Lalatiana Rakotondrazafy Andriatongarivo – « On veut m’abattre à tout prix parce que je dérange »


Objet d’une cabale systématique dans la presse et sur les réseaux sociaux où sa vie privé est étalée, la ministre de la Communication et de la culture Lalatiana Rakotondrazafy Andriatongarivo sort de sa réserve. Mise au point.

Madame la ministre de la Communication et de la culture, ces derniers temps, on parle beaucoup de vous plutôt en, mal qu’en bien. Qu’est-ce qui peut justifier cet acharnement contre vous ?

Effectivement, depuis que je suis reconduite à mon poste, je suis devenue la cible préférée des gens de l’opposition. Et c’est peut-être normal vu la fonction que j’occupe au sein du régime actuel. Vous savez, je suis quelqu’un d’entier, donc quand j’ai décidé de soutenir le Président de la République, j’y vais à fond, je ne fais pas les choses à moitié et je fais partie de ceux qui soutiennent vraiment le Président avec des actions concrètes, avec mon parti politique qui s’est déjà exprimé pour le souhait d’un deuxième mandat du Président en y travaillant dans les régions où nous sommes déjà implantés, et surtout, je suis la seule à m’adresser en permanence à la population pour expliquer tous les efforts que font le Président et le Gouvernement pour faire avancer ce pays, et cela n’est pas négligeable.

Donc, vous prétendez que vous dérangez ?

Mais bien sûr que je dérange fortement l’opposition, je les empêche de tourner en rond comme on dit. Ils pensent qu’en m’atteignant, ils vont affaiblir le régime et c’est pour cela que toutes les attaques sont orientées vers moi. Ils multiplient les tirs croisés en espérant que soit j’abandonne à force de subir leurs invectives et leurs dénigrements, ou soit que le Président de la République décide de me remercier parce qu’on lui fait croire avec toutes ces attaques que je salis son image. Mais fort heureusement, le Président est un vrai «raimandreny » qui a suffisamment de la sagesse et de la répartie pour discerner le vrai du faux dans tout ce qu’on raconte sur moi.

Et puis, laissez-moi vous dire une chose, si le Président veut se défaire de mes services, il n’a pas besoin de toutes ces pressions basées sur tous ces dénigrements gratuits sur les réseaux sociaux ou dans certains médias, il peut facilement prendre sa décision en toute liberté et moi, je ne m’y opposerai pas une seule seconde.

Mais vous dites donc que rien de tout ce qui se dit sur vous n’est fondé y compris cette histoire d’adultère que certains véhiculent avec forces détails ?

J’y répondrai en vous renvoyant la question, y-a-t-il eu une seule petite preuve de tout ce qu’on a colporté? Est-ce que « facebook » est devenu le tribunal officiel de notre pays? Est-ce parce que des gens malintentionnés se réveillent chaque matin et qu’ils décident d’inventer n’importe quoi pour s’en prendre à quelqu’un qu’on doit les croire sur parole ?

Vous savez, je n’ai jamais vu autant de mensonges, de désinformations, d’affirmations gratuites et de pures vues de l’esprit de certaines personnes qui sont guidées par tant de haine et qui se permettent de souiller les gens aussi facilement. C’est déplorable mais je peux vous affirmer que 99.99% de tout ce qu’on a propagé, c’est du mensonge pur et simple. Je sais qu’il y a eu des enquêtes administratives qui ont été menées pour savoir toute la vérité et mes supérieurs savent la vérité. Mais la réalité, c’est qu’encore une fois, il y a cette velléité de me détruire.

Et je trouve regrettable qu’on en arrive à s’en prendre à la vie privée des gens, je ne suis pas contre les attaques qui sont faites à mon encontre, je sais que c’est le risque à prendre quand on est en politique et c’est valable pour n’importe quel homme ou femme politique dans le monde entier.

Mais ce que je condamne avec la plus grande fermeté, c’est qu’on tente de me démolir avec des arguments qui volent au ras-du-sol.

Je veux bien qu’on me critique, mais vous remarquerez vous-même qu’ils n’ont rien à dire sur mon travail et sur mes engagements politiques, et du coup, ils sont obligés d’inventer des choses aussi vulgaires pour nous salir moi et mon époux.

Vous semblez insinuer que vous êtes irréprochable, est-ce le cas ?

