Lutte contre le kere – L’État mise sur l’autonomisation des habitants du Sud


La lutte contre le Kere dans le Sud a été un des sujets phares d’une rencontre entre les décideurs étatiques et les partenaires internationaux, hier. L’Etat y a affirmé que sa stratégie est basée sur l’autonomisation des familles touchées par ce fléau.

Ne plus perpétuer une situation d’assistanat. D’entrée, au palais d’État d’Iavoloha, hier, Andry Rajoelina, président de la République, a annoncé la couleur quant à la ligne de la politique étatique pour en finir, avec le sempiternel fléau qu’est l’insécurité alimentaire qui touche la partie Sud du pays.

Une rencontre semestrielle entre le chef de l’État et le corps diplomatique, ainsi que les représentants des Partenaires techniques et financiers (PTF), s’est tenue, hier, à Iavoloha. Trois thèmes ont été discutés durant ce rendez-vous, dont un état des lieux de la situation dans le Sud. Un sujet que le Président Rajoelina a qualifié de primordial. Face aux partenaires internationaux, il soutient que pour lutter efficacement et durablement contre le Kere, son administration mise sur l’autonomisation des habitants.

« Notre stratégie repose sur l’autonomisation afin de pouvoir apporter des solutions durables et pour que nos actions aient des impacts durables et non pas perpétuer une situation d’assistanat de cette population en grande précarité depuis des décennies », déclare le locataire d’Iavoloha. Il glisse, au passage, malgré les actions passées et toutes les aides de la part des organismes internationaux, que nous remercions, durant toutes ces décennies, la famine est encore persistante.

Partant de ce constat, le chef de l’État avance, il est donc impératif, aujourd’hui, de mettre en place des actions stratégiques pour apporter un changement radical et durable. Il en a profité pour mettre en avant le Plan émergence du Sud, qui traduit en stratégie d’action la politique étatique pour le relèvement de cette partie du pays et concrétiser le but d’annihiler l’insécurité alimentaire.

Coordination et optimisation

Pour bétonner la nécessité de mettre en œuvre des solutions durables, en parallèle aux réponses d’urgence, le Président indique qu’à cause du changement climatique, la situation va de mal en pis. Depuis quelques années, le taux de pluviométrie dans les zones touchées par le Kere, qui était déjà loin des normes, a sensiblement baissé. Ce qui entraîne des conséquences désastreuses sur l’agriculture et l’élevage et accentue le danger humanitaire qu’est le Kere.

Bien qu’enrobés de rhétoriques diplomatiques, les mots du président de la République laissent entendre que la rencontre d’hier, qui est appelée à se tenir tous les six mois, a pour objectif de convaincre les partenaires internationaux à soutenir financièrement le programme étatique pour le relèvement du Sud. « Nos actions doivent être mieux coordonnées pour être plus efficaces et optimales (…) afin d’obtenir des résultats rapides et palpables pour le bien-être de la population et, dans certains cas, sauver des vies », soutient Andry Rajoelina.

Lors d’une échange avec la presse, mardi, à Ambodi­vona, la professeure Hanta Marie Danielle Vololontiana, coordinatrice de l’Office nationale de la nutrition (ONN), a indiqué que le manque de coordination et de synergie est un des points faibles de la lutte contre l’insécurité alimentaire. Elle a ajouté la nécessité de s’engager dans des programmes d’actions durables et de ne plus se limiter aux réponses d’urgence. La mutualisation des moyens nationaux et internationaux a été une option mise en avant.

Certes, ils ne peuvent pas encore se passer des financements internationaux. Mais de plus en plus d’États africains veulent changer le mécanisme des aides internationales. Pour cela, ils tablent sur le fait que le modèle actuel n’a eu quasiment aucun effet en matière de développement durable.

Ils veulent ainsi amener les entités internationales à jouer un vrai rôle de partenaire, soutenir une politique de développement étatique et ne plus jouer en solo de leur côté. Un voie sur laquelle l’Etat malgache s’engage, visiblement.

Dans le cas de la lutte contre le Kere dans le Sud, l’estimation des aides d’urgence décaissées par les entités internationales se chiffre en milliard de dollars. Seule­- ment, rien n’a changé. Le nombre de personnes en situation de détresse alimentaire a, au contraire, augmenté.

Durant le colloque pour l’émergence du Sud, à Tolagnaro, en juin, il a été martelé dans les discours, il n’y a que nous, Malgaches, qui sachions ce qui est mieux pour nous. À nous de trouver des solutions aux maux de notre pays. À nous de convaincre, ensuite, les partenaires internationaux de nous appuyer.



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