, la dernière génération de l’avionneur américain, sous la formule ACMI (équipages et assurances) pour les vols «long-courrier». Mada­gascar Airlines utilisera le Certificat de transport aérien, CTA, d’Air Madagascar. Et un Embraer de type E16-90 pour les vols régionaux et domestiques. La location du B787- 900 sur le marché international va de 6 500 à 7 000 dollars l’heure mais nous avons trouvé une compagnie qui a accepté de descendre à 5 580 dollars après d’âpres marchandages », selon Rinah Rakotomanga. Qui voit dans cette nouvelle appellation une vraie mutation. « Désormais, c’est la dignité et l’honneur de Madagascar que nous allons défendre et hisser vers le haut. Et non plus la compagnie, objet de moqueries », a-t-elle souligné.

Concernant toujours la flotte, « les deux A340 nous appartiennent après des négociations avec Air France. Ils vont passer des checks. Je rappelle qu’avant octobre 2017, où a été scellé le contrat de partenariat stratégique avec Air Austral, l’État a effacé 330 milliards de dettes d’Ai r Madagascar. Cela devait éponger toutes les prétendues dépenses générées par ces deux A340 », répond Rinah Rakotomanga à propos des critiques autour de ces deux appareils.

Plus question d’alliance

« Air Madagascar n’a pas non plus payé leurs frais de location dès juillet 2018. Comment ces charges financières non engagées mais évoquées aujourd’hui avec insistance, pouvaient elles décimer la trésorerie d’Air Madagas­car. En fait, Air Austral n’a pas honoré ses deux engagements. Sur les 15 millions de dollars en capital, elle n’en a déboursé que 12. Et aucun apport au compte courant sur les 25 millions de dollars promis. Cela n’a pas empêché Air Austral d’avoir la mainmise sur le Conseil d’administration et la direction générale », tenait-elle à souligner. « Alors qu’Air Austral a eu recours à des fonds de la CNaPS et du Groupe Rajabaly pour finaliser cet accord. Après la résiliation du contrat, la CNaPS a repris ses avoirs sous forme d’actionnariat chez Madagascar », continue-t-elle. « La CNaPS est habituée à ce genre de placements financiers. Ses adhérents n’auront pas de souci à se faire. Elle est entre de bonnes mains », soutient Rinah Rakotomanga pour clore ce chapitre.

Aussi, Rinah Rakoto­manga ne veut-elle plus entendre parler d’alliance avec qui que ce soit. Elle mise plutôt sur la bonne gestion afin de réussir avec Madagas­car Airlines là où les autres ont échoué. « La fusion d’Air Madagascar avec Tsaradia va permettre la mutualisation des coûts d’exploitation. Et peut profiter aux voyageurs et touristes. Par exemple, ceux qui partent de Paris pour rejoindre Toliara vont gagner sur les tarifs. Et n’aurons plus à se préoccuper des vols de correspondance. Nous allons aussi adopter de nouvelles pratiques en matière de gestion. Air Madagascar compte aujourd’hui 600 fournisseurs, c’est inadmissible. La compression du personnel aura lieu par centaine. L’effectif par rapport au nombre de la flotte ne respecte plus les standards internationaux. Qui est de 114 à 120 personnes pour un avion. Des départs volontaires se manifestent, ceux qui doivent partir seront accompagnés dans leur reconversion professionnelle », rassure Rinah Rakotomanga.

Qui annonce au passage « qu’un directeur général sera nommé à la tête de Madagascar Airlines, que chaque employé, du bas de l’échelle au sommet de la hiérarchie, auront à signer un contrat de performance et une obligation de résultat. Qualité-fiabilité-ponctualité, c’est la trilogie à offrir aux clients. Les avantages des salariés, voyages à frais réduits pour les membres de la famille, seront à réviser ».

Elle est convaincue de la réussite de l’opération sauvetage. « Ces réformes structurelles sont nécessaires et méritent l’adhésion des concernés. Les études y afférentes ont été menées avec minutie. J’y crois. »



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