Non, loin de là. J’ai mes défauts, mon époux aussi en a les siens. Qui n’en a pas d’ailleurs en étant des simples humains ? Mais cela n’a rien à voir avec mon travail. Je l’ai dit et le redis, jugez-moi sur mes réalisations à la tête du ministère de la Communication et de la culture, qu’est-ce que j’ai fait en 2 ans et 8 mois ? Je n’ai pas à me justifier mais en toute humilité, ces deux domaines n’ont jamais autant bougé que depuis l’arrivée de mon équipe à leur tête.

Nous avons réformé en changeant les textes juridiques de base qui régissent aussi bien la communication que la culture, nous avons assumé pleinement notre rôle de régulateur de ces deux secteurs, nous avons entrepris de nouvelles constructions un peu partout dans Madagascar, nous avons rénové et réhabilité des bâtiments qui ont été délabrés depuis de nombreuses années, nous avons réinstauré la culture de l’entraide et de la participation citoyenne à la vie du pays en créant « tagnamaro » qui a désormais un cadre légal dans la loi portant politique culturelle nationale.

Aucune discipline de la culture n’a été laissée de côté ou oubliée et les feed-back que nous recevons sont très positifs. Donc, je peux dire en toute honnêteté que je suis fière de ce que j’ai pu accomplir, alors que mon ministère fait partie de ceux qui ont le petit budget.

Et c’est d’ailleurs pour cela que je vous dis que ceux qui m’attaquent vont vite déchanter parce que quand je dois quitter ce département, je peux partir la tête haute, je l’aurai dirigé de la manière la plus propre possible, je n’ai jamais pris un seul ariary dans les caisses de l’Etat ou dans celles des organismes qui sont rattachés à mon ministère, je n’ai jamais abusé d’une manière ou d’une autre de mes prérogatives de ministre, j’ai fait mon travail du mieux que j’ai pu mais surtout, j’ai toujours soutenu le Président et le régime actuel avec toute la conviction et la détermination dont je suis capable.

Vous dites que vous avez mené des réformes dans le domaine de la communication, pourtant, vous êtes aussi accusée par certains journalistes de vouloir vous immiscer dans les affaires de l’Ordre des Journalistes et notamment dans le processus de l’élection des membres du bureau de l’ordre, vous avez donc échoué dans vos démarches de réforme ?

Ah, merci d’avoir abordé ce sujet. Je voudrais tout d’abord inviter tous ceux qui font ces accusations infondées de bien lire la nouvelle loi n°2020- 006 du 1er septembre 2020 sur la communication médiatisée, s’ils en sont capables bien sûr! Je défie quiconque de nous dire qui a pu faire mieux que nous en octroyant autant de pouvoirs à l’Ordre des Journalistes et surtout en enlevant tous les pouvoirs jadis accaparés par le ministère de tutelle que nous avons remis à l’Ordre dans cette loi, justement parce qu’on voulait mettre un terme à cette mainmise qu’avait eu le ministère de la communication sur l’ordre depuis toujours.

Il y a une chose qui m’étonne beaucoup, cette loi quand on en était encore à son élaboration, a fait l’objet de larges consultations sur tout le territoire, le projet est passé devant l’Assemblée Nationale et devant le Sénat, sans que ces soi-disant journalistes ne se soient manifestés pour le contester.

Le Sénat, du temps de Rivo Rakotovao y avait apporté des amendements, et le bureau de l’ordre des journalistes dont le mandat a expiré depuis 2017, a été spécialement consulté par la commission au Sénat mais ils n’ont toujours rien dit alors qu’ils étaient bel et bien au courant de ce fameux amendement qui créé des postes de vice-présidents et de conseillers de l’ordre par région au lieu des provinces comme ce fut le cas auparavant. Le projet de loi amendé voté au Sénat a été repassé à l’Assemblée Nationale mais toujours aucune manifestation de contestation.

Après le contrôle de constitutionnalité par la HCC et la promulgation par le Président de la République, la loi est entrée en vigueur sans aucun mot de contestation. Et c’est seulement après un an d’entrée en vigueur qu’ils disent qu’ils ne sont pas d’accord avec les amendements apportés par le sénat à l’époque et qu’ils veulent tout remettre en cause ? Non mais quelle mauvaise foi!

