Le contrôle du prix de la vanille renforcé


En déplacement à Sambava, hier, le président de la République a été attendu sur la question épineuse du prix de la vanille. Un sujet qu’il a abordé à bras le corps.

Je ne vous abandonnerais pas, je vous le garantis». Ce sont les mots de Andry Rajoelina, président de la République, à Sambava, hier. Des mots avec lesquels il a assuré sa détermination à redresser le secteur vanille. Il a alors annoncé que l’État mettra, dorénavant, en œuvre des mesures strictes pour y mettre de l’ordre et rehausser le prix.

Face aux habitants de Sambava, le locataire d’Iavoloha a annoncé qu’il tiendra une réunion avec tous les acteurs du secteur de la vanille, ce jour, à Antalaha, réputée être la capitale mondiale de l’exploitation de l’or noir de Madagascar. Les coopératives des cultivateurs, les collecteurs et les exportateurs prendront part à cette réunion. De cette réunion, affirme le Chef de l’État, sortira «impérativement», les nouvelles normes qui régiront le secteur de la vanille, en partant de la production, jusqu’à l’exportation.

En attendant la réunion de ce jour, à Antalaha, Andry Rajoelina a déclaré, hier, à Sambava que «le prix de la vanille verte ne doit plus être en dessous de soixante quinze mille ariary». Ce prix minimum du kilo de la vanille verte a été déjà décrété depuis plusieurs mois. Seulement, le Président concède que faute de suivis rigoureux de la part des responsables administratifs et étatiques à différents niveaux, il a rarement été respecté.

Le fait que les collecteurs «obligent», les cultivateurs à leur vendre leurs vanilles à J des prix bradés, a causé des grognes dans la région Sava. Le député Norbert Mamangy, élu à Sambava, l’a souligné, hier. Dans un discours enflammé et direct, face au président de la République, il a déploré que les «Tantsaha», ne jouissent pas des fruits de leurs labeurs, contrairement aux exportateurs. Il a, aussi, mis l’accent sur la grande différence entre les prix d’achat de la vanille verte auprès des agriculteurs et le prix à l’exportation, fixé à 250 dollars.

Traçabilité

Sur sa lancée, le député Mamangy a rappelé au Chef de l’Etat que durant sa campagne électorale, il s’est engagé à rehausser le prix de la vanille, au profit des cultivateurs, notamment. Un engagement réaffirmé par Andry Rajoelina, dans son discours d’hier. «Je me tiens ici devant vous, aujourd’hui. Je vous garantis que nous allons rehausser le prix de la vanille lors de la prochaine campagne. (…) Je ne laisserais plus personne vous escroquer», soutient le locataire d’Iavoloha.

Le Président annonce d’emblée que le contrôle du secteur vanille sera désormais drastique, à tous les niveaux, notamment, la collecte de la vanille verte. Un durcissement que le ministre de l’Industrialisation, du commerce et de la consommation Edgard Razafindravahy, a déjà fait part aux acteurs du secteur, durant une réunion, à Sambava, jeudi. «Défendre l’intérêt des cultivateurs est au cœur de notre stratégie pour redresser ce secteur. Il n’y aura pas de vanille s’il n’y pas ceux qui la cultivent. Nous serions tous gagnant si nous préservions les intérêts des agriculteurs», a-t-il déclaré.

Un des moyens pour renforcer le contrôle sur le secteur vanille, avancé durant la réunion de jeudi, est la traçabilité des produits. Dans le cahier des charges des exportateurs donc devra être déclarée la quantité de vanille qu’il compte acheter et ensuite, exporter. Il y aura, aussi, la liste des collecteurs avec qui il va travailler, afficher le prix d’achat auprès des cultivateurs qui doit être, au moins à soixante quinze mille ariary, et à qui ils ont acheté leurs vanilles.

Un point sur lequel le ministre Razafindravahy a mis l’accent, jeudi, et souligné par le président Rajoelina, hier, est l’obligation pour les exportateurs de vanille de rapatrier les devises. «Certains veulent escroquer les cultivateurs et l’État», fustige le locataire d’Iavoloha. «Les agréments de ceux qui ne respectent pas les règles seront retirés», prévient le ministre de l’Industrialisation, du commerce et de la consommation.



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