Douze morts de trop – Stop à l’inconscience des conducteurs


Trop c’est trop. La route en a encore tué dans la soirée de samedi à Ambohimahasoa. Douze personnes ont perdu la vie dans la collision entre un taxi-brousse et un camion.

Cela ne peut pas durer indéfiniment et impunément. A cause de l’inconscience des conducteurs d’un camion semi-remorque transportant du ciment venant d’Ambositra et un taxi-brousse en provenance de Fianarantsoa. Le choc a été d’une rare violence. Bilan, douze morts dont un enfant et ses parents et quatorze blessés.

Selon les témoignages d’un rescapé, le camion roulait à vive allure en abordant le virage où le choc a eu lieu. Le conducteur du taxi-brousse aurait tenté de l’éviter mais le choc a été inévitable. Le taxi-brousse a fait plusieurs tonneaux sur le flanc droit alors que le camion s’est déporté sur l’autre flanc. Mais le taxi-brousse surnommé Boeing 47 a une sale réputation de prendre les routes nationales comme une piste de Formule 1. Il s’est fait parler de lui il y a quelques jours mais l’a échappé belle. Une publication sur les réseaux sociaux a signalé son excès de vitesse en compagnie d’un autre taxi-brousse lors de leur départ.

En une semaine, une vingtaine de vie ont été perdues sur les routes nationales. Le dénominateur commun des accidents est la grande inconscience des conducteurs. L’excès de vitesse est toujours à l’origine des drames. Ce n’est ni le premier ni le dernier accident avec un lourd bilan. En août 2017, un Boeing sans visite technique avec à bord des pèlerins pour le festival de la Jeunesse à Mahajanga s’est renversé près d’Ankazobe tuant dix-huit passagers. En 2015, un autre Boeing a tué cinq de ses passagers à Ambanitsena alors qu’en 2007 au même endroit le crash d’un Boeing avait tué onze passagers. La liste n’est pas exhaustive. Loin s’en faut. Des aujourd’hui ou demain elle va être rallongée à cause de l’indiscipline qui règne dans le transport en commun.

Amputation

Hier, le ministre des Transports et le gouverneur de la région Haute Matsiatra se sont accourus au chevet des blessés. C’est bien mais il faut plus que de la compassion. La maladie nécessite une amputation au lieu d’un placebo. Le ministère des Transports a publié un communiqué avec quelques recommandations à l’endroit des coopératives de transport et des conducteurs. Il faut davantage des mesures énergiques pour juguler l’hémorragie.

On se demande si tous les conducteurs de poids lourds et de taxi-brousse sont passés par une auto-école et ont passé un examen pour l’obtention d’un permis de conduire. Le doute est permis étant donné la rareté des auto-écoles pour ce genre de transport ainsi que la corruption qui règne dans ce domaine. On se demande d’ailleurs où les conducteurs de poids lourds d’Anosibe An’Ala ou d’Iakora passent leur examen? Ils ne sont pas les seuls dans ce cas étant donné que l’examinateur doit être une personne qualifiée.

Autre paramètre qu’il faut maîtriser, la dimension des camions de plus en plus grand et long et absolument inadaptée à l’étroitesse des routes nationales conçues dans les années 60 pour des camionnnettes. Il faudra donc soit agrandir les routes soit interdire la circulation des gros camions. On le sait que c’est un gros dilemme pour les décideurs vu l’enjeu financier que représente le transport poids lourd et le puissant lobbying qui se trouve derrière. Élargir les routes semble une option incontournable et faisable avec le fonds que le FMI vient d’octroyer. En attendant, les petites gens obligés de voyager en taxi-brousse doivent se mettre à genoux et supplier la providence pour les protéger. La mort les guette à chaque virage des routes nationales. Et même si aucun accident n’est au rendez-vous, un arrêt cardiaque peut survenir chaque fois qu’on croise un camion. Si on ne se fait pas attaquer par les coupeurs de route. Seulement si on pouvait rêver d’une téléphérique Tana-Toamasina ou Tana-Toliara.



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