Conseil des ministres – Le DG de la Jirama éjecté


Vonjy Andriamanga, directeur général de la Jirama depuis fin 2019 a été remercié hier. Les problèmes de la compagnie d’eau et d’électricité s’entassent et le bout du tunnel ne s’est pas présenté.

Fin de parcours pour Vonjy Andriamanga. Après avoir été ministre de l’Eau, de l’énergie et des hydrocarbures au début du régime Rajoelina en 2019, remercié par la suite le 30 octobre de la même année, il devient le directeur général de la Jirama, nommé officiellement le 18 décembre 2019. À cette époque, il n’a pas figuré dans la liste des candidats au poste, issue d’un processus de recrutement du directeur général de la Jirama, préparée par SG Group, un cabinet privé.

Le Conseil des ministres d’hier, 12 octobre, a mis fin à sa fonction. Mardi dernier, il était encore avec toute son équipe, à Toliara, pour le lancement d’une nouvelle démarche de gestion des emplois et des compétences auprès de la société d’État. Se faisant plutôt discret, Vonjy Andriamanga s’est rarement prononcé sur la vie quotidienne de la Jirama, cédant plutôt la place au président du Conseil d’Administration, Solo Andriamanampisoa, qui est tout le temps sous les feux des projecteurs pour justifier la nécessité du redressement de la Jirama, ou pour expliquer les nouveaux tarifs Optima ou encore les chantiers en cours de centrales hybrides solaires à travers l’île. La vie privée du désormais ancien DG l’a également happé, vu l’étalage quasi continu de sa relation avec une collaboratrice dans la presse locale.

Mais le problème est beaucoup plus profond. La Jirama s’engouffre dans les dédales de dettes financières que la Banque mondiale a déclarées au mois de mars dernier se chiffrer à un milliard de dollars. Depuis 2009, la Jirama a accumulé un déficit opérationnel d’environ trois mille sept cents (3700) milliards d’ariary soit un milliard de dollars. Un déficit créé par le maintien d’une politique tarifaire inefficace du secteur de l’électricité. Le PCA de la Jirama avait déclaré le 9 février 2020, que les dettes des fournisseurs de la Jirama étaient réglées. 75% de ces dettes ont été annoncées honorées. Il avait précisé que c’étaient les de t tes cumulées qui avaient été payées mais les dettes courantes allaient être réglées à l’échéance. Mais finalement, ces dettes courantes ont du mal à être payées.

Réquisition

L’État aurait payé ses dettes envers la Jirama à cette époque, et celle-ci pouvait donc honorer ses fournisseurs. Des dettes payées à travers des créances telles que la TVA ou des consommations et les recouvrements. Faut-il rappeler que les contrats avec les fournisseurs d’énergie pour la Jirama ont été annoncés révisés mais dont la teneur exacte n’a jamais été éclairée au public. Une révision entamée par Vonjy Andriamanga, alors ministre chargé de l’Énergie. La Jirama ne peut plus payer malgré l’application du tarif Optima, imposé par la Banque mondiale.

Les délestages reviennent à la charge depuis ces trois derniers mois, et ce dans toute l’île. Les ‘prétextes’ avancés par la compagnie sont toujours des problèmes techniques. Mais au fond, les fournisseurs, impayés depuis des mois, ne répondent plus à leurs cahiers de charge. Jovena a cessé de livrer du fuel lourd pour les centrales de la Jirama. 20 000m3 ont été réquisitionnés par le ministère de l’Énergie et des hydrocarbures auprès de la compagnie pétrolière, qui a mené l’affaire devant le conseil d’État. Mais, Jovena n’a pas eu gain de cause dans sa demande en annulation pour « illégalité » de la réquisition.

Le conseil d’État juge la réquisition comme principal garant de l’intérêt public et de la préservation de l’ordre public. La réquisition instruite par l’État ne date pas d’hier, devenant monnaie courante depuis des années. Vu les difficultés de trésorerie de la Jirama, les fournisseurs, car il y en a au moins huit avec les producteurs d’énergie dans les zones éloignées, rencontrent également des problèmes de trésorerie. Mais ces fournisseurs ne peuvent que répondre aux réquisitions. Ils n’ont pas d’autres choix… Aux dernières nouvelles, Mada­gascar Oil, sollicitée à fournir du fuel lourd, n’a pas livré le produit à la Jirama. Mais est-ce que le contrat lui-même a été signé? Une question difficile à répondre pour les sources. Des issues de secours claires étaient attendues de la part de Vonjy Andriamanga dans tout ce brouhaha, bien que des réformes soient menées pour que la société retrouve un équilibre opérationnel.

Un équilibre, d’abord prévu en 2023 est ramené à au plus tôt en 2028. Autant de cas électrisants pour la compagnie et surtout pour son premier responsable. Pour sauver les meubles, l’image et l’honneur, l’État a préféré se séparer des compétences de Vonjy Andria­manga. Rivo Radanielina, directeur général adjoint, marketing et commercial de la compagnie, est nommé en intérim.



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