Mandraka III – Pour booster le taux d’électrification


Grâce à un financement français de 35 millions d’euros, la centrale d’hydroélectrique de Mandraka verra sa puissance augmenter. Ce qui va permettre à la Jirama d’élargir son réseau d’électricité.

Le protocole d’accord relatif au projet Mandraka 3 prévoit un financement de 35 millions d’euros de la France. La signature d’un accord gouvernemental entre l’État malagasy et le Trésor Public français s’est tenue ce 20 septembre au ministère de l’Europe et des Affaires Étrangères, à Paris.

Une signature effectuée par Rindra Hasimbelo Raba­rinirinarison, ministre de l’Économie et des Finances de Madagascar et de Franck Riester, ministre délégué auprès du ministre de l’Eu­rope et des Affaires étrangères, en présence du prési­dent de la République, Andry Rajoelina.

Le projet consiste à doubler le moyen de production de l’électricité afin d’atteindre un taux d’électrification à 50% d’ici 2023, de développer les énergies renouvelables et sortir de la domination thermique dans la production de l’énergie qui représente plus de 80% de la fourniture. Il vise aussi la promotion de la production d’énergie renouvelable. Les investissements nécessaires à la réalisation de ce projet sont estimés à 47,8 millions d’euros.. Lors de l’officialisation de ce protocole d’accord, les deux parties se sont également engagées à ce que ce projet soit exempt de tout corruption et respectueux des normes environnementales et sociales.

La centrale hydroélectrique de Mandra­ka, située sur la rivière du même nom, comprend 4 groupes de 24 MW. Elle est pourvue du réservoir saisonnier de Mantasoa pour la modulation des apports et d’un barrage de régulation. L’énergie produite est acheminée vers Ambohi­manambola par une ligne de transport à 63 kV sur 44,6 km. Une antenne de 30 km à 30 kV dessert Moramanga à partir de Mandraka.

Le taux d’électrification à Madagascar ne tourne qu’autour de 15%, dont approximativement 60% en zone urbaine et moins de 10% en zone rurale. C’est l’un des taux les plus faibles en Afrique et la consommation d’électricité n’y est que d’environ 80 KWh/personne, alors qu’elle est de 134 KWh par personne dans les pays émergents. Le prix de l’accès à l’électricité est également relativement élevé comparé aux autres pays de la région.

Surmonter les handicaps

Le secteur énergétique à Madagascar, qui a subi des dégradations importantes ces dernières décennies, est l’un des secteurs où l’on rencontre différentes problématiques de taille qui impactent fortement sur la vie sociale et économique du pays, alors qu’il devrait être l’un des piliers de son émergence.

La fourniture en énergie électrique est assurée en grande partie par le réseau de la société d’Etat Jirama, qui a accumulé d’importantes pertes provenant de la tarification sociale et des défauts de paiement, en plus des vols et branchements illicites (sur 100 KWh consommés, la Jirama perd les recettes correspondant à 35 KWh). Celle-ci approvisionne les milieux urbains, et, via les actions de l’Agence de Déve­loppement de l’Electrification Rurale (ADER), les zones rurales. Sur une population de 26 millions d’habitants, 572 000 sont abonnés à la Jirama et 450 000 à l’ADER.

La Grande île est pourtant dotée d’un important patrimoine hydraulique capable de générer une puissante totale de 7 800 MW, d’un ensoleillement de 2 800 heures par an susceptible de fournir une capacité de 1 500-2 100 kWh/m²/an et de zones ventées à 7m/s à 9m/s répartie un peu partout sur l’ensemble du territoire. D’où l’importance d’accélérer les projets comme celui de Mandraka III.

Pour les autorités, il s’agit de concrétiser l’ambition pour l’émergence énergétique de Madagascar à travers notamment la mise en œuvre d’un plan de transition énergétique qui nous fera basculer du thermique fuel vers l’hydraulique et les autres énergies renouvelables.

« Arrimer les initiatives au profit de l’augmentation significative de la production d’énergie afin que le tissu économico-industriel malgache puisse monter en compétitivité. Pour ce faire, il est primordial de baisser les coûts opérationnels de la Jirama pour que cette dernière puisse équilibrer ses comptes et contribuer efficacement à la réalisation des objectifs énergétiques du pays », a-t-on aussi indiqué.

Pour la France, le secteur de l’énergie à Mada­gascar présente un double intérêt : celui d’une ressource nécessaire à la croissance de l’ensemble des secteurs productifs, de l’investissement privé comme au bien-être des ménages, ainsi que celui d’un marché stratégique à fort potentiel à moyen terme et en croissance continue, bien que sa contribution au PIB ne soit encore que peu significative (moins de 2%).



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