Jean Ravelonarivo s’enfuit en France


Condamné à cinq ans d’emprisonnement ferme, l’ancien Premier ministre Ravelonarivo a pris la poudre d’escampette. Il se serait envolé pour la France, après une bifurcation par Mayotte.

Et de trois. L’in­formation a été révélée par le site de Mayot­te 1 ère. Le général retraité Jean Ravelo­narivo, ancien Premier ministre, a pris l’avion vendredi soir, le 22 octobre, en direction de Paris. Un voyage par avion après un séjour discret à Mayotte.Le périple du général retraité pourrait avoir été anodin, sauf qu’il aquitté Madagascar à bord d’une petite embarcation motorisée, selon Mayotte1ère.

Ce qui est loin du standing de vie de l’ancien chef du gouvernement qui dispose d’une fortune importante. Mais surtout, Jean Ravelonarivo est sous la coupe d’une condamnation à cinq ans de prison ferme, assorti d’une amende de 100 millions d’ariary. Un jugement rendu par le Pôle anti-corruption (PAC), d’Antananarivo, tard dans la nuit du 27 septembre,après un procès qui a duré douze heures.

Jean Ravelonarivo a été reconnu coupable dans le cadre de l’affaire de malversations financières à la Caisse nationale de prévoyance sociale(CNaPS). Ceci, au même titre que six autres accusés dont Raoul Rabekoto, président de la Fédération malgache de football (FMF), et ancien directeur général de la CNaPS. Sur ce coup, l’ancien Premier ministre n’a pas pu se prévaloir du privilège juridictionnel d’être jugé par la Haute cour de Justice (HCJ). Une prérogative que devrait lui octroyer son statut d’ancien chef d’institution.

Le PAC s’est déclaré compétent, sans hésiter, pour juger l’ancien chef du gouvernement. D’abord parce que le dossier couvre une malversation financière qui remonte à 2010, jusqu’en 2018. Certes, le général retraité a fait une pige au palais d’État de Mahazoarivo entretemps, mais il est happé dans cette affaire en tant que chef d’entreprise. Selon la Cons­titution, le Premier ministre, entre autres, est pénalement responsable, devant la HCJ des actes accomplis liés à l’exercice de ses fonctions des actes qualifiés de crime ou délits au moment où ils ont été commis.

Failles ou complicités?

Dans cette affaire, l’ancien locataire du palais d’État de Mahazoarivo n’est pas le premier à avoir pris la poudre d’escampette. Son compère, Raoul Rabekoto a déjà pris les devants, en février 2020, alors que le dossier était encore au stade d’enquête et qu’il était soumis à une Interdiction de sortie du territoire (IST). Magistrat de carrière, l’ancien directeur général de la CNaPS avait emprunté le même itinéraire que l’ancien chef dugouvernement.

Raoul Rabekoto a quitté Madagascar à bord d’une embarcation, pour rejoin­dre Mayotte, avant de s’envoler pour la France et se réfugier en Suisse. C’est de là-bas qu’il gère à distance les affaires de la FMF, mais qu’il a, également, pris connaissance de sa condamnation à dix ans de travaux forcés, assorti d’une amende de 500 millions d’ariary ferme. Tablant probablement sur l’itinéraire du boss de la FMF, le site l’article de Mayotte 1ère prédit que Jean Ravelonarivo devrait, lui aussi, trouver refuge en Suisse. La fuite de l’ancien Premier ministre met, une nouvelle fois, sous les projecteurs les failles du système judiciaire et la porosité des frontières malgaches.

Le général retraité a été absent lors du procès amenant à sa condamnation. Le prononcé du jugement a été assorti d’un mandat d’arrêt à l’audience. Une décision qui, visiblement, n’a pas été exécutée.

Ce n’est que contacté sur le sujet que Solofohery Razafindrakoto, procureur du second degré du PAC d’Antananarivo, a pris connaissance de la fuite de l’ancien locataire de Maha­zoarivo. Il explique que l’exécution d’un mandat d’arrêt à l’audience est confiée à l’entité qui a mené l’enquête. Sur l’affaire des malversations à la CNAPS, c’est le Bureau indépendant anti-corruption (BIANCO), qui s’est chargé de l’enquête.

Près d’un mois après le verdict, pourtant, le condamné a pu quitter le pays sans grand souci. Qui n’a donc pas fait son travail? Au moment de la fuite du général retraité, les frontières malgaches, dont maritimes, étaient, en principe, toujours fermées. Des suspicions de complicité ou, du moins, de complaisances s’imposent, également.

Jean Ravelonarivo réside, en effet, à Antananarivo. Sans aides et soutiens, une personne condamnée et recherchée donc, car sous la coupe d’un mandat d’arrêt n’aurait pas dû pouvoir faire le périple jusqu’au lieu où il a embarqué pour Mayotte sans aucune réaction des autorités.

L’article de Mayotte 1ère rapporte un détail selon lequel Jean Ravelonarivo était en possession d’un visa de séjour de trois ans, document établi à Madagascar par les autorités françaises. Ce qui pourrait expliquer qu’il ait pu s’envoler pour Paris sans objection des autorités mahoraises. Le site d’information ajoute que le général retraité a débarqué sur l’île qui est un territoire français, le 16 octobre.

Il précise que le fugitif était logé à l’hôtel le Maharaja, à Mamoudzou, avant de prendre l’avion pour Paris, le 22 octobre. Ce n’est qu’une fois l’information sur la fuite de Jean Ravelonarivo révélée par la presse mahoraise, que la justice malgache songe à lancer un mandat d’arrêt international. Ces dernières années, l’ancien Premier ministre est la troisième personne à fuir la justice malga­che en se rendant en France, via l’île de Mayotte.

Il y a Raoul Rabekoto, l’année dernière, mais aussi, Houcine Arfa, ancien collaborateur de Hery Rajaonari­mampianina, ancien président de la République, en 2017. Des mandats d’arrêts internationaux ont été lancés contre ces personnes, mais en vain. Elles coulent des jours heureux en Europe, jusqu’ici.



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