Le défi de la digitalisation


Madagascar compte sur une politique d’accélération de son processus de digitalisation pour à la fois rattraper son retard technologique et offrir à son économie de nouveaux arguments pour se redynamiser et pour mieux capter les investissements.

Les autorités ont choisi depuis quelques années d’accorder un intérêt de premier plan à la digitalisation de ses secteurs public et privé. Mais la donne a connu un changement notable au mois septembre de l’année dernière suite à la signature avec la Banque mondiale d’un crédit de 140 millions de dollars du Mécanisme de financement complémentaire de l’Association internationale de développement (IDA) et une subvention de 3 millions de dollars du Mécanisme de Financement Mondial (GFF) pour renforcer le système de gestion de l’identité du pays, rationaliser et numériser les services clés et améliorer la capacité du gouvernement à fournir des services dans certains secteurs, tels que la santé.

Grâce à cet appui conséquent, Madagascar peut lancer des projets d’envergure comme la création d’un système de gestion de l’identité efficace et sûr, notamment en modernisant le registre d’état civil interopérable et les bases de données nationales d’identité. Dans le cadre de cet effort, le projet va mettre en place le centre national d’enregistrement et d’identification des faits d’état civil, des procédures simplifiées d’enregistrement et de gestion des identités, un numéro d’identification unique dès la naissance et une meilleure sécurité des données.

Cela fournira l’infrastructure et les processus nécessaires pour authentifier les données dans l’ensemble des services gouvernementaux, permettant ainsi une utilisation plus facile et plus rapide des données pour la fourniture de services. Cela facilitera également le recensement régulier des faits d’état civil à des fins démographiques et de statistiques de l’état civil et renforcera le rôle du secteur de la santé pour contribuer à l’enregistrement rapide des événements d’état civil.

Il a été expliqué que cette opération fait partie d’un ensemble plus large d’ajustements des programmes nationaux qui se basent sur le constat selon lequel investir dans la transformation numérique est un projet pertinent.

Marie-Chantal Uwanyiligira, responsable des opérations de la Banque mondiale pour Madagascar a soutenu que la rationalisation et la numérisation des services et l’amélioration de l’identification des citoyens peuvent contribuer à fournir des services plus rapides et plus efficaces à la population et au secteur privé et jouer un rôle essentiel pour acter un développement solide.« La numérisation des services peut contribuer à améliorer les performances, la redevabilité et la transparence du secteur public, tout en réduisant les fuites grâce à l’automatisation », a souligné pour sa part Heriniaina Andrianasy, un des chargés du projet de transformation numérique du pays.

Les promoteurs du programme de digitalisation sont aussi convaincus que Madagascar va pouvoir accroître sa résilience au changement climatique en réduisant la vulnérabilité des systèmes numériques et des services publics aux catastrophes naturelles grâce à des protocoles solides de continuité des activités en cas d’interruption de service pouvant résulter d’événements climatiques. En cas de catastrophes naturelles ou d’événements extrêmes liés au climat, les infrastructures, y compris le stockage externe de données numériques, pourront être exploitées pour protéger les données, les dossiers et les canaux de prestation de services électroniques essentiels.

Renforcer la capacité de résilience

Il a alors été rappelé que plusieurs opportunités de transformation numérique existent à Madagascar. Le pays dispose d’une forte réserve de talents en matière de développement de logiciels, avec environ 500 à 600 ingénieurs en logiciels qualifiés qui obtiennent leur diplôme chaque année, et d’un secteur privé dynamique dans le domaine des technologies de l’information et de la communication qui peut être mis à profit pour fournir des services numériques adaptés aux besoins de la population.

Toutefois, si Madagascar est souvent salué comme ayant l’une des connexions internet les plus rapides au monde, le coût de la connectivité internet mobile, qui représente 40 % du PIB par habitant pour 1 gigaoctet (Go), reste prohibitif. Moins de 15% de la population peut accéder à internet si environ deux tiers de la population possède un téléphone mobile. Il reste ainsi des efforts importants à faire pour ouvrir internet au plus grand nombre malgré le fait que les possibilités de prestation de services multimodaux, qui peuvent cibler les personnes peu alphabétisées ou disposant des téléphones les plus rudimentaires, existent déjà.

Selon les promoteurs du projet EGouvernance, l’une des priorités du gouvernement est d’améliorer le climat des affaires et faciliter les investissements. Cela implique la mise en œuvre de réformes légales, réglementaires et procédurales afin d’accélérer les délais de traitement et de faciliter les procédures administratives.

Dans cette optique, une réforme d’envergure a été lancée afin de mettre en place un système d’e-gouvernance qui mènera Madagascar vers la digitalisation de son administration publique. Le Programme de Réforme pour l’Efficacité de l’Administration (PREA) est le fer de lance de cette réforme avec pour mission de développer l’efficacité de l’administration publique malgache.

Une partie de ces réformes sera menée sous le couvert du Projet de Gouvernance Digitale de l’Identité Malagasy (PRODIGY). À travers un identifiant unique, la couverture sociale se fera d’une manière plus facile et spontanée. Cela permettrait également d’améliorer le service public au profit des citoyens, des investisseurs nationaux et étrangers.



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