Les autorités passent à l’action


Une réunion de crise s’est tenue au palais d’Etat de Mahazoarivo, hier. Le Premier ministre a convoqué les membres de l’OMC-NAT pour apporter une réponse au relent d’insécurité dans le pays.

Mobili­sation générale. Sur convocation de Christian Ntsay, Premier ministre, l’Organe mixte de conception au niveau national (OMC-NAT), s’est réuni au palais d’État de Mahazoarivo, hier. A l’ordre du jour, décider de la réplique à engager pour mettre un cran d’arrêt à la dynamique d’insécurité de ces derniers temps. Au regard de la descente faite par dans la soirée d’hier, la riposte s’annonce musclée.

À l’instar des citoyens qui en subissent quotidiennement les affres, depuis quelques semaines, l’OMCNAT fait le constat suivant, le niveau d’insécurité est en hausse. Les zones urbaines, notamment Antana­narivo et ses environs, ainsi que les zones rurales sur la quasitotalité de la côte Ouest sont identifiées comme les plus sensibles actuellement.

Les attaques sur les routes nationales reviennent en force, également, toujours selon le constat des responsables qui se sont réunis à Mahazoarivo. «

L’État ne pas rester les bras croisés face au relent d’insécurité actuel », déclare Christian Ntsay. Le ministre de la Défense nationale, celui de la Justice, le ministre de l’Intérieur, celui des Affaires étrangères, la ministre de l’Économie et des finances, le ministre de la Sécurité publique et le secrétaire d’État à la gendarmerie nationale ont pris part à la réunion d’hier.

Un rendez-vous auquel ont, également, pris part le commandement des trois corps qui composent les Forces de défense et de sécurité (FDS).

À entendre les explications des responsables, la levée de l’état d’urgence sanitaire aurait débridé les malfai­teurs. Seulement, ces derniers temps, les actes de banditisme sont de plus en plus violents. Les attaques à main armée foisonnent. Les larcins comme les vols à l’arraché connaissent des issus sanglants lorsqu’ils ne sont pas délétères. Dans les localités rurales, les razzias de villages reviennent en force.

Face à ce regain de l’insécurité, une partie de l’opi­nion publique affirme son ras-le-bol. Ça pourrait être une des raisons de la réaction de l’OMC-NAT. Pour reprendre la main sur la situation, les autorités optent donc pour une opération coup de poing.

Dispositif Papango

« Il y aura un déploiement massif des éléments des forces de l’ordre », annonce le contrôleur général de police Fano­mezantsoa Randriana­rison, ministre de la Sécurité publique.

Selon le général Richard Rakotonirina, ministre de la Défense nationale, l’opération Papango, est à nouveau en vigueur à Antananarivo et ses environs. Ce dispositif mis en place en février 2019 a fait ses preuves dans la lutte contre le grand banditisme et les larcins en tout genre dans la capitale et les districts qui lui sont limitrophes.

Il consiste en un déploiement massif des troupes et des pré-positionnements à des zones stratégiques pour limiter la marge de manœuvre des malfaiteurs et s’assurer une rapidité d’intervention.

Impliquant les trois corps des FDS que sont l’armée, la gendarmerie et la police, le dispositif Papango ambitionne d’intervenir dix minutes, au plus tard, après qu’une alerte soit donnée. Outre les éléments pré-positionnés, les patrouilles de jour, comme de nuit, seront, aussi, renforcées. « Ne vous étonnez pas de voir des patrouilles jusque dans les ruelles et couloirs des quartiers sensibles », prévient le ministre de la Défense nationale.

Le dispositif Papango est effectif depuis, hier soir. Les trois représentants des FDS au sein du gouvernement ont fait un tour de la ville pour voir l’effectivité sur terrain des ordres. Une présence plus prononcée des troupes sera, également, de rigueur dans les zones rurales touchées par le regain des actes de banditisme.

Faisant écho à ses pairs au sein du gouvernement, le général Serge Gellé, secrétaire d’Etat à la gendarmerie nationale, en appel à la collaboration des citoyens pour renforcer la lutte contre l’insécurité.

« La lutte contre l’insécurité est l’affaire de tous. Nous serons plus efficaces avec la collaboration des citoyens que ce soit en partage d’information ou en donnant l’alerte », déclare le général Gellé. Pour les habitants de la capitale, le ministre de la Sécurité publique recommande d’appeler le 0202228170. Il s’agit du numéro de la police secours. « Elle pourra alors prévenir les unités les plus proches de chez-vous pour qu’elle intervienne rapidement », explique-t-il.

Sécurisation des routes nationales

La sécurité sur les routes nationales a, également, été à l’ordre du jour de la réunion de l’OMC-NAT, hier, au palais d’Etat de Mahazoarivo. Il y a, d’une part, les cas d’attaque des voitures sur les routes nationales, mais aussi, d’autre part, les accidents meurtriers qui sont de plus en plus fréquents. Celui qui s’est déroulé sur la Route nationale numéro 7 (RN7), la semaine dernière, a particulièrement marqué les esprits.

Une des décisions prises par l’OMC-NAT est donc de renforcer la sécurisation des routes nationales. Il s’agit de mettre un terme aux actes de banditisme qui pullulent tout au long des artères bitumineuses du pays et de surveiller les chauffards inconscients qui mettent en danger la vie des voyageurs à chaque coup de volant. Les vérifications systématiques de l’état des véhicules pourraient, aussi, s’intensifier.



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