Cop 26 – L’inclusivité communautaire recommandée par l’IRD


Pays très exposé au changement climatique et ses conséquences, Madagascar se devait de participer et de partager ses expériences au regroupement des nations dans des institutions pour la sauvegarde de la biodiversité.

En effet, comme le souligne le récent rapport d e l a Commission mondiale sur l’adaptation, l’intensification des efforts d’adaptation nécessite une révolution dans la compréhension des risques du changement climatique, exigeant que les chercheurs et les communautés travaillent ensemble et développent des solutions qui répondent aux besoins locaux.

Forger ce nouveau paradigme de recherche est une priorité pour la conférence mondiale sur le climat Cop 26, qui se tiendra en novembre de cette année.

Cette conférence devrait être “un mouvement qui réalisera les changements systémiques et structurels nécessaires dans l’adaptation, la recherche sur la résilience et l’action”, tel que les nations réunies dans cette lutte l’ont formulé. La Cop 26 devrait accroître la sensibilisation et l’investissement pour la recherche et l’innovation orientées vers l’action et son potentiel à conduire des solutions d’adaptation efficaces. Tout changement devrait être soutenu par des mécanismes de financement accrus et flexibles, ainsi que par l’adoption d’une approche plus transparente et collaborative vers l’adaptation.

A ce titre, le dernier Congrès mondial de la nature organisé par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), clôturé à Marseille le 11 septembre dernier, avec la participation active de Madagascar, a fait soulevé trois points dans son rapport final : la situation de la conservation de la biodiversité après la crise de 2020, qui sera prise en compte par les parties à la future Convention des Nations Unies sur la Biodiversité prévue cette année; le rôle de la nature dans la reprise mondiale post-pandémie; et la nécessité de transformer le mécanisme financier mondial et d’orienter l’investissement vers des projets positifs pour la nature.

Co-gouvernance

Appuyant cette conclusion, Valérie Verdier, présidente – directrice générale de l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD), s’est exprimée sur ces sujets sur le site scientifique SciDev, surtout sur la position de Madagascar où l’IRD est présent et actif depuis des décennies : “Madagascar était à l’honneur lors de cet événement. En effet, on recevait sa ministre de l’Environnement et du développement durable, Baomiavotse Vahinala Raharinirina. Elle a beaucoup mis en avant la réforme sur les aires protégées en soulignant qu’il faut intégrer la question de la justice sociale et l’implication des communautés locales dans les ambitions de Madagascar pour la protection et la conservation de la biodiversité. Donc, avec elle, c’était vraiment une réflexion sur comment réussir ensemble les aires protégées dans ce pays”.

Valérie Verdier a soutenu que “l’IRD a préparé des notes relatives aux motions et il y en avait au moins trois qui concernaient les savoirs locaux et la prise en compte des cultures et des pratiques locales. Une des motions dit qu’avant tout projet d’infrastructure, il faut une analyse préalable des enjeux, notamment pour les populations. Une autre de ces motions était de soutenir et reconnaître les droits et les rôles des peuples autochtones et des communautés locales dans la conservation. Ceci conduit par exemple à la co-gouvernance des aires protégées”. Ces motions soulèvent particulièrement la situation de la Grande île qui voit le recul de la surface de ses forêts primaires et ses mangroves, face aux multiples activités économiques des populations locales dans ces zones.

Pour la patronne de l’IRD, le dernier Congrès de Marseille et la Cop 26 ainsi que la Convention des Nations Unies sur la Biodiversité sont de “formidables opportunité qui nous permet de mettre en avant nos productions scientifiques et d’asseoir le positionnement institutionnel de l’IRD dans ce contexte, de par notre spécificité qui est de travailler dans les pays du sud à travers un partenariat qui se veut équitable”.

À titre de conclusion, Valérie Verdier a insisté : “La principale innovation, c’était surtout des approches et des pratiques plus inclusives, et plus globales et d’avoir eu autour de la table des représentants des communautés autochtones qui représentent aussi les savoirs locaux. Bref, c’est l’ouverture aux collectivités territoriales qui a été pour moi le point le plus important”.

L’IRD et ses partenaires, l’Agence française de développement (AFD) et le Cirad, recommandent ainsi cette inclusivité des communautés locales, mais également des journalistes qui ont un rôle important en relayant les informations qui alertent souvent les autorités sur les événements importants touchant la biodiversité : feu de forêt, sécheresse et famine, inondation, …



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