Industrie extractive – Timide relance à la Kraoma


Si l’on en croit un spot partagé sur les réseaux sociaux, tout est redevenu normal à l’unité de production du chrome de la Kraoma SA d’Andriamena. Mais des « effets spéciaux » sèment le doute.

Modeste comme publication d’une « renaissance inespérée ». Un « clip » d’une minute cinquante secondes, daté du 18 septembre, visible sur les réseaux sociaux, résume le « retour progressif » des activités à la Kraoma SA. En guise d’introduction, les trois objectifs à court terme. Réhabilitation de l’usine et reprise de la production, amélioration de l’unité de transformation, maintien de la compétitivité du produit malgache sur le marché international. Des images de bulldozers qui soulèvent les latérites bourrées de « pépites », ainsi que celles de quelques employés en « plein dedans », agrémentent ce si court métrage, étrange et mystérieux. Sans voix-off.

Avec quand même une précision de taille au milieu de ces incessants va-et-vient, sur un fond musical digne d’une bande annonce d’un thriller. « La transformation commencée à 200 000 devrait atteindre les 600 000 tonnes par jour ». À la fin, l’essentiel boucle ce voyage « dans l’imaginaire ». « La commercialisation reprend avec l’envoi de 34 conteneurs à Tianjin ». Un port chinois. Aucun détail sur la nature des marchandises exportées.

Faut-il croire ou pas à ce message intitulé « Kraoma SA, la relance est effective pour l’émergence de notre économie »? Là n’est pas la question. Un cadre de cette entreprise, qui a requis l’anonymat, n’est pas du tout emballé de ce qu’il a vu. « En fait, la Kraoma SA essaie d’honorer les commandes du marché local. Des miettes par rapport au potentiel existant en quelque sorte. Sinon, je n’ai vu aucun changement notable dans la monotonie du quotidien » remarque-t-il avec nonchalance.

Serait-ce alors de la poudre aux yeux lancée à l’encontre du Premier ministre Christian Ntsay? Qui assure l’intérim au ministère des Mines et des ressources stratégiques, MMRS. Dès sa prise de fonction, il a tapé du poing sur la table pour recadrer les fonctionnaires du MMRS. Avant d’ordonner à Nirina Rakotomanantsoa, directeur général de la Kraoma SA, de réintégrer les trente cinq salariés qu’il a licenciés sans motifs valables. Ce « film » va-t-il atténuer la fougue de Christian Ntsay?

En tout cas, ces évolutions de la situation sur le terrain d’Andriamena ne répondent pas aux nombreuses questions posées et imposées. Le devenir du fameux contrat d’amodiation passé avec les Russes de Ferrone Mining? Le traitement des impayés salariaux? L’éven­tuelle exploitation de l’or de Betsiaka, avancée sous le manteau, comme solution ? L’épuration des dettes et les poursuites des auteurs de détournements de fonds, souvent évoqués comme à l’origine de la faillite programmée de la Kraoma SA. Jadis fleuron de l’industrie extractive. Aujourd’hui ne vaut plus un clou.



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