Jean Ravelonarivo s’échappe en Suisse – Midi Madagasikara


Une passoire. Des frontières maritimes non sécurisées pour Madagascar. Condamné à une peine de 5 ans d’emprisonnement assortie d’une amende de 6 milliards d’ariary lors d’un procès qui a eu lieu le 27 septembre dernier, l’ancien Premier ministre Jean Ravelonarivo a réussi à quitter la Grande Île pour échapper à la Justice.

Selon un article publié par nos confrères de Mayotte la 1ère, il a débarqué à Mayotte le samedi 16 octobre dernier par une petite embarcation motorisée appelée Kwassa. L’ancien locataire de Mahazoarivo aurait rejoint cette île via Nosy-Be. 340km seulement séparent l’île aux parfums des côtes mahoraises. Il aurait ensuite été logé à l’hôtel Maharajah dans le quartier de Mamoudzou. En situation de fugitif depuis le 27 septembre, jour de sa condamnation par contumace, Jean Ravelonarivo restait introuvable. Il préparait certainement sa fuite à l’étranger. Un coup qu’il n’aurait jamais réussi à accomplir sans complicité, probablement d’en haut lieu. A en croire Mayotte la 1ère, l’ancien PM aurait quitté Mayotte le vendredi 22 octobre dernier par un vol Air France à destination de Paris, la capitale française. La destination finale prévue serait la Suisse où il passera son exil. La même source indique aussi qu’il détient un visa de trois ans qu’il a obtenu à Madagascar par les autorités françaises.

C’est donc officiel. Toutes les personnes condamnées dans l’affaire des détournements à grande échelle au sein de la CNaPS, ou enfin presque, ont réussi à prendre le large. L’ancien Directeur général de cette société d’Etat, Raoul Arizaka Rabekoto, considéré comme le cerveau de cette affaire, alors qu’il faisait l’objet d’une Interdiction de Sortie du Territoire (IST), a réussi à quitter la Grande île par un vol privé via Nosy-Be le 19 février 2020, alors qu’à l’époque, les frontières de Madagascar étaient encore fermées à cause de la pandémie de Covid-19. Au moment où nous mettons cet article sous presse, les deux « complices », car tous les deux condamnés pour une même affaire, se retrouvent probablement à Zurich. Ce serait le cas aussi d’une troisième personne, une femme qui a été placée sous mandat de dépôt à la prison d’Antanimora pour le même dossier CNaPS. Alors qu’officiellement, elle se trouve en prison, cette dame s’est évaporée et a brillé par son absence lors du procès du 27 septembre. D’après les informations, elle se trouverait à également à l’étranger actuellement.

Bon nombre d’observateurs soupçonnent une corruption à grande échelle autour de cette affaire. Comment ont-ils réussi à se soustraire de la Justice ? Comment ont-ils fait pour obtenir des documents de voyage alors que Raoul Arizaka Rabekoto et Jean Ravelonarivo faisaient l’objet d’une Interdiction de Sortie du Territoire ? Comment se fait-il qu’autant de gens puissent sortir de Madagascar aussi facilement par la mer, mais aussi par les airs alors que nos frontières étaient encore fermées ? L’on attend désormais des éléments d’explication de la part des autorités responsables. Pour rappel : les deux personnalités ont été condamnées pour des faits de favoritisme, abus de fonction, faux et usage de faux et détournement de deniers publics. L’ex-Directeur général de la CNaPS et non moins président de la Fédération malagasy de football a écopé de 10 ans de travaux forcés et d’une amende de 500 millions d’ariary, ainsi que 10 ans d’incapacité à exercer dans la fonction publique. Un mandat d’arrêt international a d’ailleurs été prononcé contre lui, mais pour l’heure, pas d’exécution. Pour narguer les autorités, l’intéressé assiste même à de nombreux évènements internationaux dans le cadre de sa fonction de président de la FMF. Quant à Jean Ravelonarivo, l’ancien PM écope de cinq ans de prison ferme. Pour faire la lumière sur cette affaire et déterminer la responsabilité de tout un chacun, l’ouverture d’une enquête est de mise.

Davis R





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