un concert dessiné pour présenter l’album de BD collectif « Destins Croisés »



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À Antananarivo, un concert dessiné s’est tenu à l’Institut Français pour présenter l’album de BD collectif « Destins Croisés ». Un album bilingue franco-malgache, aboutissement d’une résidence de 10 jeunes dessinateurs et dessinatrices de bande dessinée. Dans la Grande Île, de nombreux talents émergent, mais restent bloqués professionnellement, faute de soutien et de possibilité d’être édités. Samedi 30 octobre, quatre de ces jeunes dessinateurs et coloristes ont donné un aperçu de leur album en dessinant en direct et en musique devant un public émerveillé.

Avec notre correspondante à Antananarivo, Laetitia Bezain

Sur la scène de l’Institut Français, projetés sur grand écran, les couleurs, personnages et fragments d’histoires de Seheno, Faliéry, Damy et R-Aly prennent forment au rythme des compositions poétiques d’Edgard Ravahatra. Une performance à quatre mains où les univers des artistes fusionnent et s’adaptent les uns aux autres.

« Il fallait apprendre à utiliser les couleurs de l’autre, apprendre le trait de l’autre. C’est comme si on se comprenait. C’était comme une chorégraphie », raconte Seheno, 25 ans, illustratrice indépendante. 

«  » Destins Croisés « , c’est un univers partagé entre nous, les dix artistes. On a chacun notre histoire. Par exemple, pour Seheno, elle parle d’une petite fée qui était persécutée par d’autres parce qu’elle était différente. Pour ma part, ce sont deux frères jumeaux qui sont devenus rois, sans savoir qu’ils sont frères qui se retrouvent à devoir s’affronter dans une grande bataille. Ça parle d’une malédiction, d’une tradition commune à Madagascar », poursuit Faliéry, 23 ans, étudiant et dessinateur.


Destins croisés d’auteurs confrontés aux mêmes difficultés

« C’est la première fois pour moi que j’ai pu vraiment entrer en contact avec un éditeur, et c’est ça qui bloque surtout les jeunes artistes de nos jours », témoigne Faliéry.

« Il n’y a pas d’institution pour les illustrateurs à Madagascar, et ça stoppe certains jeunes qui ont la passion, mais qui ne peuvent pas aller jusqu’au bout, parce que personne n’est là pour les soutenir. Quand on est illustrateur, on est souvent tout seul devant son ordinateur ou devant son papier, et des projets comme celui-ci, ça nous aide à connaître des gens et à se rapprocher entre artistes », ajoute Seheno.

L’album, publié par la maison d’édition réunionnaise « Des bulles dans l’océan », sera aussi présenté en France, au festival d’Angoulême.

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