Une exposition photographique pour revivre l’âge d’or du train malgache



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Pendant six mois, le musée de la Photographie de Madagascar propose aux visiteurs de se replonger dans l’âge d’or du transport ferroviaire. Des tout premiers rails posés en 1901, en passant par l’inauguration des quatre lignes du pays, à la visite des wagons, l’exposition offre un voyage photographique dans le temps et raconte comment l’arrivée du train a entraîné l’essor économique de l’île. 

Avec notre correspondante à Antananarivo, Sarah Tétaud

La construction des chemins de fer entre 1901 et 1936 reste une période douloureuse pour la mémoire collective malgache. Les ouvriers, bâtisseurs des rails, étant en fait soumis à des travaux forcés, rappelle Helihanta Rajaonarison, historienne et présidente du musée de la photographie à l’occasion de l’inauguration de l’exposition. « C’était des devoirs obligatoires pour les indigènes, c’est-à-dire les colonisés, de rendre service à l’administration », souligne-t-elle.

Mais très vite, dès les années 1930, le train se forge une popularité, et ce auprès de toutes les classes de la population. « Les chemins de fer octroyaient des réductions. Il y avait des cartes pour familles nombreuses, des tarifications différentes qui permettaient aux gens, même de condition modeste, de prendre le train », précise la présidente du musée.

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Plus que la mobilité des personnes, les quatre lignes du pays permettent surtout de valoriser les productions agricoles et minières des zones autrefois isolées. « Le train a rendu service à beaucoup, beaucoup de gens, insiste Helihanta Rajaonarison. Les zones les plus enclavées se sont servies du train. Les gens circulaient, les produits circulaient, les idées circulaient aussi. Donc le train, c’était une vie [à lui tout seul]. »

La vie le long des rails

Une vie illustrée par des images d’archives mais aussi par les clichés, plus récents, de l’icône de la photographie malgache, Pierrot Men. Utilisateur assidu de la ligne Fianarantsoa Côte Est, dans les années 1970, il immortalise le bouillonnement que continue de créer le train à chacun de ses passages. « Mes photos naissent toujours de mes souvenirs d’enfance. Et c’est ça que je recrée en photo après, explique-t-il. C’est comme ça que j’ai pu revenir prendre ce train avec un appareil photo et immortaliser tout ce qui se passe le long des rails. Ce que je prends, c’est la vie des gens que je croise qui attendent dans les gares ou bien même qui attendent le long des rails. Ces gens qui attendent ce train avec encore beaucoup d’espoir que ça fonctionne. »

Aujourd’hui, malgré une volonté martelée de les réhabiliter, une grande partie de ces lignes ne fonctionne plus.



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