Je vais dire les choses directement, pour ces gens-là, c’est juste un prétexte pour empêcher que l’élection se tienne. Ils veulent se maintenir à leurs postes en faisant fi du processus démocratique normal, et je trouve condamnable que quelques journalistes militants politiques de l’opposition veuillent prendre en otage les 1.509 journalistes inscrits sur la liste électorale qui ont parfaitement le droit d’élire leurs représentants après quatre longues années d’expiration du mandat de l’ancien bureau qui veut à tout prix s’accrocher à leurs sièges sans vouloir passer aux élections. Est-ce normal que des journalistes font pression pour sortir du cadre légal pour torpiller un processus électoral en cours ?

Madame la ministre, un reportage de la correspondante de France 24 vous accuse également d’être la commanditaire des comptes « fake » qui pullulent sur les réseaux…

Moi je vous dis, tout ce qui se passe de mal dans ce pays, c’est tellement facile de dire que c’est moi qui en suis la cause parce que cela permet de m’accabler davantage. Y a des choses qui se passent dont je ne connais absolument pas l’existence, mais on dit que c’est moi qui suis derrière. Et cela fait partie de ce que j’ai décrit plus haut, cette stratégie de mensonges et de dénigrements gratuits.

Demain ou après-demain, je ne serais plus étonnée qu’on dise que c’est moi qui suis derrière la panne sur les réseaux sociaux, pour vous dire que c’est tellement absurde et que cela dépasse l’entendement tout ce déversement de haine trop gratuite.

Je vais vous dire ce qu’il y a de plus ridicule dans ce témoignage monté de toutes pièces par la correspondante de France 24, la fille qui témoigne parle très bien le français, je suis étonnée qu’elle accepte un travail qui paie 150.000 Ar avec un tel niveau, elle peut facilement travailler dans un call-center pour être payée au moins le triple de ce qui a été annoncé dans le reportage.

Et puis, autre chose tout aussi grotesque, tout le monde avait vu il y a quelques mois que c’est une opposante basée en France qui a dénigré le fils du Président de la République, et des mois après, on invente que finalement c’était moi qui l’aurait commandité ? Mais on fait tout pour me salir aux yeux du Président et de son épouse.

Et je vois très clair dans leur stratégie, ils n’ont pas réussi leurs coups en tirant le débat si bas avec ma vie privée, ils essaient maintenant de me détruire avec cette histoire d’élection des membres de l’Ordre des Journalistes, ils essaient aussi de m’accuser de terroriser les agents de l’ORTM avec des imaginaires menaces d’affectation après le débat que nous avons organisé vendredi dernier sur la TVM, ce qui est pur mensonge.

Et comme cela ne réussira probablement pas, ils essaient de retourner le Président et la Première Dame contre moi. Vous vous rendez compte, pourquoi que des mensonges et de la diffamation à tout bout de champ comme cela?

Mais vous n’en avez pas marre de vous faire attaquer de la sorte si vraiment vous dites que ce ne sont que des mensonges et de la diffamation ?

Vous savez, je ne suis jamais qu’un être humain, il m’arrive de me poser des questions, genre pourquoi continuer ce travail aussi ingrat et rester dans ce milieu aussi haineux et mesquin ? Mais j’ai pris des engagements vis-à-vis du Président de la République et du peuple malagasy, donc je resterai tant que le Président me dit de rester.

J’aime profondément Madagascar et je suis animée chaque jour par la volonté de vouloir que les choses changent, que ce pays puisse enfin rattraper son retard dans le développement. Mais le jour où le Président me dira qu’il ne veut plus de moi pour servir la Nation à ses côtés, je m’arrêterai sans aucun regret. Ma conviction, elle, est restée intacte et je sais que ma raison d’être sur cette terre, c’est de servir le peuple malagasy. Dieu en a décidé ainsi, je ne peux m’y soustraire, et c’est pour cela que rien, ni les attaques à répétition, ni les mensonges, ni les accusations diffamatoires et les calomnies ne me feront reculer.

C’est une question de conviction et de détermination. Je n’attends absolument rien en retour, je suis déjà très satisfaite de pouvoir servir mon pays aux côtés du Président Rajoelina, c’est une noble mission et cela pour moi vaut tous les sacrifices du monde.



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