Masy Goulamaly défend la propostion de loi sur l’ITG


La députée indépendante, élue à Tsihombe, Masy Goulamaly, qui porte la proposition de loi sur l’Interruption thérapeutique de grossesse (ITG) à l’Assemblée nationale réagit face à la polémique et défend sa position. Elle affirme qu’il ne faut pas confondre à l’ITG à l’Interruption volontaire de grossesse (IVG)

Contrairement à l’IVG qui donne libre droit à l’avortement, quelle que soit la raison, l’ITG est un recours médical nécessaire à la sauvegarde de la vie de la mère, martèle Masy Goulamaly. Les textes proposent entre autres une interruption de la grossesse lorsque les médecins constatent des complications. Le texte prévoit également le recours à l’ITG pour les femmes victimes de viol et d’inceste et celle dans l’incapacité mentale d’assumer leur rôle de mère ou de parent, insiste la députée indépendante de Tsihombe.

De son côté, la députée du 3e arrondissement d’Antananarivo, Aina Rafenomanantsoa alias Anyah, opposante farouche à cette proposition de loi y voit une manière de vulgariser l’avortement. Pour l’instant, l’avortement est illégal sans aucune exception à Madagascar.

Masy Goulamaly, vice-présidente de la commission égalité du genre, de la promotion de la femme au sein du parlement de la Communauté des États d’Afrique australe (SADC) indique qu’environ 3000 femmes malgaches par an sont victimes de viols et d’incestes dans le pays. Par ailleurs, dans la partie sud de Madagascar, de nombreuses femmes, affaiblies par l’insécurité alimentaire qui sévit dans certains endroits de la partie australe de Madagascar, meurent de l’avortement clandestin auquel elles font recours pour éviter les grossesses à risque ou qu’elles n’auraient pas voulu à la suite des agressions subies, affirme Masy Goulamaly.

Pour répondre à son homologue Anyah qui, dans une longue publication sur les réseaux sociaux, évoque de la question de chrétienté ou encore de droit de l’homme, l’élue de Tsihombe affirme qu’elle est chrétienne et qu’elle serait également contre la libération de l’avortement volontaire mais soutient une interruption de la grossesse dans le cas d’une nécessité médicale pour protéger la mère et les médecins dans la légalité de la pratique.

« Droit de l’homme dites-vous, indique-t-elle, mais qu’en est il également du droit de ces enfants jetés dans les poubelles, morts ou vivants, dans les buissons qui sont fréquents dans le pays ?  ». C’est pour éviter que cela se multiplie et se produise que cette proposition de loi a été déposée à l’Assemblée nationale, affirme-t-elle.

Joint par téléphone, la députée du troisième arrondissement d’Antananarivo Renivohitra qui se lance dans une campagne d’opposition farouche à cette proposition de loi n’a pas voulu répondre. Ce texte sur l’ITG a été inscrit dans le projet de loi sur le planning familial en 2017 mais a finalement été supprimé pour des questions de morale, de culture et de religion. Elle devrait passer au niveau du gouvernement qui formulera ses observations dans un délai d’un mois, avant d’être débattu et adopté ou non au niveau des deux chambres. Cette proposition de loi n’est pas encore disponible sur le site internet de l’Assemblée nationale et le grand public ne connait pas encore les articles qui la composent. En tout cas, les débats ne font que débuter et risque d’être houleux au Parlement.

Le terme « avortement thérapeutique de grossesse » (ITG) est complexe. Certains l’utilisent lorsque la grossesse est interrompue pour des raisons médicales, qui tiennent soit à la femme enceinte soit au fœtus. D’autres utilisent ce terme uniquement lorsque la santé de la femme enceinte est compromise, c’est-à-dire lorsqu’elle est atteinte d’une affection grave, pour laquelle la poursuite de la gestation pourrait signifier une moindre chance de succès des traitements disponibles, une survie plus brève, ou une atteinte sérieuse à sa santé. Le terme « ITG » est aussi synonyme d’interruption médicale de grossesse (IMG). Pour plusieurs, l’IMG est une interruption volontaire de grossesse pour motif thérapeutique concernant uniquement le fœtus. Enfin, il y a l’expression « avortement eugénique » que l’on réserve à « …l’élimination de l’embryon (du fœtus) atteint (ou présentant de fortes probabilités d’être atteint) d’une tare sévère ». Ce qui est

Quelques pays, notamment en Afrique et en Amérique centrale ont rendu l’avortement non punissable en cas de viol même si l’avortement reste illégal. Les femmes qui avaient été violées et souffraient d’un handicap mental peuvent ainsi avorter sans risquer de poursuite pénale dans ces pays.



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