Andry Rajoelina : « Le prix de la vanille verte sera fixé à 75 000 ariary le (…)


Andry Rajoelina monte au créneau par rapport à la difficulté des autorités et des agriculteurs-producteurs à mettre en application le prix de référence de la vanille verte à Madagascar. Dans le cadre de sa tournée à Sambava, dans le nord du pays, le président malgache a déclaré qu’« à partir de la prochaine campagne (ndlr : À partir de mai 2022), le prix de la vanille verte sera fixé à 75 000 ariary le kilo et pas moins ». Cette disposition a pourtant été déjà annoncée et officialisée par le ministère chargé du Commerce depuis le début de la campagne pour cette année, en mai, mais son application reste très difficile.

Sur le marché local, voire national, le kilo de vanille verte est fixé par les collecteurs entre 20 000 ariary et 50 000 ariary. Les agriculteurs producteurs, notamment ceux de la région de SAVA ont déjà interpellé l’Etat par rapport à cette situation intenable. Dans la région Antsinana où la production de vanille constitue des ressources non négligeables pour les agriculteurs, le gouverneur de la région a déjà indiqué en juillet que « Personne ne peut acheter la vanille à moins de 75 000 ariary et il est interdit de la vendre à moins de 75 000 ariary ». Mais face aux pratiques des collecteurs, les agriculteurs ne peuvent que céder.

Au mois de septembre, les organisations de la société civile avec les agriculteurs ont déjà remis sur le tapis la question à l’issue d’une réunion à laquelle ils auraient attendu la présence du ministre chargé du Commerce qu’avec le non-respect du prix de référence au niveau national, le niveau de vie de la population des régions concernées, majoritairement dépendante de la filière vanille, se dégrade beaucoup ces derniers temps. Ainsi, l’Etat doit-il annoncer et prendre des mesures, recommandaient-ils.

Andry Rajoelina reconnaît dans le cadre de cette tournée dans le Nord que « Les collecteurs et les exportateurs gagnent des profits exorbitants au détriment des paysans qui en sont les grands perdants ». Pour pallier à cette situation intenable et répondre aux attentes des producteurs qui sont très nombreux dans le nord du pays, le Chef de l’État a indiqué des mesures qui pourraient renforcer le système de contrôle des prix et du marché. « Désormais, les exportateurs devront remplir un cahier des charges dans lequel ils citent les collecteurs avec qui ils travaillent et s’engagent à acheter les gousses vertes à pas moins de 75 000 ariary ».

Malgré tout, aucune mesure n’a été annoncée officiellement contre les collecteurs qui, selon des sources concordantes, se cachent derrière la protection de hauts responsables et proches des dirigeants malgaches. « Derrière tout ce problème, il y a au moins une personnalité qui serait intouchable dans le pays », nous confie un élu dans le district de Sambava. Les organisations de la société civile et les agriculteurs estiment ainsi qu’on ne résout cette situation qu’à travers la prise en main de la situation par les autorités locales. Ce qui impliquerait entre autres la définition de la date d’ouverture de la vente locale au niveau des communes.



Source link

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *