Des mesures musclées pour rehausser la vanille


Le président de la République a tenu une réunion avec les opérateurs de vanille à Sambava et à Antalaha. Des résolutions ont été retenues.

Pas de demi-mesure. Le président de la République Andry Rajoe­lina a mis à profit sa tournée dans la région Sava la semaine dernière pour régler une bonne fois pour toutes les problèmes de la filière vanille. Deux réunions ont été tenues avec les opérateurs de vanille.

La première a eu lieu à Sambava vendredi et la seconde le lendemain au resto Momo à Antalaha . Un état des lieux sans état d’âme où tout le monde a joué cartes sur table. « Cette fois-ci, nous ne quitterons pas cette salle de réunion tant que nous ne trouvons pas une solution sérieuse et pérenne pour résoudre les problèmes de la filière vanille et pour la protéger. C’est l’objet de notre déplacement ici », a souligné d’entrée de jeu le président de la République.

Auparavant, le ministre de l’Industrialisation, du commerce et de la consommation, Edgard Razafindra­vahy a mis un accent parti­culier sur les consignes du chef de l’État pour assainir la filière vanille afin de redonner de la valeur à cet or noir aussi bien au niveau national qu’à l’échelle internationale. Il a rappelé que la première étape de l’assainissement consistait à nettoyer la liste des exportateurs pouvant bénéficier d’un agrément. L’objectif est avant tout de protéger les planteurs et les producteurs de vanille.

Le président de la Répu­blique a conforté les propos du ministre Razafindravahy surtout à la suite des doléances du président de l’association des planteurs. Andry Rajoelina a martelé que le rôle de l’État est de protéger les intérêts de tous ceux qui œuvrent dans cette filière étant donné qu’il s’agit d’une richesse nationale. « Désormais il n’est plus tolérable d’abuser des paysans » a-t-il souligné.

Exportateurs véreux

Des mesures musclées ont été ainsi adoptées à l’issue des discussions à bâton rompu. La première est la création d’une brigade spéciale pour éradiquer les vols de vanille. Elle sera dotée de véhicules tout terrain, de motos pour traquer les voleurs. Des sanctions sévères sont prévues pour ceux-ci.

Concernant le prix, le président de la République a confirmé que le prix de la vanille verte est fixé au minimum à 75 000 ariary le kilo et le prix plancher à l’exportation est de 250 dollars le kilo. « Ces prix n’ont pas été appliqués et c’est l’origine du désordre », reconnaît le ministre Razafindravahy qui a fait appel à la prise de responsabilité de tout le monde. « Tout dépend du respect de ces prix. S’ils sont observés, tous les problèmes disparaissent » a-t-il affirmé.

Un avertissement a été lancé aux exportateurs véreux qui vendent en deçà du prix de référence et tuent le marché. Un marché parallèle en somme qui est à l’origine de la dégringolade du prix sans oublier la mauvaise qualité de la vanille exportée.

Le président de la Répu­blique a d’ailleurs pointé du doigt les exportateurs qui tirent des bénéfices énormes aux dépens des planteurs. Des mesures ont été retenues pour éradiquer cette situation. Les exportateurs doivent déclarer la quantité de vanille qu’ils comptent exporter, donner la liste des collecteurs à qui ils ont acheté, déclarer le prix d’achat auprès des planteurs… Et surtout rapatrier les devises. Les exportateurs indélicats se verront retirer leur agrément.

Autrement dit toutes les opérations doivent être traçables et transparentes.

Pour faciliter le contrôle, un projet de digitalisation de toute la filière a été annoncé. Tout sera ainsi facilement contrôlable , les tran­sactions comme l’origine des produits en passant par la détection de fausses déclarations.

Une nouvelle ère s’ouvre ainsi pour la vanille. Il était temps. Sans cette implication personnelle du président de la République, la descente aux enfers de la vanille aurait continué de plus belle. Il ne faut pas oublier que Madagascar est le plus grand producteur de vanille au monde et un grand fournisseur de la demande mondiale.



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