Le débat sur l’avortement, sur la place publique – Midi Madagasikara


« Pour moi, même étant catholique, croyante, je regarde le côté pratique et je préfère aider les femmes victimes que de suivre à la lettre ce qui est dicté par la religion », avance Marie Jeanne d’Arc Masy Goulamaly, la parlementaire qui a proposé cette loi- ITG- (Interruption Thérapeutique de la Grossesse) et présidente de la Commission genre à l’Assemblée nationale. Ce vibrant appel résume à lui seul un problème longtemps tu, parce que confiné dans et par le champ surtout religieux. Une tentative en 2017 de dépénaliser l’avortement dans le cadre du planning familial s’est déjà soldée par un échec parce que jugée contraire à la culture et à la religion.

Cette fois-ci, la passerelle entre la sphère religieuse et celle de la politique sera-t-elle franchie ? Pour faire simple, l’Eglise chrétienne se base sur les dix commandements dont l’un dit : « Tu ne tueras point » et le fœtus est déjà un être humain, donc écourter sa vie équivaut à un crime et en face on brandit la libre disposition de son corps de la femme qui, de plus en plus, fait partie du corpus « des droits humains ». C’est-à-dire, l’autonomisation de la vie politique par rapport à la religion verra-t-elle le jour ?

Le champ politique selon Bourdieu, un sociologue français, « c’est le lieu où se dénouent les luttes qui opposent en permanence les groupes sociaux sur les « bons » principes de vision et de division du monde social, ces luttes ne s’accomplissent en pratique que par l’intermédiaire de spécialistes en concurrence pour le droit de parler et d’agir au nom de tout ou partie de ces groupes ».

Les débats entre « les pour et les contre » sont houleux, en ce moment, et nul ne sait encore quel en sera l’issue. Les réseaux sociaux,( évidemment !), où sont argumentés les avis des deux camps abondent de publications. Quand les uns avancent le vécu des désemparées économiques et sentimentales, les oubliées dans le désert médical ou leur inébranlable volonté de liberté; les autres leur foi en un « Tout-puissant » ou un architecte de l’univers ; quand ce n’est pas l’invasion de l’occident dépravé qui dame la sagesse séculaire de notre patrie. Il faut bien s’y retrouver ! Toujours est-il que le problème est exposé sur la place publique et non plus dans le confessionnal. C’est déjà le combat entre l’isoloir et le murmure-à -l’oreille d’un prélat.

M.Ranarivao





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