Industrie du savon – Le débat sur le bondillon reprend


Les granulés de savon utiles à sa saponification finale connaîtront une hausse de taxe douanière de 10% de plus. Les bondillonneurs se sentent lésés.

Guéguerre sans fin. « Ils ne nous considèrent pas comme des industriels ». Ce sont les mots d’une société de bondillonnage de savon, en activité depuis treize ans à Mada­gascar. « Nous sommes des pseudo-industriels pour eux alors que nous transformons aussi des matières pour obtenir du savon » ajoute la source. Cette dernière fait référence au Syndicat des industries de Madagascar (SIM) et au Groupement des entreprises de Madagascar (GEM), lesquels ne les reconnaissent pas.

Dans un communiqué, le collectif des bondillonneurs fait part d’une « menace sur le pouvoir d’achat des ménages ». « Le SIM vient de remettre une fois encore sur le tapis sa requête sur la tarification douanière de 20% sur les bondillons dans sa proposition de la Loi de finances initiale 2022.Les causes évoquées sont toujours les mêmes comme celles de 2013, à savoir que les bondillons sont des produits finis » détaille le collectif des bondillonneurs. Dans la nomenclature douanière actuelle, le droit douanier est de 10%, pour 5% en 2013. Il est ainsi proposé d’augmenter à 20% avec un enjeu d’intérêt.

La belligérance ouverte entre bondillonneurs et saponificateurs dure depuis des années. Les premiers insistent sur le fait que les bondillons utiles pour la qualité finale du savon, telle que sa couleur très blanche, sont des matières premières et non des produits finis. Ils en importent pour effectuer la dernière étape du processus.

Délocalisation

Les « industriels du savon », ceux qui réalisent tout le processus de fabrication de savon, arguent que ce sont des produits finis dont l’importation doit être taxée, pour une libre compétitivité, et afin de ne pas léser la production locale. Entre 2014 et 2018 en effet, il y a eu une telle baisse de la production locale que des saponificateurs ont décidé de se muer en bondillonneurs. « L’industrie du savon est une chaîne de valeur importante. Le saponificateur et le bondillonneur ont chacun leur rôle, à une étape différente dans le processus. Ce sont tous des industriels, de notre point de vue » avance Barthelemy, directeur général de l’Autorité nationale des mesures correctives et commerciales (ANMCC).

Quand la question de l’investissement des industriels et bondillonneurs pour la mise en place d’infrastructures de production de bondillons au pays a été posée, ils ont répondu que « ce n’est pas possible». Cette hausse à 20% du droit sur les bondillons a été refusée par le Sénat l’année dernière. Si la hausse est appliquée, les coûts se répercuteront sur les ventes car les marges bénéficiaires des bondillonneurs sont actuellement de 6%. « Si le droit douanier passe à 20%, on arrête de fonctionner et on se délocalise à Maurice par exemple » finit un bondillonneur. Et le savon venant du COMESA et de la COI inondera le marché.



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