Énergie fossile – Le baril du pétrole atteint les 80 dollars


Effet boomerang de la reprise des activités économiques, les cours du baril du pétrole sur le marché international suivent une courbe ascendante. La belle résistance malgache va-t-elle céder à la pression?

U ne tendance inquiétante. « Dans le sillage des autres sources d’énergie, en particulier le gaz naturel, le prix du pétrole progresse, touchant le seuil symbolique des 80 dollars, son plus haut niveau depuis octobre 2018. La forte demande de carburant, liée à la reprise économique et du trafic aérien et routier, et une offre limitée expliquent l’appréciation de l’or noir. Mais la poursuite de la hausse pourrait ralentir la croissance », constatent avec résignation et réalisme les analystes économiques.

Pour mieux souligner l’ampleur des fluctuations, ils précisent que « le cours du baril de Brent a franchi le seuil symbolique des 80 dollars au début de la semaine écoulée. Il faut remonter à octobre 2018 pour retrouver un tel niveau. Depuis son point bas d’octobre 2020, la référence européenne a augmenté de quelque 116%. Aux États-Unis, le baril de West Texas Intermediate, WTI suit la même tangente, dépassant les 76,27 dollars, s’approchant du dernier sommet du début de l’été à 76,98 dollars le baril ». Pourtant, au début de la crise sanitaire, le WTI a été bradé à moins de 5 dollars. Et encore, il ne trouvait pas preneur.

À la fin du mois de juin, sentant que le vent est en train de tourner en faveur d’une augmentation de ces prix, Jean-Baptiste Olivier, directeur général de l’Office malgache des hydrocarbures, OMH, donnait l’impression de vouloir préparer l’opinion à une majoration des prix à la pompe. En vigueur, il est vrai, deux ans plus tôt. Il n’y est pas allé par quatre chemins pour affirmer que « la mission principale du secteur est d’assurer la continuité de l’approvisionnement du pays en produits pétroliers. Ce qui est généralement le cas depuis 20 ans malgré quelques perturbations ponctuelles. Pour cela, les prix de vente à la pompe devraient couvrir les coûts de revient des produits sur l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement, tout en assurant la rentabilité des investissements des pétroliers. En cas de fluctuations des éléments des coûts de revient, les prix à la pompe devraient suivre la même cadence».

Cette précision sur le souci de rentabilité des investissements des pétroliers, toutes professions confondues, peut expliquer, en partie, les 172 milliards de dettes ou de « dividendes » apurés par l’État en plusieurs tranches.

Marché versatile

Il en découle que les prix en vigueur sont en-deçà de ce qu’ils devaient être depuis ces deux années d’inhibition. Pour Jean-Baptiste Olivier, la donne a beaucoup évolué depuis janvier 2019 avant la crise sanitaire par rapport au contexte qui prévaut.

« En janvier, le cours du baril était à 55 dollars pour caracoler à 75 dollars ce mois de juin. Soit une hausse de +36%. Les signaux indiquent que ce niveau des prix est prévu s’étendre jusqu’à la fin de l’année. Le taux de change du dollar, quant à lui, ne descendra pas au-dessous des 3 800 ariary. Alors qu’il était aux alentours des 3 600 ariary avant le début de la pandémie ». Une disposition d’esprit conforme au souhait du Fonds monétaire international, FMI. Qui, d’une manière subtile, encourage le gouvernement à revenir sur l’application de la vérité des prix du carburant.

La question découle d’elle même. Jusqu’à quand ce statu quo sur les prix du carburant va-t-il tenir la route? Pour un marché volatile et versatile par excellence, le fait d’avoir pu les préserver tout ce temps relève d’un exploit unique, sinon endémique au monde.

Mais il se peut que ce record de longévité perdure encore. Il serait suicidaire pour les autorités de les revoir à la hausse au moment même où la période dite de soudure commence à peine. Où tous « les coûts » sont permis pour amasser des super bénéfices. Et où les factures des importations deviennent de plus en plus salées pour honorer les fêtes de fin d’année.

Ce qui risque de fragiliser davantage la position déjà précaire de l’ariary au Marché interbancaire de devises, MID. Le timing n’est pas ainsi propice pour surprendre au tournant les automobilistes. Qui vivent sous la cloche d’un sursis permanent.



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