À Madagascar, spectacles et quizz pour faire passer les messages sur la santé sexuelle



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À Madagascar, les associations médicales se mobilisent régulièrement pour rattraper le retard en matière d’éducation sexuelle et sensibiliser le plus grand nombre. À l’instar de Médecins du monde et ses partenaires qui organisent tous les deux mois des matinées d’information aux allures de grande fête gratuite pour attirer la foule et faire passer les messages de base sur la santé sexuelle et la planification familiale. 

Avec notre correspondante à Antananarivo, Sarah Tétaud

« On ne touche pas la zézette des enfants, ni leurs fesses ! Personne ne doit jamais toucher à ça, compris ? » explique une marionnette à sa fille. Dans le public de ce quartier défavorisé d’Ambohipo, on rit, on fronce les sourcils, on découvre aussi. Car si la représentation paraît enfantine, à Madagascar, 36% des filles de moins de 18 ans sont déjà enceintes ou mères d’au moins un enfant. Des grossesses précoces dues au très faible niveau d’éducation complète à la sexualité.

Musique puissante, spectacles à thème, quizz et cadeaux à gagner : un cocktail idéal pour attirer la foule et faire en sorte que le message fasse mouche. Meltine, 40 ans, qui passait par là avec ses enfants, vient d’assister au spectacle de marionnettes conçu par ASOS (Action socio-sanitaire organisation secours). Le thème du jour : les violences basées sur le genre. Elle assure qu’en cas de situation de viol au sein de son foyer, elle aura désormais les clés pour agir. « Je poserai des questions à mon enfant pour savoir ce que le violeur lui a fait. Après j’irai voir le chef du quartier pour lui raconter et j’irai porter plainte à la police. Je ne lâcherai rien tant que la personne ne sera pas en prison », assure-t-elle.

Des bases pas forcément acquises

Elle s’éloigne, ravie de sa matinée. Elle vient en plus de gagner un seau, des préservatifs et du savon après avoir répondu correctement à un quizz sur les maladies sexuellement transmissibles. Plus loin, face à la scène, Elinah, 17 ans, écoute attentivement les intervenants, avec deux de ses amies. Sexuellement active depuis ses 15 ans, elle vient d’apprendre ce matin la fonction du préservatif. « Ils ont expliqué que la capote, c’est pour protéger les filles et les garçons du Sida. Ça permet aussi aux couples d’éviter les grossesses précoces. Et ça je ne le savais pas avant aujourd’hui », avoue-t-elle.

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Des bases, loin d’être assimilées par tous donc, qui sont systématiquement répétées au cours de ces animations, explique Céline Lesavre, la coordinatrice Santé sexuelle et reproductive à Médecins du monde. « Ces sensibilisations, c’est vraiment pour rappeler comment on tombe enceinte et que ça peut arriver à n’importe quel moment, que la contraception est l’outil idéal pour lutter contre ces grossesses précoces et non désirées qui ont des conséquences et impacts au niveau individuel et sociétal très important. Et également surtout passer le message qu’il y a des centres de santé publics qui sont disponibles pour fournir gratuitement de la contraception adaptée à toutes et à tous », explique-t-elle.

Une information très souvent ignorée de la population. Aujourd’hui, seuls 41% des Malgaches utilisent un moyen de contraception moderne.



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