Un bâtiment usé par les années – Midi Madagasikara


Hopital Be Antsiranana, un établissement en péril

L’hôpital Be, ou le Centre hospitalier Universitaire d’Antsiranana fête ses 120 ans cette année. L’âge a fait son effet. Cet édifice construit en 1901 a soigné des millions de personnes. L’hôpital Be ou CHU est édifié au cœur de la ville,  « dans un quartier important dans la formation de la ville et du peuplement de la ville de Diégo Suarez pendant le début de l’installation coloniale ». 

Le patrimoine exceptionnel de la ville est en grande partie en danger. Il est souvent impossible, pour le pouvoir public, d’entretenir de tels biens immobiliers, qui à défaut se dégradent, devenant au fil du temps des ruines.

Il fait partie des monuments historiques d’Antsiranana, une richesse architecturale témoignant des périodes historiques de la région du Nord. Pourtant, il est mal entretenu parce que de nombreux citoyens ne connaissent pas son histoire. Alors que ses toits presque rouillés hébergent des malades et ses portes sont toujours ouvertes aux grands Professeurs en médecine d’Antsiranana, il est fragile, vulnérable et menacé de disparaître, pour différentes raisons : son âge, les phénomènes de mode…

Lamentable. L’état actuel de notre héritage architectural est beaucoup plus que préoccupant. Pour tout dire, il confine à la catastrophe. Baignant dans un contexte d’une démographie galopante et dans un appauvrissement constant, encaissant les outrages d’un économisme à courte vue et souffrant de l’absence dramatique de conscience patrimoniale de la grande majorité des élus locaux, il éprouve les affronts d’une modernisation sauvage et subit les ravages que provoque une rénovation tous azimuts.

Les locaux sont presque vides depuis l’ouverture du nouvel hôpital, manara-penitra en 2011. Dans les faits toutefois, la culture, et donc la défense du patrimoine, n’ont pas toujours la faveur des dirigeants nationaux tout autant que locaux. D’autant que la législation malgache dans le domaine du patrimoine est en large partie non contraignante.

Un monument sans mémoire. Les archives constituent un fondement identitaire, une base permettant d’affirmer l’identité d’un individu ou d’un organisme. Elles sont également un héritage et un patrimoine.  Les archives sont créées à des fins de mémoire, pour « garder une trace immédiate, pour la vérification de faits, cumulative, pour le transfert d’expertise à long terme, et garantissent l’authenticité des informations. D’où l’intérêt d’offrir aux documents un traitement efficace ». En effet, telle est la définition des archives selon un étudiant en Documentation et Archivistique. En gros, l’archive est l’âme d’un établissement !

Pourtant, lors d’un entretien avec l’un des responsables de l’établissement, on a pu constater que les archives depuis l’indépendance ne figurent ni dans les placards et rayons du secrétariat, ni dans ceux de la bibliothèque. Une triste réalité qui fait fondre en larmes des historiens.

Le patrimoine possède une valeur pour ses caractéristiques propres et aussi pour ce qu’il évoque et représente. Pour le conserver, il a besoin d’être protégé, car la perte du patrimoine est la perte d’une part de notre identité. Le regard sur le passé et sur l’avenir détermine les choix de transmission que les citoyens conscients lèguent aux générations futures.

Recuillis par Iss Heridiny 





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